Ah… Michel Bussi ! Ma source d’inspiration, ma raison
de lire… Je ne sais jamais comment écrire mes billets sur ses romans, de peur
de les abimer, d’en bâcler la critique. Cela ne me quittera jamais. Ainsi, je
finis fatalement par prendre du retard sur mon blog, et par écrire un billet à
la va-vite pour vous conseiller à tous les coups de lire son dernier roman.
Le temps est assassin
n’y coupe pas.
J’avais prévu de le lire cet été. Mais je n’ai pas pu attendre. Le problème avec les
nouveautés de Michel Bussi, c’est que j’ai
à la fois envie de les dévorer, mais en même temps j’ai envie de faire durer le
plaisir.
Totalement incompatible ! En 2 jours, ma passion boulimique était assouvie, me laissant à nouveau devant un
grand vide littéraire (qui n’a pas vraiment été comblé depuis…)
Ma première impression, en découvrant que le roman se déroulait en Corse : le désarroi. Pourquoi quitter la
Normandie si chère à son cœur ? Est-ce que l’atmosphère du roman allait s’en
ressentir, comme c’était un peu le cas pour Ne
lâche pas ma main ?
J’ai lu quelque part que certains Corses avaient fustigé le
roman. Comment un non Corse (ou à moitié Corse, comme on voudra) se permet-il d’écrire
sur les traditions insulaires ?
C’est pourtant ça qu’a voulu faire l’auteur. Écrire la Corse avec les yeux d’un non Corse
(ou à moitié Corse). Son héroïne est
justement une jeune femme dont les
racines sont Corses, mais qui n’y a pas grandi. C’est ce décalage que Bussi
a voulu raconter.
Ça m’a tout de suite
plu (malgré ma nostalgie des atmosphères normandes que Bussi manie en virtuose depuis toujours).
Et c'est à mon sens un pari parfaitement réussi et ce qui fait la force du livre : un parfait équilibre/décalage entre la tradition Corse et la modernité métropolitaine...
Titre : Le
temps est assassin
Auteur : Michel
Bussi
Date de publication :
mai 2016 aux Presses de la Cité
Catégorie : polars
et suspense
Résumé du roman :
Eté 1989. La Corse, presqu’île de la Revellata, entre mer et
montagne. Une route en corniche, un ravin de vingt mètres, une voiture qui
roule trop vite... et bascule dans le vide. Une seule survivante : Clotilde,
quinze ans. Ses parents et son frère sont morts sous ses yeux.
Eté 2016. Clotilde revient pour la première fois sur les
lieux de l’accident, avec son mari et sa fille, en vacances, pour exorciser le
passé. A l’endroit même où elle a passé son dernier été avec ses parents, elle
reçoit une lettre. Une lettre signée de sa mère. Vivante ?
Sans le savoir Clothilde va réveiller d'anciens secrets enfouis depuis près de 30 ans...
Mon avis : Michel Bussi signe une fois de
plus un excellent polar, avec un rythme
effréné et un dénouement surprenant. Le choix de la Corse s’avère payant et
extrêmement intéressant pour l’intrigue. La fierté des Corses, leur jalousie
familiale, leur silence sur les choses importantes et leur réserve vis-à-vis
des non Corses ajoutent au mystère
dépeint par Michel Bussi. Le tout dans un décor sauvage et idyllique qui
donne envie de découvrir l’île et de percer ses secrets. Une belle analogie du
roman et une très belle découverte de la Corse, pour ma part.
Je me suis également sentie très proche du personnage de Clothilde,
un genre de « moi » adolescent. Fan de Tim Burton, fine observatrice des
amourettes de vacances, toujours à se chamailler avec les frères et sœurs… j’ai
retrouvé un peu de moi dans ce personnage.
Bref, un nouveau très bon roman signé Bussi, comme toujours
impossible de lâcher avant la fin. Comme seul l'auteur normand sait si bien le
faire, le dénouement est totalement inattendu, même s’il est loin d’être aussi original que ses romans
de jeunesse. S’habitue-t-on à son style littéraire ou bien commence-t-il à
s’essouffler un peu ? L’avenir nous le dira…


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