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samedi 8 mai 2021

Tout ce qui est sur terre doit périr de Michel Bussi

Retour cette semaine sur un auteur que j'apprécie tout particulièrement : Michel Bussi !

Bien que Tout ce qui est sur terre doit périr ne soit pas son roman le plus récent et que ma lecture en date un peu (en retard sur mes chroniques, moi ?), j'en ai le souvenir toujours aussi vivace. Laissez-moi vous faire découvrir cette petite pépite parmi la longue liste des merveilleux romans de Michel Bussi.

En préambule, un peu de contexte sur Tout ce qui est sur terre doit périr. Michel Bussi, à travers ce livre, nous fait prendre de nouveaux chemins littéraires, en marge de ses habituels polars, comme il l'a par ailleurs déjà fait avec ses contes pour enfants et sa nouvelle série Néo à destination des adolescents. Avec ce roman, Michel Bussi signe un thriller ésotérique, dans la droite lignée d'un Dan Brown, s'attaquant à un grand mystère de l'humanité, celui de l'arche de Noé.

Pour la petite anecdote, en 2017, quand il publie La dernière licorne (son titre original), bien plus noir et violent que ses romans habituels, il le fait sous le pseudo de Tobby Rolland pour ne pas désorienter ses lecteurs fidèles. 

A l'époque, le roman rencontre un certain succès et, à l'occasion de sa sortie en poche sous son nouveau titre Tout ce qui est sur terre doit périr, Tobby Rolland rend sa place à Michel Bussi. 


Titre : Tout ce qui est sur terre doit périr - La dernière licorne

Auteur : Michel Bussi

Date de parution : octobre 2019

Editeur : Pocket

Genre : thriller ésotérique


Résumé : une masse sombre, inexpliquée, prise dans les glaces millénaires du mont Ararat. Un livre inédit, gardé sous clé dans l'enfer du Vatican. Un animal de bois, enigmatique, portant au front une corne unique. Les indices sont là, éparpillés. Un gigantesque puzzle à reconstituer pour remonter à l'origine de toutes les religions du monde. De Bordeaux à Hong Kong, en passant par l'Arménie, Zak Ikabi n'a qu'une obsession : en réunir toutes les pièces lui permettant de trouver l'arche de Noé. Embarquée malgré elle dans cette quête incensée, la glaciologue Cécile Serval, aussi érudite que volcanique, se voit bientôt confrontée à un déluge de questions. Et de balles... car pour garder le secret, certains sont prêts à tout.

Mon avis : avec ce roman au style bien différent de ses précédents, Michel Bussi, qui selon moi commençait à trop user de vieilles ficelles pouvant parfois lasser, s'offre ici un second souffle. Et je dois avouer que ce nouveau genre lui va plutôt bien ! le roman est extrêmement bien documenté, finement construit, et on est happé tout du long dans une intrigue dont le rythme est d'une intensité folle. En effet, comme il l'admet lui-même, le roman est plus sombre et violent que ses polars traditionnels, mais c'est un vrai délice pour les amateurs de thrillers. On y retrouve tous les bons ingrédients du genre : une course poursuite, du mystère, des gens prêts à tuer pour garder le secret, une histoire d'amour... sans oublier le coeur du sujet, l'arche de Noé, un très bon point d'accroche pour ce type de roman, et que je n'avais jamais eu l'occasion de découvrir en tant que sujet clé d'un thriller. J'ai adoré toutes les anecdotes et l'histoire développée autour de ce sujet. Tout tient la route, à l'exception du twist final, que j'ai trouvé un peu capillotracté, laissant au roman un goût d'inachevé.



samedi 29 août 2020

La saga du soleil noir d'Eric Giacometti et Jacques Ravenne


Après une longue coupure estivale, me voilà d'attaque pour la rentrée. Et comme chaque année, je vais vous faire un debrief de mes lectures estivales... enfin presque. Parce que j'ai 2 ans de retard dans mes chroniques et, qu'avec 2 enfants en plus, mes lectures estivales se réduisent comme peau de chagrin. 

Mais j'ai quand même eu le temps de bouquiner un peu cet été - merci les trajets en voiture - et parmi plusieurs lectures plutôt mitigées je vous ai dégoté une petite perle, La saga du soleil noir. Je commence donc par vous chroniquer celle-ci, car si vous ne connaissez pas, il est urgent de découvrir !


Titre : La saga du soleil noir

Auteurs : Eric Giacometti et Jacques Ravenne

Date de parution :

  • Tome 1 - Le triomphe des ténèbres : 4 avril 2018
  • Tome 2 - La nuit du mal : 15 mai 2019
  • Tome 3 - La relique du chaos : 3 juin 2020
Éditeur : JC Lattès

Genre : historique / ésotérique


Résumé : le dernier né des Giacometti / Ravenne, qui met, le temps d'une saga, au repos le personnage emblématique et récurrent d'Antoine Marcas (enfin presque, puisque les auteurs ont choisi comme protagoniste le père d'Antoine). 
Deuxième guerre mondiale. Hitler est au pouvoir. Le Reichsführer Himmler, maître absolu de la SS, fonde l'Ahnenerbe ("Héritage ancestral"), une organisation qui a pour objet de démontrer historiquement, anthropologiquement et archéologiquement la supériorité de la race aryenne à travers les âges. Lors des recherches, le Colonel Weistort, aux commandes de l'Ahnenerbe, découvre l'existence de 4 swastikas millénaires dont le pouvoir ancestral peut permettre au Reich de changer la face du monde. Il ne reste plus qu'à mettre la main dessus. Une course contre la montre débute alors entre les allemands et les services secrets alliés, dont l'issue aura une influence majeure sur les événements à venir.

Mon avis : grandiose ! Un excellent roman historico-esotérique, à mi-chemin entre Indiana Jones et Dan Brown, mais le tout version française... car il faut être fier de ce qu'on sait produire de mieux ! Un roman qui tient en haleine de la première à la dernière page, et qui, malgré un genre largement traité ces dernières années, arrive encore à nous surprendre et à nous scotcher. J'ai fortement apprécié le système d'annexes très malin mis en place par les auteurs pour démêler le vrai du faux : on se fait plaisir tout en apprenant tout un tas de choses méconnues sur la seconde guerre mondiale. Même si déjà le premier tome nous happe dès les premières lignes, la trilogie monte crescendo et finit en apothéose. C'est du grand art pour un roman du genre. Aucune maladresse, aucune fausse note. On aurait juste aimé un quatrième tome, rien que pour faire durer le plaisir ! 









samedi 23 mai 2020

Au soleil redouté de Michel Bussi

Comme toujours, pas mal de retard sur ma critique du nouveau Michel Bussi. Alors que, comme toujours, je l'ai acheté dès qu'il est sorti. Et comme toujours, je l'ai dévoré.

Alors pourquoi, comme toujours, j'ai traîné pour vous le commenter ? Hésitante, peur de ne pas arriver à vous transmettre tout ce que ce roman m'a communiqué, peur de ne pas être à la hauteur... voilà pourquoi.

Comme toujours, j'ai abordé ce roman en me disant : "cette fois ci, il ne m'aura pas. Je vais comprendre, avant la fin". Comme toujours, j'ai eu tort. 

Il est énervant, Michel Bussi. Même s'il a des hauts et des un peu moins hauts (jamais vraiment de bas), même si on commence à se dire qu'il va épuiser le genre, il réussit toujours à nous surprendre. A nous faire aller là où il veut qu'on aille. On se fait toujours prendre et on aime ça.

Il en a des histoires en rayon. Je ne sais pas quand il s'essoufflera, mais pas tout de suite, apparemment. 


Titre : Au soleil redouté

Auteur : Michel Bussi 

Date de parution : février 2020

Éditeur : Presses de la Cité


Résumé : cinq lectrices ont gagné un concours. Elles vont suivre pendant une semaine, en huis clos sur l'île des Marquises Hiva Oa, l'atelier d'écriture de Pierre-Yves François, romancier à succès. A sa demande et dans le cadre de cet atelier, elle vont toutes les 5 devoir écrire leur bouteille à la mer. "Avant de mourir, je voudrais...
Mais très vite, tout s’enchaîne. L'écrivain disparaît. Et petit à petit, les 5 lectrices vont se retrouver en danger de mort. A chaque disparition, à chaque cadavre, une lettre posée en évidence. La bouteille à la mer de la prochaine victime...  

Mon avis : en lisant la 4ème de couverture, j'étais certaine que Michel Bussi voulait nous revisiter Les 10 petits nègres d'Agatha Christie. Un huis clos, sur une île, avec un groupe de personne tuées une à une. Il y avait de quoi faire la comparaison, surtout que Michel Bussi ne s'en privait pas, au sein même de son propre roman. Et quelle comparaison ! Le chef d'oeuvre du polar. L'un des plus grand roman de madame Christie, avec Le crime de l'Orient Express ou encore Le meurtre de Roger Ackroyd. Les premiers romans policiers au twist final de génie. La crème de la crème, à laquelle Maître Bussi ne semblait pas avoir peur de s'attaquer. Il se frottait à du lourd, l'ami Bussi, en osant la comparaison. Et forcément, j'avais peur d'être déçue. 
Puis, comme toujours avec lui, en entrant dans le roman, je me laissais immédiatement porter par l'histoire, en me disant alors qu'il serait bien temps de voir ce qu'allait donner le dénouement. Les personnages ont tous leurs aspérités, qui les rendent touchants, irritants, désagréables, émouvants... mais en tout cas on s'attache. On espère que certains mourrons les premiers, pour que ceux que l'on préfère aient encore une chance. On espère aussi que ceux que l'on aime bien ne soient pas des assassins... Et puis on commence à se laisser bercer par l'histoire, l'atmosphère des Marquises, les références poétiques à Jacques Brel et à Paul Gauguin... et on se laisse endormir. 
Et là, comme toujours, Bussi nous sort son coup de maître ! Je n'ai absolument rien vu venir. Pourtant, il est évident, limpide ce twist. Mais comme toujours, Bussi a réussi à nous détourner de l'essentiel, on se laisse prendre. Les derniers chapitres, je les ai passés à me dire "c'est pas possible, il m'a encore eue". Et pourtant, on aurait pu comprendre. On aurait dû... et vous, devinerez-vous ?




samedi 16 mai 2020

Né sous une bonne étoile d'Aurélie Valognes

Petit à petit, votre petit oiseau préféré rattrape son retard en matière de best sellers. Et cette semaine, je vous fais découvrir, pour ceux qui comme moi ne la connaissent pas, Aurélie Valognes, une auteure bel est bien installée dans la liste des romanciers français qui se vendent le plus. 
Faisant partie de la nouvelle tendance d'auteurs "feel good", elle a su trouver en quelques années sa place dans le paysage littéraire hexagonal.

Quant à moi, et bien je n'avais jamais franchi le pas... en partie à cause des couvertures trop flashy de ses romans, qui ne m'ont jamais donné envie d'aller plus loin. 

Mais en ces temps de confinement où l'on trouve l'évasion dans nos bon vieux bouquins, j'ai décidé de tenter l'aventure. En choisissant complètement au hasard l'un de ses romans parmi les suggestions d'un site d'ebooks. Au pif. Sans a priori. Je n'avais même pas lu la quatrième de couverture, et je me lançais à l'aveugle. Pour découvrir un vrai petit bijou. 


Titre : Né sous une bonne étoile

Auteur : Aurélie Valognes 

Date de parution : mars 2020

Éditeur : Mazarine


Résumé : Gustave n'est pas vraiment ce que l'on pourrait qualifier de bon élève. Cadet d'une famille de 2 enfants, sa grande sœur, passée avant lui, a toujours suscité l'admiration de ses parents et de ses professeurs. Sur ce point, Gustave souffre nettement de la comparaison. Il n'est pas prêt, comme son aînée, de quitter sa cité pour de grands projets d'avenir. Pourtant il s'accroche. Il veut faire la fierté de sa mère. Mais dès le premier jour dans sa nouvelle école primaire, son instituteur le prend en grippe. Il est catalogué fainéant, bon à rien... ou alors juste bon pour le décrochage scolaire. Jusqu'à ce qu'au collège, une prof s'accroche pour 2 et fasse tout son possible pour lui faire reprendre le goût de l'apprentissage...

Mon avis : une petite pépite de douceur. On a tous - ou presque, il reste quelques malchanceux - connu un ou une prof qui nous a fait aimer l'école ou une matière, et ce roman est un peu comme notre madeleine de Proust scolaire. Même si je n'ai jamais été mauvaise à l'école, j'ai moi aussi le souvenir d'instituteurs et de professeurs incroyables, dans plein de belles matières. Je reste intimement convaincue que nous, adultes, en sommes là en partie grâce ou à cause de ces personnes qui ont jalonné notre vie d'enfants et d'adolescents. 
Quant à Gustave... lui, il essaye, mais il a du mal. Comme beaucoup d'enfants finalement. Trop vite catalogués fainéants ou cancres. On connait tous des Gustave. C'est pour ça qu'immédiatement, on s'attache à ce personnage et on aimerait tant qu'il réussisse. On voudrait y croire avec lui, même quand tout semble perdu. Néanmoins, toute la première moitié du roman se résume dans l'échec de Gustave. Au début, on en vient même à se demander pourquoi on lit ce roman qui est assez, disons-le, désespérant
C'est alors que tout s'illumine, tout s'éclaire. Avec une main tendue. Et on vit la seconde moitié du roman, un peu à l'instar de Gustave, comme une renaissance. Et la magie opère. 
On referme le roman avec une sacré larmichette, tant il imprime sa marque et reste en nous, même une fois fini. Ça faisait longtemps qu'un roman ne m'avait à ce point émue. Je ne sais pas si tous les romans d'Aurélie Valognes sont aussi bien construits, aussi poétiques et aussi beaux, mais je ne demande qu'une chose : vérifier !



samedi 9 mai 2020

Un si long silence de Sarah Abitbol

Cette semaine, un sujet un peu moins léger, mais qui reste important dans le contexte "me too", et que la crise du Covid-19 ne saurait faire oublier : celui des violences sexuelles dans le monde du sport. 

Avec cette autobiographie, Sarah Abitbol, patineuse largement récompensée en couple avec son acolyte et compagnon de l'époque Stéphane Bernadis, nous fait part de l'enfer qu'elle a vécu durant des années, alors que son entraîneur l'a violée à plusieurs reprises sous le nez de tous, alors qu'elle était encore mineure. Au-delà d'un énorme loup soulevé dans le monde du patinage artistique - Gilles Beyer ou Monsieur "O", comme elle l'appelle dans son livre, n'en étant pas à son coup d'essai -, la courageuse Sarah Abitbol, qui a réussi à faire tomber une institution que beaucoup croyaient inamovible, fait exploser le monde sportif dans son ensemble. 

Car le patinage artistique n'est que la partie immergée de l'iceberg sportif... un monde où les jeunes filles, qui donnent leur vie de préa-adolescente et d'adolescente à leur sport, feraient tout pour conquérir leur rêve de médaille... et où des immondes porcs savent en profiter car le pouvoir de donner vie à leur rêve est entre leurs mains...


Titre : Un si long silence

Auteur : Sarah Abitbol

Date de parution : janvier 2020

Éditeur : Plon


Résumé : " Vous étiez mon entraîneur. Je venais d'avoir quinze ans. Et vous m'avez violée. 
Il aura fallu attendre trente ans pour que ma colère cachée se transforme enfin en cri public. Vous avez détruit ma vie, monsieur O., pendant que vous meniez tranquillement la vôtre. Aujourd'hui, je veux balayer ma honte, la faire changer de camp. Mais je veux aussi dénoncer le monde sportif qui vous a protégé, et vous protège encore à l'heure où j'écris ces lignes. Quand j'ai voulu parler, à plusieurs reprises, je n'ai pas pu le faire. Aujourd'hui, avec ce livre, je sors de ce silence assassin. Et j'appelle toutes les victimes à en faire autant. "

Mon avis : un récit édifiant et glaçant, qui en a surpris plus d'un parmi les amateurs de sports de glace. Nous autres, téléspectateurs, n'avons vu pendant des années que la beauté du sport, l'abnégation des athlètes qui donnent tout pour réussir et pour faire de leur don un art. Nous avons certes aussi vu des doutes et des contre-performances... mais nous avons, à l'époque, pensé qu'ils étaient du domaine sportif, sans savoir que derrière ces failles se cachait tant de noirceur. De Sarah, avec qui je me suis entraînée dans ma toute petite jeunesse à la patinoire de Bercy, dans le club des Français Volants, je ne me souviens que d'une jeune fille brillante et souriante. A l'époque, elle n'avait pas vécu ce qu'elle allait plus tard nous raconter dans Un si long silence. Ma mère me dit aujourd'hui qu'elle trouvait déjà à ce moment-là son entraîneur, qui traînait toujours autour de la patinoire, antipathique et malsain... mais en réalité, nous n'avons rien vu, nous ne pouvions pas imaginer. Mon dieu, que le choc est rude ! 
Et même des années après, quand j'allais voir les galas de la tournée française des patineurs, je n'ai jamais senti la détresse de la belle et souriante Sarah. Je n'ose pas imaginer ce qu'elle - et son entourage, qui n'a rien vu non plus - a du vivre. Par quoi ils sont passés. La part d'ombre - mais aussi de responsabilité - qu'ils ont tous dû porter. Ce livre, c'est une bombe, une pierre qui plombe... 
Quel courage d'avoir osé enfin rompre ses chaines et dire tout haut ce que tous voyaient tout bas, sans pour autant faire quoi que ce soit, même quand Sarah a commencé à demander des soutiens. Les gens sont souvent lâches, et ceux qui savaient mais qui ont préféré protéger les forts, encore plus. Ils sont à gerber. Sarah est superbe, elle a gagné, et ceux qui la suivent aujourd'hui dans cette voie devraient la remercier d'avoir tenu bon alors qu'il aurait suffit d'un rien pour l'enterrer, l'humilier, pour la faire taire. 
Un fait est à noter dans cette histoire : ce sont les journalistes qui ont porté la voix de Sarah et tant d'autres. Sans eux, il aurait été facile de tout étouffer, de laisser les manettes aux gens de pouvoir... mais dans ce mouvement "me too", il n'est désormais plus possible d'user des sales ficelles d’antan. Les porcs n'ont qu'à bien se tenir et les victimes peuvent désormais libérer leur parole.
Ce livre est une ode au courage. Il doit être lu, car le déni ne fait pas progresser la société. Il m'a émue, fait pleurer plus que de raison, m'a donné envie de vomir, mais je suis aussi plus forte de l'avoir lu, de m'être forcée à le lire. Il raconte simplement, avec les mots d'une petite fille brisée devenue adulte, l’indicible. Sarah, bravo et merci. J'espère que maintenant vous pourrez dormir et vivre, vous le méritez. Votre médaille, la médaille d'une vie, c'est aujourd'hui que vous l'avez remportée. Et vous l'avez offerte à toutes les jeunes sportives pour des générations à venir. MERCI.




samedi 18 avril 2020

L'intrusion de Quentin Lafay

Concernant ce livre, je l'ai découvert par hasard via un article du Figaro. J'ai toujours un peu de mal avec les romans conseillés par des journaux, car ils sont souvent soporifiques ou indigestes, ou encore trop grand public pour moi... mais parfois, grâce à un journaliste qui écrit un article éclairé et inspirant, on peut - et on doit - se laisser tenter.

Ce fut mon cas pour L'intrusion, de Quentin Lafay (ancienne plume de Macron) dont le thème, complètement d'actualité, et le bandeau "Je me suis fait pirater", ont tout de suite su retenir toute mon attention

En effet, cet ouvrage, inspiré de faits réels (les Macron Leaks), raconte comment un petit employé de bureau peut, en cliquant sur un simple lien qui se révèle être un malware, dévoiler au grand jour l'ensemble des secrets de son entreprise, mais également toute sa vie privée, et celle de ses contacts les plus proches. C'est l'histoire malheureuse de Quentin Lafay lui-même, romancée et réinventée à travers ce roman, qui nous fait réfléchir à la notion de vie privée à l'ère du numérique.

Et vous, que feriez-vous à la place de Gaspard, protagoniste malheureux du roman de Quentin Lafay ?


Titre : L'intrusion

Auteur : Quentin Lafay

Date de parution : février 2020

Éditeur : Gallimard


Résumé : Gaspard travaille chez Avicenne, une entreprise véreuse qui intervient dans l'ombre pour des politiques et des Etats, sur des sujets pas toujours légaux. Un jour, il reçoit, sur sa messagerie privée, un mystérieux mail de la part de l'une de ses collègues, l'invitant à cliquer sur une pièce jointe dont il devrait impérativement prendre connaissance. Curieux, il clique. Erreur fatale ! Il s'agit en fait d'un malware. Demain, toute sa messagerie sera étalée au grand jour. Demain, tout le monde connaîtra le contenu de ses mails personnels et de l'ensemble des fichiers de son entreprise. A priori, il n'a rien à cacher... mais, et si ses amis, avec lesquels il échange depuis plusieurs années, n'étaient pas dans son cas ? Et si sa boite n'était pas si innocente ? Par ricochet, tous ceux qui l'ont côtoyé depuis des années sont menacés... et ses liens avec eux dans le même temps...

Mon avis : un roman très intéressant, qui a le mérite de nous mettre face à nos responsabilités et de nous interroger sur le sens du terme "vie privée" à l'heure du tout numérique. Le livre est assez flippant et nous rappelle que, dans notre société de sur-information, nous sommes tous vulnérables. Même si nous avons le droit à l'oubli, Quentin Lafay nous scande qu'à l'heure d'Internet personne n'oublie rien, jamais.
Ce qui a 10 ans, 15 ans 20 ans... nous qui n'effaçons souvent rien de nos mails, que ferions-nous si tout ressortait au grand jour ? Paierions-nous le prix fort pour les propos d'une personne qui n'est plus vraiment nous mais qui l'est néanmoins ? Peut-on prendre pour argent comptant les pensées et les écrits de la personne que nous étions à ce moment-là, même si depuis, nous sommes devenus quelqu'un d'autre, que nous avons changé ? 
C'est exactement ce qui arrive à notre protagoniste et, si ce dernier récolte ce qu'il a semé, l'homme qu'il est aujourd'hui ne pense souvent plus le moindre mot de ce qu'il a pu écrire autrefois... Quentin Lafay, à travers sa (presque) fiction, ne nous fait pas réfléchir sur son cas, mais sur le nôtre. Que ferions-nous si nous étions exposés ?
Si le roman est prenant, haletant, on regrettera néanmoins un texte un peu court, une conclusion un peu hâtive, et un livre qui aurait mérité un peu plus d'approfondissement... et de profondeur.




samedi 11 avril 2020

Le cas zéro de Sarah Barukh

Le cas zéro est typiquement le cas d'un livre découvert par hasard, sur une plateforme de téléchargement. Intriguée par la couverture, j'ai alors cliqué sur le résumé. On est bien loin ici des polars ou romans d'aventure que j'ai l'habitude de lire et de vous commenter, mais un "je ne sais quoi" m'a convaincue d'acheter ce livre. Le fait qu'il soit inspiré de faits réels, peut-être, même si le sujet, l'apparition du Sida en France, est moins immédiat d'accès que certains best sellers. 

Quoiqu'il en soit, je me lançais dans la lecture du roman, sans savoir qu'au moment d'en rédiger la critique, nous nous trouverions dans une situation très similaire : l'apparition en France d'une pandémie qui s’avérerait internationale, les questions et errances  du corps médical ainsi que la peur face à l'invisible, les erreurs gouvernementales... Un livre qui n'aide pas vraiment à prendre du recul sur la situation actuelle, mais qui analyse, sans fard, un épisode clé de notre histoire médicale, vu de l'intérieur.


Titre : Le cas zéro

Auteur : Sarah Barukh

Date de parution : mai 2018

Éditeur : Albin Michel


Résumé : tout commence par un cas, incompréhensible et inquiétant. Une série de symptômes incohérents, jamais vu ensemble, mais d'une gravité extrême. Laurent Valensi, médecin à l'hôpital Saint-Louis, ne sait comment soigner son patient, Ali Benyoussef. Partagé entre sa famille, qui veut le protéger d'une possible contamination, et des responsables déterminés à enterrer l'affaire, il se lance dans une course contre la montre et contre la mort. Il est déterminé à sauver cet homme et à faire éclater la vérité : et si Ali Benyoussef était le patient zéro, en France, de la terrible épidémie qui fait rage aux Etats-Unis et que l'on commence à nommer "le cancer homosexuel" ? Une version romancée mais terriblement crédible de la gestion de l'arrivée du Sida en France...


Mon avis : difficile de faire une critique de ce roman sans faire de parallèle avec la crise sanitaire mondiale en lien avec le Covid-19. On y retrouve de nombreuses similitudes, entre le désarroi du corps médical, les autorités qui veulent minimiser l'impact médiatique d'une telle "épidémie", la souffrance et la peur des patients, la volonté de sauver la vie coûte que coûte de notre protagoniste, des questions qui laissent la place à encore plus de questions, l'ère de la désinformation, la bêtise humaine en réaction à l'inconnu... Plus d'un an après sa sortie, le livre est, plus que jamais, d'actualité. Même si l'histoire ce situe il y a quelques décennies et raconte l'histoire d'une maladie qui, depuis, est connue et commence à être maîtrisée... le roman raconte une vérité immuable ! La gestion humaine face à l'inconnu, ici dans le cadre d'une crise sanitaire d'une ampleur inégalée. Sarah Barukh raconte avec brio, sa vision de l'Histoire, dans un roman qui prend aux tripes et qui nous fait assister, impuissants, à un scénario qui nous échappe totalement. Entre espoir et désillusion, l'auteur nous promène dans une oeuvre qui ne saurait nous laisser indifférents et qu'on n'arrive pas à lâcher. On s'émeut pour le pauvre Ali benyoussef, on espère et on se bat aux côtés du Dr Valensi... J'ai adoré ce bouquin qui m'a transportée loin des sentiers battus, et qui se veut, au-delà des aspects factuels, plein d'humanité et touchant de mille façons...








samedi 4 avril 2020

L'embaumeur d'Isabelle Duquesnoy

En cette période de crise sanitaire, une explication de texte autour de la thématique de l'embaumement n'est peut-être pas du meilleur goût. Néanmoins, pour ceux qui ont du temps pour lire et qui ont le moyen de se procurer ce roman, c'est un très bon passe temps, un poil moins anxiogène que La peste, même si un peu glauque aussi quand même.

Comme toujours, en ce qui est de trouver des petites perles, ma belle-soeur Audrey est de très bon conseil. Ici, on délaisse les romans policiers - quoi que - que j'affectionne tout particulièrement pour se plonger dans un roman plus historique, qui nous raconte l'histoire d'un embaumeur au XVIIIème siècle, post-révolution française. L'Histoire avec un grand H, histoire (avec un petit h) de sortir de sa zone de confort...


Titre : L'embaumeur ou l'odieuse confession de Victor Renard   

Auteur : Isabelle Duquesnoy

Date de parution : août 2017

Éditions de La Martinière


Résumé : Victor - Victordu ou encore Victorticolis - est difforme. Non content de commencer dans la vie par une difformité, il est élevé par une mère qui lui reproche toute son enfance d'être venu au monde en étranglant son frère jumeau avec son cordon ombilical. Il était bien mal parti, Victor. Mais alors que son père trépasse et qu'il faut nourrir son infâme mère, il échappe miraculeusement à sa condition misérable en devenant embaumeur. Victor va alors passer sa vie au milieu de cadavres. Et en la matière, il excelle. Surtout qu'après la Révolution, ce ne sont pas les morts qui manquent, à Paris. 
Un roman qui commence devant les tribunaux : Victor étant promis à la guillotine, il se raconte. Pendant 11 jours. Ses penchants amoureux, son travail auprès des morts, le commerce des organes et le secret de sa fortune... et comment il est devenu l'homme le plus détesté de Paris. 

Mon avis : une vision riche et intéressante du Paris post-Révolution française, qui nous plonge dans un certain obscurantisme, que l'auteure maitrise à la perfection (elle a mis 10 ans à collecter toute la substantifique moelle nécessaire à la rédaction de cet excellent roman !). On est immédiatement happé dans l'univers glauque des embaumeurs de l'époque. On se divertit tout en apprenant sur un sujet que nous n'aurions jamais imaginé aborder... un sujet cru, mais immensément captivant, contre toute attente. 
Le petit plus : tout ce qui relie l'art de l'embaumement avec la peinture et la recherche de pigments de couleurs à l'époque, les organes des morts étant alors l'objet d'un trafic très lucratif... 
Au-delà de l'aspect historique, Isabelle Duquesnoy réussit le pari de nous faire nous attacher à ce Victor, anti-héros par excellence dont on ignore tout du crime jusqu'à la fin, crime qu'on intuite sans pour autant jamais l'imaginer. 
Toutefois, j'ai trouvé quelques passages vraiment dérangeants, et même s'ils ont le mérite d'être replacés dans un contexte historique, je n'ai pas toujours été à l'aise avec l'entièreté du roman.
En conclusion, L'embaumeur est un très bon roman historique, qui mérite d'être lu... sauf pour les âmes sensibles, qui peuvent s'abstenir. Un genre de Parfum à la Patrick Süskind - en un peu moins bien -, qui devrait en ravir les amateurs !







samedi 21 mars 2020

"Le livre ou le film ? n° 12" : Da Vinci Code de Dan Brown

Pour ce nouveau billet de blog, explorons un livre qui ne date pas vraiment d'hier... le Da Vinci Code. Cela étant dit, de temps en temps, j'aime bien vous faire découvrir un classique de la littérature, soit parce que je l'ai lu sur le tard, soit parce que je l'ai relu après la création de ce blog.

Dans le cas de ce livre, c'est moi qui suis complètement à la ramasse, ne l'ayant lu que plusieurs années après sa parution. Alors, pourquoi un tel retard, me direz-vous ?
La réponse est simple... initialement, ce roman m'avait été offert par un ex, qui me l'avait chaudement recommandé. A l'époque, j'étais novice dans la lecture de ce type de romans initiatiques, ésotériques, ou quelle que soit la catégorie à laquelle on le rattache. 
Aussi, quand notre histoire s'est finie, j'ai rangé le roman dans ma bibliothèque et l'ai repoussé à plus tard, le temps que les choses pas forcément en lien avec le livre mais pouvant en impacter ma perception se tassent. Et comme je ne connaissais ni son auteur ni le style littéraire, je ne savais pas encore que je ratais quelque chose. 

Et puis, doucement, avec le temps, j'ai oublié le roman dans ma bibliothèque, où il a petit à petit pris la poussière... et finalement, je l'y ai retrouvé très tardivement, il y a quelques mois de cela.

Pareil pour le film, que j'ai mis un petit moment à visionner, même après sa sortie, toujours pour les mêmes raisons. J'ai donc découvert l'oeuvre par le cinéma, une fois n'est pas coutume... l'ayant beaucoup appréciée, je me suis alors enfin décidée à lire ce fameux roman qui avait propulsé son auteur au rang de superstar planétaire. 


Titre : Da Vinci Code

Auteur : Dan Brown

Date de parution : 2004

Éditeur : Jean-Claude Lattès


Quelques infos sur le film :

  • De : Ron Howard
  • Avec : Tom Hanks, Audrey Tautou, Jean Reno, Ian McKellen, Paul Bettany...
  • Date de sortie : mai 2006






De quoi ça parle ?

Da Vinci Code est le second volet des aventures de Robert Langdon, professeur symbologiste découvert dans Anges & Démons
Tout commence quand tout accuse Robert Langdon du meurtre de Jacques Saunière, Conservateur du Louvre. En effet, celui-ci, juste avant de mourir, a tracé sur le sol du célèbre musée "P.S. trouver Robert Langdon". Sophie Neuveu, la petite-fille du Conservateur, croit cependant à l'innocence du professeur et lui propose de l'aider à s'échapper s'il décrypte pour elle les symboles laissés par son grand-père et s'il l'aide à trouver le vrai meurtrier. Ensemble, ils sont pris au milieu d'une conspiration n'ayant pour autre objectif que de garder le plus vieux secret de l'humanité : Jésus aurait eu une descendance...


Le livre ou le film ?

Pas évident. 
Le livre est réellement très bien construit et haletant, et une chose est sûre, il aurait été vraiment dommage de le laisser dormir une seconde de plus dans ma bibliothèque. Ce qui est certain, c'est que sa réputation n'est pas usurpée, malgré le scandale qui a entouré sa sortie en lien avec la théorie qu'il développe (Jésus, une descendance, qu'avez-vous dit là ??? Blasphème !! ). On ne lit pas ce roman, on le dévore ! Moi qui ne suis pas fan des romans conspirationnistes ou même ésotériques, force est de constater que celui-ci m'a vraiment mis le pied à l'étrier. Ce n'est pas pour rien que le Da Vinci Code est le (re)déclencheur de la passion du grand public pour ce genre littéraire et, pour cela, il est difficile de bouder le roman. Si l'on est définitivement, à travers ce roman, dans un registre "best seller", que d'aucuns peuvent regretter, le style et le synopsis sont néanmoins redoutablement efficaces !


Concernant l'adaptation cinématographique, elle est plus que fidèle au roman et les amateurs de films à grand spectacle seront ravis. Il résume bien l'ensemble, même si comme souvent il élude certains des meilleurs passages et procède à quelques coupes maladroites, pour une questions de temps principalement (le film dure plus de 2h30). 
Concernant les personnages, certains, comme celui du prête albinos, sont campés à l'écran par des acteurs à l'interprétation magistrale. Paul Bettany, malgré un personnage au rabais par rapport à celui du roman, est exceptionnel et je ne crois pas pouvoir un jour me détacher de son interprétation du personnage de Silas, tellement elle m'a marquée.  
Les autres protagonistes sont nettement moins intéressants. Certes, on aime tous Tom Hanks, mais il n'est pas doté du plus grand charisme dans ce film - à l'image de son personnage toutefois - et quant à Audrey Tautou, on pourrait en regretter le choix. Il leur fallait une figure française : je ne sais pas si elle était la meilleure option pour le rôle. Cela étant dit, vu notre vivier français, je ne sais pas non plus si un autre choix aurait donné un meilleur relief à son personnage...


En conclusion, j'opterais pour le livre cette fois-ci, comme souvent d'ailleurs. Mais pour ceux qui n'ont pas le temps, le film est une bonne adaptation, quoique tronquée, qui a eu le mérite de propulser l'auteur dans une autre dimension en matière de notoriété...




samedi 14 mars 2020

Criminal Loft d'Armelle Carbonel

Parce que je ne fais pas que lire mais que je m'intéresse aussi à ce que lisent les autres, j'avais pu voir sur les réseaux sociaux que ma belle-soeur Audrey venait de terminer Criminal Loft. 

Au-delà du nom du roman, qui me plaisait plutôt pas mal, et du bon goût d'Audrey en matière de lectures, c'est la couverture du livre qui m'avait initialement attiré l'oeil sur facebook. 

Petite recherche pour en savoir plus... et je tombe sur la chronique vidéo de Gérard Collard, que je décide de regarder pour me faire un avis. Et là, le synopsis, qui me donne une envie furieuse de lire ce bouquin. Un polar français, en plus, qui a l'air du feu de Dieu... j'achète, comme dirait l'autre !


Titre : Criminal Loft

Auteur : Armelle Carbonel

Date de parution : septembre 2015

Éditeur : Fleur Sauvage


Résumé : 8 criminels dans le couloir de la mort. Ils ont tous commis des horreurs effroyables. Un producteur de télévision. Une idée insensée pour faire de l'audience. Le Loft. Comme Loft Story, mais version " maison de l'angoisse " : un ancien sanatorium rouvre ses portes pour devenir le Criminal Loft. Le gagnant parmi les 8 condamnés à mort, c'est-à-dire celui qui ne sera pas éliminé à la fin du show par les téléspectateurs, aura la vie sauve. Raconté à la première personne, le narrateur sortira-t-il vivant de ce jeu de l'horreur ?

Mon avis : un superbe idée, vraiment originale, et une belle plume. On entre dès la 4ème de couv' dans l'univers de cette auteure bien de chez nous que je ne connaissais ni d'Ève ni d'Adam, mais qui a des beaux jours devant elle et qui va sans aucun doute se faire un grand nom dans le polar. Dès le pitch de départ, on est happé et impossible de reposer le bouquin. Un vrai thriller comme on les aime. Mais en plus, avec de la profondeur : à travers ce roman, Armelle Carbonel nous livre une belle critique de la télé réalité et de la société moderne dans tout ce qu'elle fait de moche, en l'exploitant dans son visage le plus sombre. 
Après, très glauque, le roman ne plaira pas à tous tant il est noir et malsain. Le dénouement est un peu tiré par les cheveux, ce qui fait que l'on peut facilement décrocher à un certain stade de lecture. L'ensemble est un peu prévisible aussi, mais cela n'enlève en rien au plaisir global de la lecture de Criminal Loft.

En conclusion, une vraiment belle découverte, dont je recommande la lecture ! 



samedi 7 mars 2020

Origine - Dan Brown

Alors que la majorité des Dan Brown ont un fond plutôt ésotérique, à l'instar des célèbre Da Vinci Code, Anges et Démons ou Le symbole perdu, certains - mes préférés - ont un fond plus scientifique, comme par exemple Forteresse Digitale ou encore Deception Point

Origine est à la croisée des deux, sur fond de découverte capitale autour de l'origine de l'Homme. 
Autre facteur de motivation pour plonger dans le livre à coeur et à bras ouverts : une intrigue qui se déroule en Espagne. Bilbao, Madrid, Barcelone... de quoi susciter mon intérêt et me rappeler de si bon souvenirs de mon Erasmus au Pays Basque. 

Alors, on y va ?

Titre : Origine

Auteur : Dan Brown

Date de parution : octobre 2017

Série : Origine est le cinquième roman de la saga dont Robert Langdon est le héros

Éditeur : Jean-Claude Lattès


Résumé : Musée Guggenheim, Bilbao. Une découverte scientifique révolutionnaire est sur le point d'être dévoilée. Robert Langdon fait parti des invités, pressé d'en connaître la teneur. Alors que le génie scientifique Edmond Kirsch, ancien élève de Robert Langdon et hôte de la soirée, est sur le point de révéler les résultats de ses recherches - d'où vient l'Homme ? Où va-t-il ? etc. - il est sauvagement assassiné. Robert Langdon mène l'enquête à travers toute l'Espagne avec Ambra Vidal, la belle et intrépide Directrice du Musée...

Mon avis : si le roman diffère des précédents en ce qu'il ne pose pas comme point de départ une énigme, il comporte néanmoins un peu plus d'action. Bien évidemment, Robert Langdon ne se contente pas de chercher qui a tué son ancien élève ni de chercher la teneur de son incroyable découverte, mais il se fait poursuivre à travers toute l'Espagne par d'impitoyables tueurs. Les assassins du scientifique ? 
Quoiqu'il en soit, un rythme trépidant pour un roman qui tient toutes ses promesses. Dans ce style, l'auteur excelle ! Et pour les fans, il n'oublie pas entièrement son goût très prononcé pour les complots et les théories religieuses, puisqu'il confronte dans ce roman deux théories : la théorie créationniste et la théorie évolutionnisteTous les ingrédients d'un bon Dan Brown sont là : Robert Langdon, une jolie femme, des courses poursuite, des vilains méchants, la religion, la science, un lieu fort en symbolique... la recette est toujours la même, mais elle paye !!
Comme à son habitude, Dan Brown tient ses lecteurs en haleine. Le roman se boit comme du petit lait et, comme toujours avec le maître de l'intrigue, une fois happé, impossible de reposer l'ouvrage. Sans compter un superbe voyage dans toute l'Espagne, ce qui ajoute à mon coup de coeur.

Petit bémol pour les amateurs de vérité historique, une adaptation libre de l'histoire espagnole et de la transition Franco / Juan Carlos. La vision fantasmée de l'Espagne n'est pas toujours du meilleur goût. D'ailleurs, la presse espagnole ne l'a pas raté... 
Enfin, le dénouement du roman est un peu bancal, on pourra reprocher que les ficelles sont un peu grosses, même si cela n'enlève en rien au plaisir de lecture. 








samedi 27 avril 2019

On la trouvait plutôt jolie - Michel Bussi

Retour à mes amours littéraires avec On la trouvait plutôt jolie de Michel Bussi. Et comme il n'est jamais trop tard pour commenter un bon bouquin, zoom sur cet excellent polar sorti en librairie en 2017. 

Dans ce roman-ci, Michel Bussi délaisse une nouvelle fois la Normandie chère à son cœur pour nous emmener sur les terres marseillaises. Pourquoi pas. 
Je suis moins fan de ses romans qui cherchent le soleil, à l'instar de Ne lâche pas ma main (Réunion) ou encore Le temps est assassin (Corse), mais rien que son titre, qui comme beaucoup de ses romans est inspiré d'une chanson française, me donnait l'eau à la bouche. 

On la trouvait plutôt jolie, quelle merveilleuse référence à la superbe chanson de Pierre Perret, Lily. Une très belle interprétation des obstacles à l'immigration en France, d'une actualité toute redoutable malgré une chanson datant de 1987 ! Et justement, le roman de Michel Bussi parle de ça. De Leyli, une immigrée africaine à Marseille. Entre autres. Un très bel hommage, malgré un univers bien différent de ce à quoi l'auteur normand nous avait habitué. Quoiqu'il en soit, ce changement de cadre n'était pas pour me déplaire, l'auteur commençant à devenir moins novateur au fil de ses romans... ou peut-être est-ce juste parce que je commence à en connaître trop parfaitement certaines ficelles à force de le dévorer ?

Du coup, mon amour immodéré pour Pierre Perret oblige, je me mets en condition pour écrire ce billet. Direction Deezer pour une petite écoute de Lily (suivie du reste d'un best of de ce parolier d'exception, tantôt grave, tantôt pitre, un mélange savamment dosé de perfection). Lily : cette chanson est tellement belle qu'elle m'inspire et sera ma muse pour cette nouvelle critique littéraire. 
Je vous invite d'ailleurs à l'écouter si vous ne la connaissez pas, cette chanson est un véritable bijou !


Titre : On la trouvait plutôt jolie

Auteur : Michel Bussi

Date de parution : octobre 2017 


Résumé : Leyli, jeune migrante malienne, élève seule ses 3 enfants, Alpha, Bamby et Tidiane. Elle vit dans un tout petit appartement d'une cité HLM de Marseille. Femme de ménage dans des hôtels de la région, le CDI qu'elle vient de décrocher devrait lui permettre d'enfin pouvoir prétendre à l'attribution d'un appartement plus grand pour sa famille. En parallèle, le corps sans vie d'un employé d'une association d'aide aux migrants est retrouvé dans un hôtel miteux. Très vite, les soupçons se portent vers Bamby, la fille de Leyli...

Mon avis : un très bon Michel Bussi. Si la problématique grave de l'immigration que l'auteur exploite dans ce livre surprend au départ, on se laisse très vite prendre par la plume du maestro. On s'attache à Leyli, on tremble pour Bamby, on se questionne sur qui est qui et qui a fait quoi. On comprend bien la difficulté pour la pauvre Leyli d'élever ses enfants dans un pays étranger et on s'émeut de cette volonté farouche de faire que ça marche après les épreuves endurées. Et il y a ce secret. Le secret de Leyli, qui pourrait tout éclairer. Comme toujours, Michel Bussi joue avec les mots et l'intrigue pour une nouvelle fois nous surprendre. On se demande où le roman va nous conduire. Et on n'est pas déçus du résultat.

Ce roman est somme toute assez déroutant pour les amateurs de Michel Bussi. À deux niveaux.
Le premier, le ton du roman. On la trouvait plutôt jolie est grave. On sort de la légèreté habituelle de l'auteur pour entrer dans l'univers rude et impitoyable des migrants. Le roman laisse un goût un peu amer sur la situation de ces gens qui font ce qu'ils peuvent mais qui partent avec un sacré handicap dans la vie. Il évoque avec humanisme ceux - très attachants, à l'instar du délicieux personnage de Ruben dans ce livre - qui rendent leur vie plus belle : il dépeint avec douceur la France, qui peut aussi et encore être une chaleureuse terre d'accueil. Tout en n'oubliant pas ceux qui profitent et s'enrichissent sur le dos des désespérés... Un écho glaçant et beau à la fois à la terrible actualité.
Le second, la construction du roman. Pas de situation initiale inextricable, comme dans Un avion sans elle par exemple, ou N'oublier jamaisOn est finalement, par ce roman, assez proche de Nymphéas noirs, mon préféré de l'auteur. Une lenteur dans le développement qui nous laisse le temps d'apprécier la gravité du propos, mais un final qui nous laisse bouche bée, avec un twist final assez magistral. Je ne vais pas vous mentir, encore une fois je n'ai rien vu venir. Même si la ficelle avait plus ou moins déjà été exploitée (vous comprendrez en lisant le roman), impossible de deviner vers où Michel Bussi nous emmène. Ce polar est une nouvelle fois admirablement construit et le dénouement, comme toujours, fait mouche. 
Si vous lisez Michel Bussi pour la première fois avec ce roman, vous risquez d'être époustouflés (un délicieux risque, vous en conviendrez). Si comme moi vous en être à plus de 10 romans de l'auteur, il est possible que vous soyez un peu plus blasés, mais vous serez forcés de reconnaître que cet homme là a du talent ! Un talent fou !!