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samedi 4 avril 2020

L'embaumeur d'Isabelle Duquesnoy

En cette période de crise sanitaire, une explication de texte autour de la thématique de l'embaumement n'est peut-être pas du meilleur goût. Néanmoins, pour ceux qui ont du temps pour lire et qui ont le moyen de se procurer ce roman, c'est un très bon passe temps, un poil moins anxiogène que La peste, même si un peu glauque aussi quand même.

Comme toujours, en ce qui est de trouver des petites perles, ma belle-soeur Audrey est de très bon conseil. Ici, on délaisse les romans policiers - quoi que - que j'affectionne tout particulièrement pour se plonger dans un roman plus historique, qui nous raconte l'histoire d'un embaumeur au XVIIIème siècle, post-révolution française. L'Histoire avec un grand H, histoire (avec un petit h) de sortir de sa zone de confort...


Titre : L'embaumeur ou l'odieuse confession de Victor Renard   

Auteur : Isabelle Duquesnoy

Date de parution : août 2017

Éditions de La Martinière


Résumé : Victor - Victordu ou encore Victorticolis - est difforme. Non content de commencer dans la vie par une difformité, il est élevé par une mère qui lui reproche toute son enfance d'être venu au monde en étranglant son frère jumeau avec son cordon ombilical. Il était bien mal parti, Victor. Mais alors que son père trépasse et qu'il faut nourrir son infâme mère, il échappe miraculeusement à sa condition misérable en devenant embaumeur. Victor va alors passer sa vie au milieu de cadavres. Et en la matière, il excelle. Surtout qu'après la Révolution, ce ne sont pas les morts qui manquent, à Paris. 
Un roman qui commence devant les tribunaux : Victor étant promis à la guillotine, il se raconte. Pendant 11 jours. Ses penchants amoureux, son travail auprès des morts, le commerce des organes et le secret de sa fortune... et comment il est devenu l'homme le plus détesté de Paris. 

Mon avis : une vision riche et intéressante du Paris post-Révolution française, qui nous plonge dans un certain obscurantisme, que l'auteure maitrise à la perfection (elle a mis 10 ans à collecter toute la substantifique moelle nécessaire à la rédaction de cet excellent roman !). On est immédiatement happé dans l'univers glauque des embaumeurs de l'époque. On se divertit tout en apprenant sur un sujet que nous n'aurions jamais imaginé aborder... un sujet cru, mais immensément captivant, contre toute attente. 
Le petit plus : tout ce qui relie l'art de l'embaumement avec la peinture et la recherche de pigments de couleurs à l'époque, les organes des morts étant alors l'objet d'un trafic très lucratif... 
Au-delà de l'aspect historique, Isabelle Duquesnoy réussit le pari de nous faire nous attacher à ce Victor, anti-héros par excellence dont on ignore tout du crime jusqu'à la fin, crime qu'on intuite sans pour autant jamais l'imaginer. 
Toutefois, j'ai trouvé quelques passages vraiment dérangeants, et même s'ils ont le mérite d'être replacés dans un contexte historique, je n'ai pas toujours été à l'aise avec l'entièreté du roman.
En conclusion, L'embaumeur est un très bon roman historique, qui mérite d'être lu... sauf pour les âmes sensibles, qui peuvent s'abstenir. Un genre de Parfum à la Patrick Süskind - en un peu moins bien -, qui devrait en ravir les amateurs !







samedi 5 août 2017

Le lecteur de cadavres - Antonio Garrido


Ce roman-ci me vient d'une suggestion de ma belle-soeur Audrey, toujours de très bon conseil quand il s'agit de lectures. Pas forcément le roman vers lequel j'aurais été attirée de moi-même - l'histoire d'un médecin légiste dans la Chine du XIIIème siècle - mais au final une très belle découverte, et j'aurais été très bête de passer à côté.


Aussi, cher lecteur, n'hésite pas à me proposer des idées de romans. Je prends tout, du moment que c'est un roman (polar, science-fiction, fantasy, historique, à l'eau de rose, biographie... amuse-toi !) Ma seule condition : accepter que j'en fasse une critique honnête, que j'ai aimé ou non le livre que tu m'as conseillé. Au pire, ce sera une bonne occasion d'en débattre ensemble 😉


Titre : Le lecteur de cadavres

Auteur : Antonio Garrido

Date de parution : 2014

Résumé : Inspiré d'un personnage réel, Ci Song est un jeune garçon d'origine modeste qui voit la vie lui retirer tout ce qu'il a de plus cher le jour où son frère est arrêté et accusé de meurtre, et que ses parents et sa maison sont détruits par un incendie. Sans rien et recherché par la police, il est contraint de fuir avec sa jeune soeur malade. Afin de survivre à Lin'an, la capitale de l'Empire, il est contraint de devenir fossoyeur et devient bientôt l'un des meilleurs. Grâce à ses talents pour "lire" les cadavres et deviner les causes de leurs décès, il est accepté à la prestigieuse Académie Ming et est très vite convoqué par l'Empereur lui-même pour enquêter sur une série d'assassinats qui sèment le trouble dans la capitale. S'il réussit, la belle vie et une place au sein du Conseil du Châtiment s'offrent à lui ; s'il échoue, c'est la mort. Ainsi, Ci Song devient, un peu malgré lui, le premier médecin légiste de tous les temps. 

Mon avis : au départ dans ce livre, rien de bien excitant. Une couverture un peu poussiéreuse, un thème - la médecine légale - à vouloir laisser les morts là où ils sont, et un pays qui n'est pas ma tasse de thé vert... Mais comme je suis toujours les bons conseils de Dame Audrey, pourquoi baisser les bras avant d'avoir tenté ma chance ? Et finalement, au bout du compte, laissons tomber les préjugés : c'est un excellent roman. Et même l'un des meilleurs que j'ai lu cette année, si vous voulez mon humble avis.
Si vous aimez les romans historiques, vous n'allez pas être déçus. Au-delà de capitaliser sur un pays et sur une époque totalement méconnus de ma petite personne, le sujet du roman, la médecine légale, a le mérite de nous surprendre. Le sujet n'est pas banal, et le traitement en est admirable. On ressort grandi et cultivé de ce roman, qui distille le savoir et les anecdotes de main de maitre. Comme souvent, on apprend qu'avec bien peu de moyens, les avancées scientifiques de nos ancêtres étaient remarquables d'intelligence. 
En outre, la plume est parfaite, et et le roman dégage une atmosphère inégalable. Il combine la noirceur du polar avec l'exotisme et le rigorisme chinois. L'auteur place au coeur de son enquête des codes qui nous échappent, pour encore plus de mystère et de suspense. 
En conclusion, on apprend tout en se divertissant, qualité première d'un roman historique. Les personnages sont captivants, et le roman se transforme vite en polar médiéval avec une fin absolument sublime, à couper le souffle. Les 600 pages sont passées tellement vite... on aimerait que tous les romans soient aussi bien ficelés. Tout invite au voyage dans ce roman digne des plus grands. Un coup magistral !






samedi 9 janvier 2016

Le palimpseste d'Archimède - Eliette Abécassis

Les amis, désolée pour le délai de publication un peu long pour cette critique, il s'est trouvé que le moment que j'ai choisi pour écrire ce billet a également été celui qu'à choisi mon fils pour pointer le bout de son nez. 
Ainsi, petit Jules est né le 19 décembre dernier, décalant de fait la rédaction de cet article (la maman est un peu fatiguée, aussi, je vous remercie par avance pour votre indulgence sur l'orthographe et le contenu de cette critique ;-) 

Nouvelle critique, nouveau genre romanesque. Cette fois-ci, je me suis plongée dans un thriller historique ésotérique d'Eliette Abécassis.

J'avais beaucoup entendu parler de cette auteure, notamment à travers son roman Qumran (que je n'ai pas lu, mais qui est un roman de référence pour mes parents), qui évoque la découverte des manuscrits de la Mer Morte. Eliette Abécassis semblait briller dans le genre du roman théologique. Un genre que j'ai appris à aimer plus tardivement, ce qui explique que je n'ai jamais lu de romans d'Eliette Abecassis avant cette année...

Donc quand ma mère m'a proposé de me prêter Le palimpseste d'Archimède, un roman mêlant meurtres et un mystérieux manuscrit sur Pi rédigé par Archimède qui contiendrait les secrets de l'univers, je me suis dit que c'était l'occasion de découvrir l'auteure ! Même si ce roman n'est pas forcément considéré comme son meilleur, c'était une manière de faire connaissance avec l'univers d'Eliette Abecassis... une belle découverte, qui me donne envie de creuser.


Titre : Le palimpseste d'Archimède

Auteur : Eliette Abecassis

Date de parution : mai 2013

Résumé : Joaquim, étudiant à Normale Sup, est invité par la police à enquêter sur une série de meurtres au sein du corps enseignant de la célèbre école. Il plonge ainsi au cœur d'une suite d'assassinats rituels qui semblent tous ramener au chiffre Pi et à un mystérieux manuscrit attribué à Archimède. Il s'avère que cet écrit est en réalité un palimpseste (un texte que l'on a effacé pour réécrire par dessus) qui pourrait livrer les secrets de l'univers... une raison suffisante de tuer ! 

Mon avis : un bon thriller, pour les amateurs du genre. Eliette Abeccassis a une belle plume, et on se laisse porter par le roman avec grand plaisir. On est finalement assez proche d'un Dan Brown (à la française) et c'est un livre très agréable à parcourir. L'histoire tient la route, l'auteure sait nous tenir en haleine tout au long de l'oeuvre. Ce qui est plaisant également avec ce genre de roman et qui est bien traité ici, c'est l'arrière plan historique et parfaitement bien renseigné. Le palimpseste d'Archimède existe vraiment (incroyable mais vrai !) et de nombreux pans du roman sont également tout à fait réels, ce qui donne le sentiment d'apprendre en s'amusant, ce que j'adore ! Enfin, les personnages sont très bien construits et les relations entre eux sont vraiment passionnantes. Bref, pour les amateurs de thrillers ésotériques, c'est un roman à lire. 
Après, entre nous, ce n'est pas le livre plus prenant que j'ai lu dans le style. Si je me suis laissée porter tout au long de ma lecture, je n'ai pas trouvé que celui-ci se termine en apothéose et finalement, le roman manque un peu d'emphase par rapport aux grands classiques du genre. J'avoue même en avoir un peu oublié l'intrigue depuis ma lecture cet été. 
En conclusion, j'ai pris du plaisir à lire ce roman, mais sans pour autant le trouver inoubliable.


Ma note : 7/10


samedi 3 janvier 2015

Charlotte - David Foenkinos

Charlotte, de David Foenkinos, c'est le Prix Renaudot 2014 et le Prix Goncourt des lycéens 2014. 

Déjà, ça en jette. 
Ça fait peur aussi. Je n'ai jamais personnellement lu de romans primés par ces 2 Prix mais, avant de lire Charlotte, j'en avais un avis proche de mon avis sur la Palme d'Or à Cannes. C'est-à-dire que j'étais persuadé que ce genre de livre primé était soporifique, dans le meilleurs des cas.

Du coup, lorsque Charline m'a prêté Charlotte, et malgré mon goût très prononcé en faveur du style d'écriture de David Foenkinos, j'appréhendais un peu. 

Mais bien m'en a pris de découvrir ce merveilleux livre, sans équivoque le meilleur de cette année de lectures 2014 !!


Titre : Charlotte

Auteur : David Foenkinos

Date de parution : août 2014

Résumé : Charlotte est une biographie romancée de l'artiste-peintre juive-allemande Charlotte Salomon. A Berlin, Charlotte vit les premières heures du nazisme et doit très vite quitter sa famille et le grand amour de sa vie pour se réfugier en France. C'est là qu'elle peindra l'essentiel de son œuvre, retraçant les épisodes douloureux de sa vie. 

Mon avis : Charlotte est de loin le meilleur roman de David Foenkinos. Moi qui ai souvent tendance à vous dire combien j'aime le style de cet auteur mais que ses personnages "normaux" me laissent un peu sur ma faim, ici, tout est parfait. Le style, fait de phrases très courtes placées à la ligne les unes après les autres, est remarquable et nous fait passer des émotions comme jamais. David Foenkinos réussit ici son pari de nous faire vibrer avec le destin d'une artiste exceptionnelle. Si je ne connaissais pas Charlotte Salomon avant de lire le roman, j'ai été extrêmement touchée par ce destin hors du commun, porté par la justesse des mots de David Foenkinos. 
Enfin, Charlotte est le tout premier roman à m'avoir autant bouleversée. Si j'ai lu un certain nombre de romans sur cette période historique, c'est la toute première fois que je me suis retrouvée à pleurer comme une enfant à la fin du roman, n'arrivant pas à tourner cette dernière page... ne voulant pas quitter le livre.
Je ne sais pas si j'ai su vous séduire par ma critique comme je l'ai été par le roman, mais il est impératif que vous découvriez cette belle œuvre d'art, sans quoi j'aurais l'impression d'avoir volé l'auteur ! 
 
Quelques œuvres de Charlotte Salomon :





Ma note : 10/10

samedi 22 novembre 2014

Paris, 1199 - Jean d'Aillon

Paris, 1199 est le deuxième tome des Aventures de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour
J'avais beaucoup aimé le premier tome qui, sur le même principe que les romans de Jean-François Parot, nous transportait dans une intrigue policière à travers les âges, puisque les histoires de Jean d'Aillon se passent sous le règne de Philippe Auguste. Et plus précisément, pour ce nouveau tome, en 1199, à Paris. Un moyen ludique de revisiter l'histoire, notamment celle du moyen-âge que, pour ma part, je maîtrise très mal. 

Et comme Robert de Locksley, alias Robin des Bois, fait partie de l'histoire, j'avoue que j'étais très tentée de le retrouver dans ce second opus... et oui, je l'admets, tout le long du roman, j'ai imaginé Kévin Costner mener l'enquête. On ne se refait pas, j'aime les Kévin ;)


Titre : Paris, 1199 (les aventures de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour)

Auteur : Jean d'Aillon

Date de parution : mai 2010

Résumé : après Marseille, ce nouveau roman nous emmène à Paris, où Robert de Locksley, connu dans sa jeunesse comme le fameux Robin Hood, est missionné par Aliénor d'Aquitaine, à la fois pour retrouver un trésor qu'il est accusé d'avoir volé, mais également pour identifier l'assassin de du roi anglais Richard Cœur de Lion, qui vient de succomber à un carreau d'arbalète empoisonné. Robert demande alors de l'aide à son ami, troubadour et ancien mercenaire, Guilhem d'Ussel. Très vite, Templiers et Cathares se mêlent à cette histoire, qui ne semble pas s'arrêter à Richard
Cœur de Lion, mais vise également son grand ennemi français, le roi Philippe Auguste...

Mon avis : le roman est un peu long à démarrer. Avec son style littéraire inspiré du moyen-âge, et un récit riche en références historiques qui supplantent parfois l'histoire avec un petit "h", j'ai vraiment mis du temps à rentrer dans l'intrigue. 
Cela étant dit, une fois que l'on a compris où l'auteur veut en venir, la deuxième partie du roman est exaltante (et pas seulement du fait de Robin Hood, personnage central de cet opus). Il est vrai que d'avoir bâti l'intrigue principale autour de la tentative de régicide de Philippe Auguste ajoute une dimension Historique, cette fois avec un grand "H", au roman, qui nous plonge dans les jeux de pouvoirs et de contre pouvoir de l'époque. Par ailleurs, la description du Paris du moyen-âge est très intéressante et enrichissante pour nous autres parisiens, qui pouvons faire la comparaison avec la ville actuelle.
En conclusion, un bon roman historique, du moment qu'on aime le moyen-âge et qu'on a la tête bien reposée.

Ma note : 6,5/10

samedi 30 août 2014

Le fantôme de la rue Royale - Jean-François Parrot

Après le "relatif fiasco" de ma tentative de lecture des aventures policières de Voltaire (Frédéric Lenormand), j'ai choisi de poursuivre mon exploration des policiers historiques, et j'ai opté pour un Jean-François Parot. 

Je me suis donc lancée dans Le fantôme de la rue Royale, un roman prêté par ma copine Céline, il y a de ça plus d'un an. D'ailleurs, je tiens à ce titre à la remercier pour sa patience ;-)

Je suis donc passée de Voltaire au troisième opus des aventures de Nicolas le Floch. Même environnement, mais un style littéraire bien différent, plus fluide, qui m'a transportée.


Titre : Le fantôme de la rue Royale

Auteur : Jean-François Parot

Date de parution : 2001

Résumé : notre roman commence sur une fête célébrée à Paris pour le mariage du dauphin, futur Louis XVI, avec Marie-Antoinette. Lors du feu d'artifice de clôture, c'est la catastrophe. Plusieurs fusées partent mal et la place s'enflamme. La panique est générale et on ne compte plus les morts. Nicolas le Floch, déjà sur place, aide les secours. Mais, parmi les cadavres, il remarque une étrange jeune femme, visiblement étranglée, qui tient une drôle de perle noire dans la main. Une double enquête commence : élucider le meurtre de la jeune femme, mais également, à la demande du Roi Louis XV, comprendre l'origine de la catastrophe de la veille...

Mon avis : un très bon opus des aventure de Nicolas le Floch, dans lequel on retrouve l'ensemble des ingrédients qui font le succès de la saga. Si l'idée de base est très proche des aventures de Voltaire de Frédéric Lenormand (un roman historique écrit selon le style littéraire de l'époque), le style est ici bien moins ampoulé. Le roman se lit plus facilement, et la part belle est faite à l'intrigue policière, ce qui rend le roman plus plaisant. On (re)découvre avec grand plaisir les mœurs de l'époque, les intrigues de la Cour, les personnage auxquels on s'est attachés dans les 2 premiers tomes... Par ailleurs, l'intrigue policière est plutôt bonne. 
En conclusion, je conseille ce livre : un bon divertissement, qui nous éclaire culturellement.


Ma note : 7/10




vendredi 1 août 2014

Meurtre dans le boudoir - Frédéric Lenormand

Tous les samedis, mon père écoute l'émission A livre ouvert, diffusée sur France Info, et animée par Valérie Expert avec Gérard Collard, libraire à à la Griffe Noire à Saint-Maur. 

Ayant eu plusieurs coups de cœur pour les livres présentés lors de l'émission, un jour qu'il était dans le coin, il s'est arrêté à la fameuse librairie la Griffe Noire, à Saint-Maur, et a demandé à être conseillé par Gérard Collard, au demeurant très disponible et chaleureux. C'est ainsi qu'il en est ressorti avec une dizaine de livres sous le bras, donc Meurtre dans le boudoir, de Frédéric Lenormand, un roman policier dont Voltaire est le héros.

Comme Gérard Collard lui avait déjà conseillé Nymphéas noirs de Michel Bussi, je me suis dit qu'on partait vraiment sur de bonnes bases, et j'ai emprunté à mon père le roman de Frédéric Lenormand. Avec, du coup, un très haut degré d'exigence, et ce d'autant plus que je suis férue de romans historiques, tels que les Jean-François Parot ou les Jean d'Aillon...


Titre : Meutre dans le boudoir

Auteur : Frédéric Lenormand

Date de parution : février 2012

Résumé : Alors qu'il a déjà fort à faire avec la censure de ses Lettres philosophiques, qu'il nie par ailleurs avoir écrites, Voltaire est missionné sur une nouvelle enquête policière. Un assassin semble tuer certains individus dans leur plus simple appareil, en s'inspirant d'un livre érotique interdit, qui circule pourtant dans la capitale. Ces individus sont des gens d'importance, l'enquête doit donc être diligentée au plus vite. Plus facile à dire qu'à faire, surtout lorsque l'on parle de retrouver un livre licencieux, et son auteur, dans une ville où la censure rode plus que jamais et où il ne fait pas bon avouer être l'auteur de ce genre d’œuvres littéraires... pour ne pas finir à la Bastille ! Voilà donc notre bon Voltaire contraint à visiter tous les lieux de débauches parisiens pour trouver le fin mot de l'histoire...

Mon avis : alors que la promesse était alléchante, j'ai été déçue par ce roman. 
D'un côté, j'ai aimé la plume de l'auteur, qui a voulu, un peu comme Jean-François Parot ou Jean d'Aillon, écrire à la mode du siècle dans lequel se situe son intrigue. Très précis, il décrit de manière extrêmement sérieuse et intéressante, le siècle des Lumières, oscillant entre raison et libertinage. On apprend beaucoup de ce genre de livre. 
D'un autre côté, j'ai trouvé l'intrigue policière un peu courte. En effet, 80% du roman est centré sur la publication (ou la non publication) des Lettres philosophiques de Voltaire, et notre enquête passe totalement au second plan. A tel point que notre meurtrier se retrouve être un personnage très secondaire, qui ne nous a quasiment pas été présenté au cours du roman... 
Un peu frustrée, donc, mais pourquoi pas lire un autre roman de l'auteur, pour comparer.
A lire les (très bonnes) critiques de ses autres ouvrages, je n'ai pas dû tomber sur le bon...

Ma note : 6/10

vendredi 14 février 2014

L'apothicaire - Henri Loevenbruck

Dans la famille Obadia, je prends la belle-sœur Audrey... qui lit autant que moi et qui est de fort bon conseil. M'ayant invitée sur une page facebook privée autour de la lecture, j'ai découvert des tonnes d'idées de bouquins très intéressantes, dont un certain apothicaire qui a semblé recueillir un avis positif général.

Bon, c'est vrai que quand j'ai vu le morceau, j'ai pris un peu peur. 800 pages de roman, c'est pas tous les jours qu'on s'attaque à un pavé pareil ! Du coup, j'ai un peu tergiversé et j'ai privilégié des "petits" livres de 300 pages, faciles à lire et légers. 
Et puis, à un moment donné, quand on vous prête un livre - surtout quand on vous dit qu'il est bien -, il faut sauter le pas pour éviter qu'il prenne la poussière dans la bibliothèque. 
Et c'est vrai que, de temps en temps, se plonger dans une histoire qui prend au tripes, une épopée de plusieurs centaines de pages, ça requinque.

Et pour L'apothicaire, je n'ai pas été déçue ! Un très bon bouquin qu'une fois commencé, je n'ai pas pu lâcher.


Titre : L'apothicaire

Auteur : Henri Loevenbruck

Date de sortie : 2011

Synopsis : 1313. Andréa Saint-Loup est l'un des plus fameux apothicaires de Paris. Un beau matin, il découvre chez lui une pièce vide, dont il n'avait pas le souvenir. Ni lui ni ses domestiques ne semblent se rappeler à quoi a pu servir cette pièce vide ni qui a pu y loger, ce qui plonge Andréa, homme de raison, dans le trouble. Peu de temps après, il remarque une bizarrerie dans l'un des portraits de lui accroché dans sa chambre. Il manque à ses côtés un personnage et, à sa place, un grand vide se dessine. Qui a bien pu figurer avec lui sur ce portrait ? Qui vivait chez lui dans la pièce désormais vide ? Il ne s'en souvient pas. Pris en chasse par de mystérieux cavaliers noirs de la mort et par le Grand Inquisiteur de France, il est contraint de fuir Paris avec son apprenti. Commence alors pour Andréa une course effrénée à travers la France, en quête de survie et de réponses à ses questions...

Mon avis :
  • Les plus : un livre très bien écrit, qui nous saisit dès les premières pages par la fougue de sa plume. C'est le genre de livre qu'on ne peut plus lâcher une fois ouvert. C'est vrai que les romans de type historique, ça peut vite devenir descriptif et pas évident à lire, mais ce n'est vraiment pas le cas de L'apothicaire, qui accroche immédiatement. L'auteur a pris le parti d'écrire en utilisant des expressions du moyen-âge, et j'ai trouvé ça assez chouette. Ça met directement dans l'ambiance. Très vite, il mêle l'épopée à la religion et surtout à l'imaginaire voire à l'ésotérisme. Rien d'étonnant à ce que les Templier, les passages secrets ou encore les cavaliers noirs de la mort s'invitent à la fête. Pour les gens un peu moins tentés par une épopée historique pure, la pointe d'ésotérisme allège le roman et interroge le lecteur. Jusqu'à la fin, on se demande si c'est l'imaginaire ou la rationalité qui l'emportera... je vous invite d'ailleurs vivement à lire l'ouvrage pour le savoir.
  • Les moins : la fin, qu'on adorera ou qui laissera dubitatif. Je n'ai pas encore choisi mon camp.

Note : 9/10

samedi 18 janvier 2014

Vinci - Tomes I & II - Didier Convard et Gilles Chaillet

Pour les 60 ans de mon Papa, mon mari et moi l'avons emmené visiter les châteaux de la Loire.

Au programme de cette folle journée :

- une matinée au Clos Lucé, dernière demeure de Léonard de Vinci, pour un papa fan de sciences,
- un déjeuner à l'excellent restaurant gastronomique d'Amboise Le Lion d'Or (http://www.liondor-amboise.com/) pour un papa fin gourmet,
- et la visite du château de Cheverny et de l'exposition Tintin, dans l'après-midi, pour un papa grand amateur de bandes dessinées belges.


On a donc commencé la journée par le Clos Lucé : dernier château où a vécu Léonard de Vinci, artiste et inventeur de génie, non loin du château d'Amboise. Extrêmement cultivé, mon père nous a alors raconté Léornard de Vinci vu par Freud, nous a démontré que certaines belles inventions exposées ne pouvaient pas fonctionner, et nous a narré de nombreuses anecdotes toutes plus intéressantes les unes que les autres. Il a notamment évoqué une bande dessinée passionnante avec, au scénario, Convard (auteur du fameux Triangle Secret).

Pas étonnant, donc, que je reçoive, pour mon anniversaire, quelques jours plus tard, ladite bande dessinée...


Titre : Vinci (tomes I et II)

Scénario : Didier Convard

Dessin : Gilles Chaillet

Date de sortie : décembre 2011

Synopsis : Après la mort de Léonard de Vinci, François 1er se rend à l'Abbaye de Vauluisant pour y déposer une toile de l'artiste, sous le sceau du secret le plus absolu. Que cache cette oeuvre torturée ? Et à quels secrets renvoie-t-elle ? 1494 : François 1er raconte alors l'histoire du jeune artiste prodige, logé à Milan et témoin de meurtres d'une rare cruauté, où une créature venue d'outre tombe semble emporter avec elle les visages de ses victimes...

Mon avis :
  • Les plus : une bande-dessinée bien construite, comme j'aime. J'ai toujours préféré les BD d'actions aux BD humoristiques, et je n'ai pas été déçue par ces 2 tomes. On reste proche de l'univers de Convard et du Triangle secret, en termes de mystère et en conspiration. On y retrouve une intrigue qui mêle l'histoire artistique et scientifique de Léonard de Vinci à un scénario digne d'un grand polard. La chute est étonnante et vraiment bien amenée. J'en suis restée sans voix.
  • Les moins : grande fan de Van Hamme, j'avoue que les BD de Convard m’emportent un peu moins. Je crois que je préfère les univers riches d'actions de XIII ou Largo Winch, aux univers mystérieux et secrets de Convard. Les dessins, auxquels j'accorde une grande importance en BD, sont également pour moi un peu moins sexy, ce que j'avais déjà ressenti en lisant le Triangle Secret. Vinci reste néanmoins un bon cru pour les amateurs du genre. 

Note : 7/10

vendredi 20 décembre 2013

Les enfants des justes - Christian Signol

Chaque année, le 20 décembre, à l'occasion de la Journée Mondiale de la Solidarité Humaine, Harmonie Mutuelle remet son Prix Solidarité.
Ce Prix récompense un roman de l'année passée, aux valeurs humanistes, de solidarité et d'entraide. Rien d'étonnant, donc, à ce que le roman Les enfants des justes de Christian Signol, ait été primé cette année.

Tous les ans, je lis le roman primé. Je l'attends avec impatience, car il m'emmène souvent sur des terrains que je ne connais pas du tout et m'ouvre donc de nouveaux horizons. 

Il faut quand même avouer que, sur les éditions précédentes, les grands gagnants étaient plus ou moins heureux. Certains étaient même carrément bizarres ou angoissants. 
Heureusement pour moi, et pour nous, le Prix Solidarité 2014 est vraiment un bon cru !


Titre : Les enfants des justes

Auteur : Christian Signol
"Christian Signol est, avec Claude Michelet, l'écrivain le plus populaire de l’École de Brive. C'est en 1984 qu'il a publié son premier livre, Les Cailloux bleus. Au rythme d'un roman par an ensuite, il a bâti une œuvre baignée par le parfum de la terre. Il est heureux de se dire l'héritier d'une longue ligne de gens courageux et fiers, originaire du Périgord par son père et du Quercy par sa mère. D'où des personnages d'une ampleur et d'une sincérité plus vraies que nature où le poids naturel des racines écrase les modes et le parisianisme le plus frelaté." (Source : Quercy.net)

Date de sortie : octobre 2012

Synopsis : C'est l'histoire d'un couple de périgourdins, pendant la seconde guerre mondiale, qui vit juste sur le cours de l'Isle, rivière qui symbolise la démarcation entre la zone occupée et la zone libre françaises. En zone libre, Virgile et Victoria Laborie acceptent volontiers de faire traverser, à l'aide de la barque de Virgile, ceux qui tentent de passer. Un jour, eux qui n'ont jamais pu avoir d'enfants, doivent faire traverser Sarah, puis Elie, 2 jeunes enfants juifs. Ils décident alors de les garder et de les cacher chez eux. Nait ainsi le risque, avec un grand "R" : les contrôles, la dénonciation... rien ne leur sera épargné. Virgile et Victoria font partie des justes qui, dans l'ombre, ont fait beaucoup pour le peuple juif pendant la guerre.

Mon avis :
  • Les plus : un vrai roman basé sur la solidarité. Émouvant et merveilleusement bien écrit, à travers une plume sensible et sincère, il nous transporte dans le quotidien de cette famille ordinaire mais pourtant si exceptionnelle. Comme beaucoup de romans sur le sujet qui ont connu un beau succès (Mon ami Frédéric, Mon bel Oranger...), la simplicité de son écriture fait du roman une perle de la littérature. Ça m'aurait vraiment plu de le lire à l'école, tant l'auteur écrit sobrement et se lit facilement. Amis professeurs, ce message est pour vous ! Christian Signol écrit aussi simplement et ordinairement que la vie des Laborie. Le résultat est comme eux : extraordinaire.
  • Les moins : comme tout les romans ou livres sur le sujet, le thème de fond reste lourd et douloureux. On revient vite à la réalité cruelle de l'Histoire, au travers de ces pages. Et nous, qu'aurions-nous fait ?

Note : 8,5/10

mardi 30 avril 2013

Les enquêtes de Nicolas Le Floch - L'homme au ventre de plomb - Jean-François Parot

Retour à un genre qui me tient à cœur : le roman policier. 

J'ai découvert Jean-François Parot grâce à ma copine Céline, un jour que je venais de lire le roman de Frédéric Lenoir et de Violette Cabesos : "La parole perdue". 

En évoquant avec Céline l'intensité de ce type de roman policier sur fond historique, elle m'a proposé de me faire découvrir les aventures de Nicolas Le Floch. Un style qui me ravit toujours, d'autant plus que j'ai vraiment l'impression d'apprendre (Louis XV, une vraie découverte... j'ai vraiment dû zapper cette période de l'histoire de France au collège !), tout en étant happée par un genre littéraire - le policier - que j'adore et qui me détend...



Titre : Les enquêtes de Nicolas Le Floch - L'homme au ventre de plomb


Auteur : Jean-François Parot 


Date de sortie : Mars 2001


Synopsis : Nicolas Le Floch assiste à un opéra de Rameau, lorsqu'il apprend le suicide du fils du comte et de la comtesse de Ruissec. Il a très vite le sentiment que ce suicide est en fait un meurtre déguisé, d'autant plus que la comtesse, qui lui a donné rendez-vous en secret, est elle-même retrouvée morte. Cette seconde enquête de Nicolas Le Floch le conduira sur les pas des jésuites et d'une conspiration contre le roi Louis XV lui-même...


Mon avis :

  • Les plus : Un roman très bien écrit, prenant, et qui nous plonge au cœur de la Cour de France, entre Louis XV et la marquise de Pompadour. Un vrai bonheur pour les amateurs de polars historiques, pour qui l'intrigue et l'Histoire (avec un grand "H") sont tout aussi importants (comme moi !).  
  • Les moins : La fin est un peu embrouillée et tirée par les cheveux. Parot ne laisse pas la place à l'imagination des lecteurs. Moi qui aime bien essayer de deviner la fin de ce type d'ouvrage, l'auteur ne nous laisse pas assez d'éléments pour nous faire notre avis...


Note : 7/10