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samedi 30 mai 2020

Capitaine Frites d'Arnaud Le Guilcher

D'Arnaud Le Guilcher, j'avais déjà lu En moins bien, un OVNI littéraire comme on n'en avait plus vraiment fait depuis Fantasia chez les ploucs. Même genre. Décalé. Caustique. Cynique. Poilant.
Je n'avais pas autant accroché à ce premier roman que mon père et mon frère, mais il fallait avouer qu'il avait du style, le jeune auteur. 

Et puis j'étais passée à autre chose. Je n'avais pas vraiment prévu d'y revenir. Pas que je n'avais pas aimé, mais j'étais passée à autre chose et je n'ai jamais vraiment eu l'occasion de relire un Arnaud Le Guilcher. Jusqu'à l'an dernier. 

Remettons-nous dans le contexte. Salon du livre Saint Maur en Poche. Un beau week-end ensoleillé. J'avais convaincu mon père de faire une virée à Saint-Maur-des-Fossés, pour nous rendre à cet incroyable Salon littéraire de plein air 100 % gratuit. Avec des auteurs accessibles et des montagnes de livres de poches. Le paradis, en somme. J'avais mes auteurs, mon père avait les siens. On s'est échangé les bons plans, et je suis repartie avec une tonne de bons bouquins. Dont Arnaud Le Guilcher. Capitaine frites. Dédicacé. 
J'ai adoré la personne. Aussi intéressante et tourmentée que ses romans. D'une générosité à toute épreuve. J'ai adhéré à l'homme, j'ai ramené un des ses bouquins à la maison. 

J'espère qu'il sera là l'année prochaine, je dévaliserai son stand ;) Ça tombe bien, il me reste un certain nombre de ses romans à dévorer.


Titre : Capitaine frites

Auteur : Arnaud Le Guilcher

Date de parution : août 2016

Éditeur : Robert Laffont


Résumé : Arthur vient de divorcer. Un divorce qui pourrait se qualifier de cauchemardesque, et ça reste un euphémisme. Alors il décide de fuir. Loin. Très loin de Paris. À Yabaranga, capitale chaotique du Konghia, un pays imaginaire d'Afrique centrale. C'est là que tout part en vrille. Il se retrouve pris entre un Président totalitaire domicilié dans une immense tour jamais achevée, une bande de rastas blancs, des tamanoirs envahissants, et des envies d'élevages du plus grand poisson d'eau douce jamais recensé. Alors qu'il commence à se faire à cette nouvelle vie burlesque mais pas désagréable, une ombre vient noircir le tableau : son ex-femme débarque...

Mon avis : sur le papier, Capitaine frites ne casse pas trois pattes à un canard. La quatrième de couverture, bien que sympathique, ne m'avait pas fait sauter au plafond, et ce n'est que quelques mois plus tard que je me décidais à lire ce roman. Et j'ai pris une vraie claque. L'écriture est magistrale, le garçon a un vrai talent. C'est improbable, insolite, ubuesque... du rarement vu. Cynique, mais désopilant. Qu'est-ce qu'on rigole ! Dopez vos zygomatiques avant de commencer le livre, sinon vous aurez des crampes de première classe. Qu'est-ce qu'on est bringuebalé dans ce bouquin, mais qu'est-ce qu'on se délecte ! Un vrai petit bijou. Une cure de bonne humeur. On ne lâche pas le roman du début à la fin, fin qui arrive un peu trop vite, d'ailleurs. On aurait bien demandé un peu de rab. Bref, un roman à l'image de son auteur : cynique, un peu paumé, mais réconfortant et empreint de générosité. Moi, perso, j'achète, et plutôt deux fois qu'une !!





samedi 5 août 2017

Le lecteur de cadavres - Antonio Garrido


Ce roman-ci me vient d'une suggestion de ma belle-soeur Audrey, toujours de très bon conseil quand il s'agit de lectures. Pas forcément le roman vers lequel j'aurais été attirée de moi-même - l'histoire d'un médecin légiste dans la Chine du XIIIème siècle - mais au final une très belle découverte, et j'aurais été très bête de passer à côté.


Aussi, cher lecteur, n'hésite pas à me proposer des idées de romans. Je prends tout, du moment que c'est un roman (polar, science-fiction, fantasy, historique, à l'eau de rose, biographie... amuse-toi !) Ma seule condition : accepter que j'en fasse une critique honnête, que j'ai aimé ou non le livre que tu m'as conseillé. Au pire, ce sera une bonne occasion d'en débattre ensemble 😉


Titre : Le lecteur de cadavres

Auteur : Antonio Garrido

Date de parution : 2014

Résumé : Inspiré d'un personnage réel, Ci Song est un jeune garçon d'origine modeste qui voit la vie lui retirer tout ce qu'il a de plus cher le jour où son frère est arrêté et accusé de meurtre, et que ses parents et sa maison sont détruits par un incendie. Sans rien et recherché par la police, il est contraint de fuir avec sa jeune soeur malade. Afin de survivre à Lin'an, la capitale de l'Empire, il est contraint de devenir fossoyeur et devient bientôt l'un des meilleurs. Grâce à ses talents pour "lire" les cadavres et deviner les causes de leurs décès, il est accepté à la prestigieuse Académie Ming et est très vite convoqué par l'Empereur lui-même pour enquêter sur une série d'assassinats qui sèment le trouble dans la capitale. S'il réussit, la belle vie et une place au sein du Conseil du Châtiment s'offrent à lui ; s'il échoue, c'est la mort. Ainsi, Ci Song devient, un peu malgré lui, le premier médecin légiste de tous les temps. 

Mon avis : au départ dans ce livre, rien de bien excitant. Une couverture un peu poussiéreuse, un thème - la médecine légale - à vouloir laisser les morts là où ils sont, et un pays qui n'est pas ma tasse de thé vert... Mais comme je suis toujours les bons conseils de Dame Audrey, pourquoi baisser les bras avant d'avoir tenté ma chance ? Et finalement, au bout du compte, laissons tomber les préjugés : c'est un excellent roman. Et même l'un des meilleurs que j'ai lu cette année, si vous voulez mon humble avis.
Si vous aimez les romans historiques, vous n'allez pas être déçus. Au-delà de capitaliser sur un pays et sur une époque totalement méconnus de ma petite personne, le sujet du roman, la médecine légale, a le mérite de nous surprendre. Le sujet n'est pas banal, et le traitement en est admirable. On ressort grandi et cultivé de ce roman, qui distille le savoir et les anecdotes de main de maitre. Comme souvent, on apprend qu'avec bien peu de moyens, les avancées scientifiques de nos ancêtres étaient remarquables d'intelligence. 
En outre, la plume est parfaite, et et le roman dégage une atmosphère inégalable. Il combine la noirceur du polar avec l'exotisme et le rigorisme chinois. L'auteur place au coeur de son enquête des codes qui nous échappent, pour encore plus de mystère et de suspense. 
En conclusion, on apprend tout en se divertissant, qualité première d'un roman historique. Les personnages sont captivants, et le roman se transforme vite en polar médiéval avec une fin absolument sublime, à couper le souffle. Les 600 pages sont passées tellement vite... on aimerait que tous les romans soient aussi bien ficelés. Tout invite au voyage dans ce roman digne des plus grands. Un coup magistral !






samedi 30 mai 2015

Christian Bobin - Tout le monde est occupé

Bonjour à tous. Ça fait un petit moment que je n'ai pas publié sur ce blog. Au temps pour moi, ce n'est pas que je n'ai pas assez lu, au contraire. C'est juste que les romans s'empilent sans que je prenne le temps de vous en faire la critique. 

Alors aujourd'hui, je me remets à l'ouvrage pour vous parler d'un de mes livres de chevet préférés. Ils sont peu nombreux ceux que j'aime relire régulièrement, mais celui-ci en fait partie. Un livre que j'ai découvert jeune, mais qui, au fil des années, continue de me procurer un émerveillement toujours intact. Un livre qui s'enrichit de sens en même temps que je muris, car chaque phrase livre son sens en fonction de l'humeur, de l'âge ou du vécu de chacun. A chaque lecture, c'est un nouveau conte philosophique que je redécouvre. Un peu comme Le petit Prince, en quelque sorte. 

Tout le monde est occupé, de Christian Bobin. Un livre de la bibliothèque de mon père que je chéris comme la prunelle de mes yeux. Il y a quelques années, quand on a déménagé à Saint Cyr l'Ecole, je me suis dit qu'il était enfin temps que j'en possède un exemplaire pour moi. Pour pouvoir m'émerveiller de la beauté de cette écriture dès que l'envie m'en prendrait. 
Allez savoir pourquoi, c'est aussi l'un des rares romans de Christian Bobin parfaitement introuvable, même sur Internet. Ça a ainsi été l'une des mes seules satisfaction d’avoir mis mon nez au Salon du Livre de Paris : trouver ce précieux sésame, enfin !


Titre : Tout le monde est occupé

Auteur : Christian Bobin

Date de parution : 1999

Résumé : "Je m'appelle Manège, j'ai neuf mois et je pense quelque chose que je ne sais pas encore dire. Entrez dans ma tête. Mon cerveau est plié en huit comme une nappe de coton. En huit ou en seize. Dépliez la nappe, voilà ma pensée de neuf mois : d'une part, les coccinelles n'ont pas bon goût. D'autre part, les ronces brûlent. Enfin, les mères volent. Bref, rien que d'ordinaire. Il n'y a que du naturel dans ce monde. Ou si vous voulez, c'est pareil : il n'y a que des miracles dans ce monde".
Tout le monde est occupé est un conte pour adulte dans lequel Ariane (la mère de Manège), est une jeune femme radieuse qui enchante tout ce qu'elle touche : ses employeurs dans la vie desquels elle fait le ménage avec un sourire contagieux, ses enfants nés de rêves et de pères envolés…  

Mon avis : que de talent, que de poésie ! Christian Bobin a une plume inimitable et enchanteresse, que j'ai bien du mal à décrire et à commenter. Tout se ressent comme une émotion pure, l'auteur nous fait nous envoler avec lui dans un monde d'émerveillement. Les personnages sont attachants de simplicité et de folie. L'histoire, simple mais extrêmement belle, nous apporte des émotions d'une force incroyable. On se laisse happer par tant de belles phrases, on se laisse porter par la mélodie poétique de ce roman flamboyant. A travers Tout le monde est occupé, Christian Bobin utilise l'incroyable pour nous parler du naturel. Et aussi surréaliste que son roman puisse paraitre, on se laisse bercer par tant de poésie et d'amour. Chaque phrase est travaillée comme un tableau de Claude Monet, avec effets et reliefs, et si on aime se perdre dans chaque détail, c'est en se reculant qu'on découvre l'ensemble, qui est tout simplement beau.
Évasion et poésie garantis avec cette petite pépite de la littérature française !


Ma note : 10/10

samedi 3 janvier 2015

Charlotte - David Foenkinos

Charlotte, de David Foenkinos, c'est le Prix Renaudot 2014 et le Prix Goncourt des lycéens 2014. 

Déjà, ça en jette. 
Ça fait peur aussi. Je n'ai jamais personnellement lu de romans primés par ces 2 Prix mais, avant de lire Charlotte, j'en avais un avis proche de mon avis sur la Palme d'Or à Cannes. C'est-à-dire que j'étais persuadé que ce genre de livre primé était soporifique, dans le meilleurs des cas.

Du coup, lorsque Charline m'a prêté Charlotte, et malgré mon goût très prononcé en faveur du style d'écriture de David Foenkinos, j'appréhendais un peu. 

Mais bien m'en a pris de découvrir ce merveilleux livre, sans équivoque le meilleur de cette année de lectures 2014 !!


Titre : Charlotte

Auteur : David Foenkinos

Date de parution : août 2014

Résumé : Charlotte est une biographie romancée de l'artiste-peintre juive-allemande Charlotte Salomon. A Berlin, Charlotte vit les premières heures du nazisme et doit très vite quitter sa famille et le grand amour de sa vie pour se réfugier en France. C'est là qu'elle peindra l'essentiel de son œuvre, retraçant les épisodes douloureux de sa vie. 

Mon avis : Charlotte est de loin le meilleur roman de David Foenkinos. Moi qui ai souvent tendance à vous dire combien j'aime le style de cet auteur mais que ses personnages "normaux" me laissent un peu sur ma faim, ici, tout est parfait. Le style, fait de phrases très courtes placées à la ligne les unes après les autres, est remarquable et nous fait passer des émotions comme jamais. David Foenkinos réussit ici son pari de nous faire vibrer avec le destin d'une artiste exceptionnelle. Si je ne connaissais pas Charlotte Salomon avant de lire le roman, j'ai été extrêmement touchée par ce destin hors du commun, porté par la justesse des mots de David Foenkinos. 
Enfin, Charlotte est le tout premier roman à m'avoir autant bouleversée. Si j'ai lu un certain nombre de romans sur cette période historique, c'est la toute première fois que je me suis retrouvée à pleurer comme une enfant à la fin du roman, n'arrivant pas à tourner cette dernière page... ne voulant pas quitter le livre.
Je ne sais pas si j'ai su vous séduire par ma critique comme je l'ai été par le roman, mais il est impératif que vous découvriez cette belle œuvre d'art, sans quoi j'aurais l'impression d'avoir volé l'auteur ! 
 
Quelques œuvres de Charlotte Salomon :





Ma note : 10/10

lundi 9 juin 2014

"Livre ou film ? n°3" : Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire

Il y a environ 15 jours, j'ai appris que l'adaptation cinématographique du Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, merveilleux roman de Jonas Jonasson (pour mémoire, mon tout premier billet sur ce blog, roman auquel j'avais donné la note de 10/10 : 
http://mesamismesamoursmeslectures.blogspot.fr/2013/02/le-vieux-qui-ne-voulait-pas-feter-son.html), allait enfin sortir au cinéma.

Ni une ni deux, je programme l'une de mes rares sorties ciné pour le week-end d'après. 
J'avais quand même un peu peur d'être déçue. C'est vrai que j'avais tellement adoré le roman, divinement loufoque et croquignolesque, que j'avais peur que le film soit un cran en dessous. Il faut dire que la promesse du livre était sacrément forte ! 
Finalement, la curiosité l'a emporté... à tel point que ne passant qu'en V.O. dans le coin, je me suis fendue du film en suédois... 

De quoi ça parle ?

Allan s'apprête à fêter son centième anniversaire, avec, pour l'occasion, tout le gratin local convié à la maison de retraite. Mais, pris d'un coup de folie, vêtu de son pyjama et de ses charentaises, il décide de passer par la fenêtre et de s'enfuir. Le lecteur suit ensuite Allan dans ses péripéties. Il vit avec lui sa course folle à travers la Suède, pour échapper à la police locale qui est à ses trousses ainsi qu'à quelques membres - un peu débiles - de la mafia locale (Allan a en effet quelque peu énervé quelques malfrats en subtilisant "par inadvertance" une valise pleine de billets de banques à la gare routière). 

Dans le même temps, on se délecte de bribes de la vie d'Allan, à travers un voyage improbable dans le temps. En effet, ancien artificier, il a rencontré malgré lui les plus grands de ce monde : Franco, Staline, Truman...

Alors, le livre ou le film ?

Encore une fois, le livre, sans aucune hésitation ! Tout l'humour, la loufoquerie d'Allan, que j'aime comparer à un Forest Gump des temps modernes, est passée complètement à la trappe dans cette mièvre adaptation. Ce film qui ressemble bien plus à un film d'auteur un peu raté qu'à la comédie barrée qu'on pouvait attendre. 
Du coup, ce potentiel chef d’œuvre (qui aurait vraiment été classé au rang de chef d’œuvre s'il s'était un tant soit peu inspiré du grand Forest Gump), n'en est absolument pas un et m'a laissée complètement sur ma faim ! 
Si le film tente pourtant de rester fidèle à l'intrigue du livre, ce qui pourrait plaire à certaines personnes qui n'ont pas lu le roman, il manque complètement de profondeur et de nombreuses scènes ont été coupées, ce qui fait du film un pâle résumé sans âme du roman
Pour moi, les acteurs n'ont, en plus, pas du tout la carrure des personnages du livre (à part quelques seconds rôles, dont les méchants, plutôt bien campés). C'est notamment le cas d'Allan, le personnage principal qui, au lieu d'être un personnage totalement loufoque et un grand génie malgré lui, passe ici pour un alcoolique complètement paumé auquel on a du mal à adhérer. 

Du coup, vous l'aurez compris, évitez le film. Mais courrez chez votre libraire la plus proche acheter le bouquin : vous ne le regretterez pas !
 

dimanche 4 mai 2014

"Livre ou film ? n°2" : Le liseur (Bernhard Schlink) vs The reader (Stephen Daldry)

Pour cette deuxième "Battle", je suis partie sur un genre littéraire complètement différent. Je vous avais laissés sur un ouvrage de science-fiction de Philipp K. Dick et je vous retrouve sur un drame se déroulant en Allemagne durant la seconde guerre mondiale.

C'est un roman que j'ai découvert il y a un certain temps maintenant, et j'ai enfin pris le temps d'en regarder l'adaptation cinématographique, avec Kate Winslet et Ralph Fiennes. 

Ce qui me connaissent bien savent que Kate Winslet compte parmi mes actrices préférées, et cela n'est pas uniquement dû à sa prestation dans Titanic ;)

Alors pourquoi attendre si longtemps ? 
A cause d'un mari qui s'appelle Kévin et qui, je le savais n'apprécierai pas le film. J'ai donc attendu d'avoir un moment à moi, durant lequel j'étais dans de bonnes dispositions pour regarder ce genre de film quand même un peu angoissant, et j'ai sauté sur l'occasion.

De quoi ça parle ?

Le liseur, c'est l'histoire d'un jeune lycéen de 15 ans, Michael, qui fait la connaissance, un jour où il est très malade, d'Hanna Schmitz, une employée de tramway qui a le double de son âge. Alors que le garçon se sent mal, elle lui procure de premiers soins. Guéri, il décide de retourner chez elle pour la remercier. Une étrange histoire d'amour se crée alors entre les 2 personnages, autour de séances de lectures à voix haute que lui fait le garçon. Un jour cependant, Hanna disparait sans laisser de trace, dévastant le jeune homme.

Quelques années plus tard, Michael, alors étudiant en droit, retrouve Hanna sur le banc des accusées d'un tribunal jugeant 3 femmes pour leur rôle dans la Shoah. Lors de ce procès, il comprend alors subitement pourquoi Hanna aimait qu'il lui fasse la lecture : elle ne sait pas lire... Alors qu'elle est emprisonnée à vie, il décide de lui faire parvenir des cassettes enregistrées où il lui lit les plus grands romans... et l'histoire reprend presque là où elle s'était arrêtée, avant la guerre.


Alors, le livre ou le film ?

Le livre, sans aucune hésitation !
Malgré l'Oscar bien mérité décerné à Kate Winslet pour sa prestation, le film est d'une platitude à couper le souffle. Quand on imagine ce qui aurait pu être fait à partir du livre, c'est vraiment dommage. Tout passe trop vite et les émotions explosives du le roman sont complètement étouffées dans cette adaptation d'une tristesse absolue.

Or, le livre est écrit avec une plume magistrale.  La palette des sentiments exposés y est extraordinaire, un vrai travail d'orfèvrerie :
  • Les séances de lecture amènent une force indescriptible à l'histoire d'amour entre les 2 personnages, encore amplifiée dans la seconde partie du roman, quand on comprend pourquoi Hanna faisait lire le jeune homme. 
  • Le procès arrive alors comme un roulement de tambour. Laissés dévastés par la fuite d'Hanna, nous étions bien loin de nous imaginer ce retournement de situation. C'est alors l'incompréhension : comment cette femme, si passionnée autrefois, a pu commettre de tels crimes pendant la guerre. Des meurtres sans ciller, qui font froid dans le dos. L'horreur ordinaire : une femme comme les autres, poussée à commettre l'irréparable.
  • Enfin, la révélation : une femme qui ne sait pas lire. Toute la beauté du roman s'en trouve magnifiée et l'horreur, si elle n'est pas  chassée (loin de là), laisse sa place au retour des séances de lecture. Le jeune garçon devenu grand choisit, malgré tout, de l'aider en lui faisant parvenir les cassettes. On retrouve ici la passion d'autrefois, amplifiée par le drame qui vient de se jouer.
Vous l'aurez compris, ce livre, d'une beauté absolue, a été un véritable coup de cœur. A l'époque, j'ai dû le prêter à une demi douzaine de personnes, tellement il m'avait secouée. Le film intervient comme un second drame. Il détruit tous les sentiments que le livre avait fait naitre pour ne laisser que l'histoire, vide de sens...

Comme disait le journal Le Monde dans un article publié le 14 juillet 2009 au sujet du film : "il illustre la manière dont Hollywood peut pervertir les meilleurs intentions du monde."

C'est tout à fait mon sentiment : courrez acheter le livre et, ensuite, fuyez le film (vous aurez bien d'autres occasions de voir briller Kate Winslet) !



dimanche 27 avril 2014

Nymphéas noirs - Michel Bussi

Après avoir dévoré Un avion sans elle, du même auteur, j'ai laissé de côté les autres romans en attente sur ma liste de lecture pour dévorer les Nymphéas noirs. Il faudra me rappeler de faire confiance à l'avenir au jugement avisé de ma belle-sœur Audrey en matière de roman, car les livres qu'elle me conseille se révèlent quasi-systématiquement être de pures merveilles. C'est le cas de ces Nymphéas noirs, roman qui, s'il est un peu plus lent qu'Un avion sans elle, est à mon sens encore meilleur.

Titre : Nymphéas noir

Auteur : Michel Bussi

Date de sortie : 2011

Résumé : l'histoire se passe à Giverny, village mondialement connu pour y avoir abrité le génie de la peinture Claude Monet. Jérôme Morval y est retrouvé assassiné. Sous fond d'impressionnisme et de jalousies, l'auteur nous fait découvrir le destin de 3 femmes que tout oppose. Fanette, la jeune prodige de la peinture, Stéphanie, l'institutrice resplendissante au mari jaloux, et une vieille dame, qui observe dans l'ombre le dénouement de l'histoire. C'est principalement à travers leurs yeux que l'avancée de l'enquête nous est présentée.

Mon avis :
  • Les plus : tout ceux qui l'ont lu peuvent en témoigner, le grand "plus" de ce livre est son dénouement, totalement inattendu. J'ai beau avoir lu une cinquantaine de romans policiers, je n'ai rien vu venir, pour mon plus grand plaisir. Michel Bussi n'a rien à envier aux maitres du genre. La fin est tout simplement renversante. Agrémenté d'une écriture particulièrement agréable et de touches d'impressionnisme comme je les aime, je n'ai pas peur de dire que ce roman est un petit bijou de la littérature policière. J'en redemande.
  • Les moins : le livre a la douceur de vivre de Giverny, mais donne parfois une sensation de lenteur qui peut déstabiliser. Nous sommes loin du rythme effréné d'Un avion sans elle, mais cette lenteur est largement compensée par la fin exceptionnelle !
  •  
Note : 9,75/10

samedi 23 février 2013

"Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire" - Jonas Jonasson

1er billet de ce blog... Je ressens une certaine pression, forcément. 

Par quel livre commencer ? C'était une sacré question. Le dernier que j'ai lu ? Pourquoi pas, mais ce n'était pas LE livre pour entamer la rédaction d'un blog.
Je voulais un livre qui en impose, un livre grandiose, un livre qu'y m'ait fait vibrer. Un livre qui montre que je ne lis pas n'importe quoi. Que j'ai un certain goût. 

Et "Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire" s'est imposé à moi. Pas forcément le livre le plus récent, mais l'un des derniers livres qui m'ait transportée. 
En 2 mots : du lourd !

Titre : Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire

Auteur : Jonas Jonasson

Date de sortie : 2011

Synopsis : Allan s'apprête à fêter son centième anniversaire, avec, pour l'occasion, tout le gratin local - Maire et autres redede - convié à la maison de retraite. Pris d'un coup de folie, vêtu de son pyjama et de ses charentaises, il passe alors par la fenêtre et s'enfuit. 
Le lecteur suit ensuite Allan dans ses péripéties. Il vit avec lui sa course folle à travers la Suède, pour échapper aux autorités (comprendre la Maison de retraite, les flics et les redede vexés de s'être déplacés pour rien) ainsi que pour échapper aux pontes - un peu débiles - de la mafia locale (Allan a en effet quelque peu énervé quelques malfrats en subtilisant "par inadvertance" une valise pleine de billets de banques à la gare). 
Dans le même temps, on se délecte de bribes de la vie d'Allan, à travers un voyage improbable dans le temps. En effet, ancien artificier, il a rencontré les plus grands de ce monde : Franco, Staline, Truman... 


Mon avis : 

  • Les plus : un livre jubilatoire !  Forrest Gump des temps modernes, Allan nous transporte à travers des situations plus improbables les unes que les autres. Après le "vol accidentel" des billets de banque, on se demande quel va bien pouvoir être l'intérêt du livre. Une course-poursuite, c'est a priori un peu banal, et ça ne fait pas un livre.  Mais c'est là que l'on découvre le génie de l'auteur, qui nous tient en haleine du début à la fin du roman, avec un style corrosif propre à lui.  On se demande même quand son imagination va bien pouvoir s'arrêter. Plus s'est fou, plus on jubile, et plus l'auteur en rajoute. Quant au passé d'Allan, il est encore plus improbable que son présent, et l'ouvrage s'achève en apothéose ! Rien d'étonnant à ce qu'un film soit en préparation...
  • Les moins : vous l'aurez compris, à mon sens, il n'y en a pas. Peut-être que les plus sceptiques ne se laisserons pas dompter par les aventures saugrenues de notre petit vieux, mais ce serait tellement dommage !

Note : 10/10