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samedi 25 avril 2020

"Le livre ou le film ? n°13" : Le Concile de pierre de Jean-Christophe Grangé

Comme je l'ai déjà évoqué, en matière d'auteurs de best-sellers, j'ai encore quelques trous dans la raquette et je suis bien souvent passée à travers certaines célébrités. C'est le cas de Jean-Christophe Grangé, dont je n'ai découvert le Vol des cigognes que sur le tard, cédant à l'insistance de mon mari, grand amateur de l'auteur. 

Il faut dire que de Grangé, je ne connaissais que les films, et je n'avais jamais vraiment été conquise par le peu que ceux-ci m'avaient donné à voir (dont L'empire des loups, Les rivières pourpres...). 
Surtout que, récemment, j'avais eu l'occasion de le rencontrer  au Salon du livre de Saint Maur en Poche, où j'avais été lui demander un autographe pour mon mari. J'en étais repartie avec une perception en demi-teinte (de Jean-Christophe Grangé, pas de mon mari), voire carrément négative : pas aimable, désabusé, une participation à un Salon qui semblait le "gonfler" pour rester polie... Du coup, j'avais une perception de l'auteur assez mitigée : "je suis célèbre, donc je vous emmerde", en quelques mots... Le genre qui me fait fuir radicalement.

Mais comme je suis tombée sur par hasard sur le Concile de pierre dans la PAL (Pile À Lire) de ma tante, et que je n'aime pas m'arrêter à une première impression, j'ai persévéré. Comme j'avais plutôt bien aimé le Vol des cigognes, bien que très - voire trop - glauque, je me suis dit "pourquoi ne pas retenter ?". 

Entrons donc à nouveau dans l'antre de M. Grangé... mais ne nous y attardons pas trop. 



Titre : Le Concile de pierre

Auteur : Jean-Christophe Grangé

Date de parution : août 2000

Éditeur : Albin Michel


Quelques infos sur le film :
  • De : Guillaume Nicloux
  • Avec : Monica Bellucci, Sami Bouajila, Moritz Bleibtreu, Elsa Zylberstein et Catherine Deneuve
  • Date de sortie : 2006






De quoi ça parle ?

Diane Thiberge adopte un enfant dans un orphelinat thaïlandais. Le petit Lu-Sian, dit Lucien. Elle ne se doute pas alors que sa vie va profondément changer, mais pas dans le sens où elle aurait pu l'imaginer. Une série de meurtres se produit dans son entourage et qui sont liés au petit garçon. Alors que Lu-Sian est enlevé, sa nouvelle mère se lance à sa recherche. Une recherche qui va la conduire sur les traces des ancêtres de l'enfant, en Mongolie, où une effroyable vérité l'attend. 



Le livre ou le film ?

En ce qui concerne le livre, le style est à la hauteur de l'image que je m'étais faite du bonhomme. Plutôt de bonne facture - tout ce qu'il faut pour faire un best-seller -, mais glauque et suffisant à souhait. Tout ce que le personnage m'avais laissé comme impression malaisante sur le Salon du livre de Saint Maur se retrouve disséminé dans ses écrits. 
Oui, Monsieur Grangé, le style est bon. Mais vous écrivez un peu toujours la même chose de la même manière, et vos histoires alambiquées sont finalement peu crédibles. Sans compter un fond désagréable et qui met mal à l'aise le lecteur, sans savoir vraiment quoi. Il parait que c'est le but... 
Grangé semble adorer l'entre deux : ici, le passage du thrilleur au fantastique. Pas moi. C'est un réel parti pris, mais qui rend l'ensemble un peu grossier et  m'a fait perdre le fil du roman.  

Néanmoins, ne jetons pas le Concile de Pierre à ce pauvre Grangé, car il y a bien pire : le film. Il est vrai que ce dernier partait sur un terrain tellement glissant, que je ne vois pas comment l'adaptation cinématographique aurait pu donner quoi que ce soit. Et inévitablement, ce film n'est vraiment pas une grande réussite, loin de là ! Il pointe du doigt une vérité propre à Jean-Christophe Grangé : ses adaptations sont ratées.  

En conclusion, si vous le souhaitez, vous pouvez lire le livre, qui se lit, mais qui - disons-le franchement -  ne changera pas votre vie !






samedi 21 mars 2020

"Le livre ou le film ? n° 12" : Da Vinci Code de Dan Brown

Pour ce nouveau billet de blog, explorons un livre qui ne date pas vraiment d'hier... le Da Vinci Code. Cela étant dit, de temps en temps, j'aime bien vous faire découvrir un classique de la littérature, soit parce que je l'ai lu sur le tard, soit parce que je l'ai relu après la création de ce blog.

Dans le cas de ce livre, c'est moi qui suis complètement à la ramasse, ne l'ayant lu que plusieurs années après sa parution. Alors, pourquoi un tel retard, me direz-vous ?
La réponse est simple... initialement, ce roman m'avait été offert par un ex, qui me l'avait chaudement recommandé. A l'époque, j'étais novice dans la lecture de ce type de romans initiatiques, ésotériques, ou quelle que soit la catégorie à laquelle on le rattache. 
Aussi, quand notre histoire s'est finie, j'ai rangé le roman dans ma bibliothèque et l'ai repoussé à plus tard, le temps que les choses pas forcément en lien avec le livre mais pouvant en impacter ma perception se tassent. Et comme je ne connaissais ni son auteur ni le style littéraire, je ne savais pas encore que je ratais quelque chose. 

Et puis, doucement, avec le temps, j'ai oublié le roman dans ma bibliothèque, où il a petit à petit pris la poussière... et finalement, je l'y ai retrouvé très tardivement, il y a quelques mois de cela.

Pareil pour le film, que j'ai mis un petit moment à visionner, même après sa sortie, toujours pour les mêmes raisons. J'ai donc découvert l'oeuvre par le cinéma, une fois n'est pas coutume... l'ayant beaucoup appréciée, je me suis alors enfin décidée à lire ce fameux roman qui avait propulsé son auteur au rang de superstar planétaire. 


Titre : Da Vinci Code

Auteur : Dan Brown

Date de parution : 2004

Éditeur : Jean-Claude Lattès


Quelques infos sur le film :

  • De : Ron Howard
  • Avec : Tom Hanks, Audrey Tautou, Jean Reno, Ian McKellen, Paul Bettany...
  • Date de sortie : mai 2006






De quoi ça parle ?

Da Vinci Code est le second volet des aventures de Robert Langdon, professeur symbologiste découvert dans Anges & Démons
Tout commence quand tout accuse Robert Langdon du meurtre de Jacques Saunière, Conservateur du Louvre. En effet, celui-ci, juste avant de mourir, a tracé sur le sol du célèbre musée "P.S. trouver Robert Langdon". Sophie Neuveu, la petite-fille du Conservateur, croit cependant à l'innocence du professeur et lui propose de l'aider à s'échapper s'il décrypte pour elle les symboles laissés par son grand-père et s'il l'aide à trouver le vrai meurtrier. Ensemble, ils sont pris au milieu d'une conspiration n'ayant pour autre objectif que de garder le plus vieux secret de l'humanité : Jésus aurait eu une descendance...


Le livre ou le film ?

Pas évident. 
Le livre est réellement très bien construit et haletant, et une chose est sûre, il aurait été vraiment dommage de le laisser dormir une seconde de plus dans ma bibliothèque. Ce qui est certain, c'est que sa réputation n'est pas usurpée, malgré le scandale qui a entouré sa sortie en lien avec la théorie qu'il développe (Jésus, une descendance, qu'avez-vous dit là ??? Blasphème !! ). On ne lit pas ce roman, on le dévore ! Moi qui ne suis pas fan des romans conspirationnistes ou même ésotériques, force est de constater que celui-ci m'a vraiment mis le pied à l'étrier. Ce n'est pas pour rien que le Da Vinci Code est le (re)déclencheur de la passion du grand public pour ce genre littéraire et, pour cela, il est difficile de bouder le roman. Si l'on est définitivement, à travers ce roman, dans un registre "best seller", que d'aucuns peuvent regretter, le style et le synopsis sont néanmoins redoutablement efficaces !


Concernant l'adaptation cinématographique, elle est plus que fidèle au roman et les amateurs de films à grand spectacle seront ravis. Il résume bien l'ensemble, même si comme souvent il élude certains des meilleurs passages et procède à quelques coupes maladroites, pour une questions de temps principalement (le film dure plus de 2h30). 
Concernant les personnages, certains, comme celui du prête albinos, sont campés à l'écran par des acteurs à l'interprétation magistrale. Paul Bettany, malgré un personnage au rabais par rapport à celui du roman, est exceptionnel et je ne crois pas pouvoir un jour me détacher de son interprétation du personnage de Silas, tellement elle m'a marquée.  
Les autres protagonistes sont nettement moins intéressants. Certes, on aime tous Tom Hanks, mais il n'est pas doté du plus grand charisme dans ce film - à l'image de son personnage toutefois - et quant à Audrey Tautou, on pourrait en regretter le choix. Il leur fallait une figure française : je ne sais pas si elle était la meilleure option pour le rôle. Cela étant dit, vu notre vivier français, je ne sais pas non plus si un autre choix aurait donné un meilleur relief à son personnage...


En conclusion, j'opterais pour le livre cette fois-ci, comme souvent d'ailleurs. Mais pour ceux qui n'ont pas le temps, le film est une bonne adaptation, quoique tronquée, qui a eu le mérite de propulser l'auteur dans une autre dimension en matière de notoriété...




samedi 25 janvier 2020

Le palmarès Figaro Littéraire/GfK des 10 romanciers français qui vendent le plus

Avec une petite semaine de retard, je vous poste mon traditionnel article annuel de décryptage du classement Figaro Littéraire / GfK des romanciers français de fiction les plus vendus dans l'hexagone.


Ce qu'il faut en retenir

Les auteurs populaires vendent moins mais restent portés par les ventes de poches, qui permettent à 9 auteurs de ce classement sur 10 (Houellebecq est l'exception qui confirme la règle) d'y figurer... 

Si Guillaume Musso truste toujours et inlassablement - depuis 2011 - la première place de ce classement (et qu'il s'améliore d'année en année dans sa production littéraire selon mon humble avis), il vend - en 2019 - 200 000 livres de moins qu'en 2018. Quant au cumul des ventes des 10 auteurs les plus vendus en 2019, il baisse de 1,5 millions de romans vendus.

Michel Bussi reste le numéro 2 : la machine est bien lancée, portée par les adaptations TV de ses polars. Avec un nouveau roman - Au soleil redouté - prévu pour le 6 février, il est fort probable que la tendance se confirme en 2020, même si à force de produire, on peut craindre une baisse de qualité au fil du temps... l'avenir nous le dira.

Virginie Grimaldi, qui avait fait son entrée au palmarès l'an dernier, confirme son ascension, puisqu'elle prend déjà la 3ème place du classement. Elle illustre la tendance feel good qui fait recette dans l'hexagone, puisque qu'avec Aurélie Valognes, Raphaëlle Giordano, Agnès Martin-Lugand et Valérie Perrin, elle ne sont pas moins de 5 dans ce classement à préempter ce segment de marché ! Un constat à nuancer cependant, puisque ces auteures on presque toutes perdu des places par rapport à l'an dernier.

Marc Levy regagne une place, ce qui ne lui était pas arrivé depuis longtemps. 

Franck Thilliez est le seul auteur de thriller de ce classement, le genre noir semblant en effet de plus en plus délaissé au profit des bons sentiments.

Michel Houellebecq fait une entrée remarquée dans le top 10, grâce à Sérotonine.


Le top 10 

  1. Guillaume Musso
  2. Michel Bussi
  3. Virginie Grimaldi
  4. Marc Levy
  5. Aurélie Valognes
  6. Raphaëlle Giordano
  7. Agnès Martin-Lugand
  8. Franck Thilliez
  9. Michel Houellebecq
  10. Valérie Perrin

  • Ils sont toujours là : Guillaume Musso (=), Michel Bussi (=), Aurélie Valognes (-2), Marc Levy (+1), Virginie Grimaldi (-3), Raphaëlle Giordano (-2), Franck Thilliez (+2)
  • Ils intègrent le top 10 : Agnès Martin-Lugand, Michel Houellebecq, Valérie Perrin
  • Ils ont quitté le top : Joël Dicker, Pierre Lemaitre et Françoise Bourdin
  • Ils n'y sont pas revenus : Fred Vargas et Gilles Legardinier


Retrouvez mon article sur le classement de l'an dernier ici 

mercredi 10 avril 2019

Retour (tardif) sur le Palmarès du Figaro des auteurs francophones les plus vendus en 2018

Comme chaque année, je me devais d'écrire un petit billet sur le Palmarès du Figaro des auteurs francophones les plus vendus dans l'hexagone. Avec un trimestre de retard, voici un retour en arrière sur les auteurs qui ont fait l'année 2018, agrémenté d'un point sur les Français et la lecture faisant suite à une étude publiée peu de temps après dans Livres Hebdo.

Alors, que retenir de l'année 2018 ? Les Français se sont-ils remis à lire ? Qui sont les auteurs francophones les plus vendus ? Comment le palmarès a-t-il évolué depuis 2017 ? Quid de l'intérêt des Français pour les auteurs étrangers ? 

Retour tardif sur l'année dernière... que faut-il en retenir ?


1/ Le Figaro confond français et francophone

Une petite précision avant de commencer à commenter les chiffres du Figaro et de Livres Hebdo : je vous commenterai, tout au long de mon billet, ce que le Figaro appelle son palmarès des 10 auteurs français les plus vendus en 2018. Alors que Joël Dicker, auteur suisse de La vérité sur l'affaire Harry Quebert, est présent sur le podium de ce classement, je me suis permise, tout au long de mon article, de substituer le terme "français" par "francophone". Soyons précis et sérieux, et rendons à Ueli Maurer, Président de la Confédération suisse, ce qui lui appartient. 


2/ Les ventes de livres sont en chute libre

Pour la seconde année consécutive, selon une étude parue dans Livres Hebdo le 1er février dernier, les ventes de livres ont baissé (-1,7 %), ce qui représente la plus forte baisse depuis 10 ans. 
Si ce n'est pas réellement une surprise, force est de constater que le désintérêt des Français pour la lecture ne va pas en s'améliorant, et c'est très triste. Seuls les livres jeunesse et les BD/mangas tirent leur épingle du jeu. S'il semble y avoir un désamour pour les romans au format plus classique, la jeunesse ne parait ne pas se détourner complètement de l'univers littéraire. Ainsi, même si elle fait le choix de livres plus faciles à lire... au moins, elle lit !
Avec une concurrence accrue des autres loisirs culturels (réseaux sociaux, jeux vidéo, séries...), le temps consacré à la lecture ne cesse donc de diminuer. Espérons une embellie sur ce front pour l'an prochain. 


3/ Guillaume Musso conforte sa place de leader

Le top 10 des auteurs francophones les plus vendus dans l'hexagone représente 1/4 des ventes de fiction et a progressé de 3 % en 2018... Alors qu'on observait une tendance baissière l'an dernier, le top 10 des auteurs francophones préférés des Français a mieux vendu en 2018, porté par le format poche, qui représente 2/3 des ventes.

Dans le détail, Guillaume Musso, indétrônable depuis 2011, reste l'auteur préféré des Français, loin devant Michel Bussi, qui reprend une deuxième place au classement perdue l'an dernier, et Joël Dicker, qui fait une entrée fracassante dans le top 10, porté par l'adaptation en série de son best seller La vérité sur l'affaire Harry Quebert.
  • Ils sont toujours là : Guillaume Musso, toujours en pole position, Michel Bussi (+1), Auréllie Valogne (+1), Marc Levy (-1), Raphaëlle Giordano (-6), Françoise Bourdin (-2), Franck Thilliez (toujours 10ème)
  • Ils intègrent le top 10 : Joël Dicker, Virginie Grimaldi, Pierre Lemaitre
  • Ils sont quitté le top : Fred Vargas, Gilles Legardinier, Agnès Martin-Lugand





4/ Les auteurs francophones bousculent les auteurs étrangers

15 auteurs francophones figurent ainsi dans le top 20 des auteurs les plus vendus en France en 2018, toutes nationalités confondues, une belle remontée par rapport à l'an dernier où ils n'étaient que 11 sur 20. Par contre, cette année, Le Figaro a abandonné le détail des ventes d'auteurs étrangers... dommage !


5/ Ce qui fait vendre...

La régularité : les auteurs publiant un roman par an ont tendance à vendre plus que les autres. C'est le cas de Guillaume Musso ou Michel Bussi, par exemple.

Les adaptations : pour Joël Dicker, l'adaptation de La vérité sur l'affaire Harry Quebert avec Patrick Dempsey dans le rôle principal a dopé les ventes et su faire trouver au roman un nouveau public. Michel Bussi est aussi un auteur dont un grand nombre d'adaptations ont été annoncées en 2018 et qui devrait donc de nouveau tirer son épingle du jeu en 2019 : pas moins de 3 séries TV, un film et 3 BD ont été réalisés ou annoncés pour cet auteur à succès. 

Les poches, chaque succès grand format relançant le petit.


6/ Mon avis sur ce classement

Je le dis régulièrement et le répète, j'ai beau ne pas être une fan absolue d'un certain nombre d'auteurs du top 10, tant qu'ils continuent à faire lire les Français, je suis pour qu'ils continuent d'écrire et de publier. 
Par contre, si la régularité fait vendre, il ne faut pas se tromper : les Français commencent à se lasser de cette régularité artificielle au détriment de la qualité des romans proposés. Pas étonnant selon moi que Marc Levy perde des places, petit à petit, lui qui néglige de plus en plus la qualité au profit de la poursuite d'un rythme de publication effréné, contrairement à son concurrent direct, Guillaume Musso, qui lui sait monter en puissance ou tout du moins maintenir ses lecteurs en haleine en conservant un niveau de qualité relativement stable année après année.

Par ailleurs, et ce n'est pas analysé par le Figaro, mais il semblerait que les Français délaissent le genre policier/thriller au profit de romans contemporains plus légers et accessibles. Si Bussi cartonne et que Thilliez est toujours en 10ème place, Fred Vargas est sortie du classement et certains auteurs à succès comme Maxime Chattam commencent à y devenir désespérément absents. 

Enfin, les Français bouder à délaisser certains auteurs - et pas des moindres - qui ont pourtant cartonné les années précédentes, comme David Foenkinos, Bernard Werber ou encore Gilles Legardinier. Comme quoi, la concurrence est rude et les places sont chères... 








mercredi 3 avril 2019

"Livre ou film ? n°11" : Un avion sans Elle

Quelques mois après mon billet comparant Maman a tort de Michel Bussi avec son adaptation TV, c'est désormais au tour de Un avion sans Elle de passer sur le grill. 
Il faut dire que Michel Bussi, désormais sur le podium des auteurs français les plus lus et populaires, soulève les foules de l'adaptation avec rien de moins que 3 téléfilms réalisés ou en cours de réalisation et 2 déclinaisons en bandes dessinées sur 2018 et 2019... de quoi rendre jaloux ses concurrents directs.

Hier donc s'achevait sur M6 le téléfilm en 4 épisodes d'Un avion sans Elle, le roman multi récompensé et multi traduit qui avait fait décoller l'auteur en 2012. Celui par lequel je découvrais Michel Bussi pour la toute première fois... nostalgie, quand tu nous tiens !

Si Maman a tort n'était pas mon roman préféré de l'auteur et, par conséquent, j'avais de moins fortes attentes quant à son adaptation télévisée, Un avion sans Elle étant pour moi comme une madeleine de Proust Bussienne, je redoutais nettement son adaptation, que j'avais peur de trouver décevante. Il faut dire que j'avais vraiment adoré le roman, dont vous pourrez relire la critique de l'époque ici.


Titre : Un avion sans Elle

Auteur : Michel Bussi

Date de parution : 2012

Éditeur : Presses de la cité

Prix : Prix Maison de la Presse et Prix du Roman Populaire, décembre 2012


Quelques infos sur le téléfilm :
  • De : Jean-Marc Rudnicki, Nicolas Durand-Zouky
  • Avec : Bruno Solo (Jacques Monod), Pénélope-Rose Lévèque (Emilie Vitral), Yaniss Lespert (Marc Vitral), Anne Consigny (Mathilde Carville), Margaux Chatelier (Nina Passard), Didier Bezace (Henri Carville), Agnès Soral (Nicole Vitral), Anne-Elisabeth Blateau (Solen Martineau), Foëd Amara (Karim Bouazi)...
  • Date de diffusion : 26 mars et 2 avril 2019
  • Chaîne de diffusion : M6
  • Nombre d'épisodes : 4 d'une cinquantaine de minutes chacun



De quoi ça parle ?

Un avion sans Elle, c'est l'histoire d'un vol Istanbul-Paris qui s'écrase sur le Mont Terrible, dans le Jura, ne laissant aucun survivant, à l'exception d'un nouveau né... une petite fille réclamée par 2 familles, les Carville et les Vitral. Alors que la justice tranche en faveur des Vitral, le détective engagé par les Carville fait, 20 ans plus tard et juste avant d'être sauvagement assassiné, une découverte qui va tout changer...


Le livre ou le film ?

Sans grande surprise, le livre. De ce roman, je me souviens surtout, au-delà de son épilogue grandiose, de son rythme effréné, une course contre la montre qui nous tient en haleine de la toute première à la toute dernière page. Environ 200 pages de suspense à couper le souffle avec peu d'espace pour respirer. C'est ce rythme que j'avais plébiscité lors de ma découverte de l'auteur et qui faisait de ce livre un très grand livre, sans compter bien évidemment la clé de l'énigme... ce petit twist final tellement évident mais tellement introuvable si on n'a pas "le truc". Du pur génie "made in Bussi" ! Or, vouloir faire de ce roman 4 épisodes (vous me direz, c'est toujours 2 de moins que l'adaptation de Maman a tort) est une erreur. Un film de 2 heures ou un téléfilm de 2 épisodes aurait largement suffit à retranscrire l'intensité de ce policier haletant.

Autrement, c'est une bonne adaptation dans l'ensemble. L'intrigue est plutôt bien respectée : une fidélité que je n'avais pas autant retrouvé dans l'adaptation de Maman a tort. Pour ceux qui n'ont pas lu le roman, cette mini-série respecte l'oeuvre d'origine dans son ensemble et ne trahit pas la trame de l'intrigue. 
On y retrouve les mêmes ingrédients, avec pour autant une certaine fadeur dans le traitement, due en partie à un jeu d'acteurs et une manière de filmer "à la française" qui ralentissent l'ensemble. J'ai trouvé l'actrice incarnant Emilie Vitral assez terne, un peu à côté d'un rôle qu'elle aurait pu rendre beaucoup plus intense et profond, là où à l'inverse, l'actrice jouant Nina Passard est une belle révélation.

Certains détails m'ont également gênée. Les scénaristes de ce type d'adaptations ne peuvent pas s'empêcher de modifier de petites choses des romans qu'ils déclinent, parfois sans grand intérêt pour la série mais qui trahissent l'oeuvre originale aux yeux de ceux qui connaissent bien son auteur.
Pourquoi placer l'intrigue en grande partie dans les Hauts de France au lieu de la Normandie ? Les plages calaisiennes sont-elles réellement plus belles que les plages dieppoises ? Quand on sait l'attachement de Michel Bussi pour la Normandie, quel intérêt ? 
Dans le même ordre d'idée, pourquoi renommer Crédule Grand Duc Jaques Monod ? Cette recherche de noms singuliers chère à l'auteur devait-elle obligatoirement être foulée au pied ? Croyez-moi, je me souviens peu des noms des personnages des romans que je lis, mais concernant Crédule Grand Duc, qui n'a pas été frappé par ce nom improbable en lisant le roman Un avion sans Elle ? Pourquoi ne pas le conserver ? Est-ce un patronyme si ingrat pour le grand Bruno Solo ? 
Des détails, certes. Mais qui bafouent le talent et la signature de Michel Bussi et qui m'ont dérangée.

C'était néanmoins une adaptation plutôt réussie, mais au vu de la qualité du roman, préférez-lui l'original, vous ne serez pas déçus. A moins que l'adaptation en BD, prévue pour l'année prochaine, soit à la hauteur de l'oeuvre et satisfasse les plus pressés.




samedi 20 janvier 2018

Le Figaro : les dix romanciers français qui ont vendu le plus de livres en 2017 sont...


Chaque année, Le Figaro publie son classement exclusif des auteurs français qui ont vendu le plus de romans. Et chaque année, je saute dessus pour en faire un petit billet sur ce blog.

Première impression, première déception... Cette année, les romanciers étrangers sont relégués au second plan. Alors que le classement 2016 avait innové en intégrant les auteurs internationaux pour proposer un Top 20, cette année Le Figaro a décidé de revenir à sa vieille formule et à son traditionnel Top 10, en ne conservant que les romanciers français dans son classement. En regardant bien, un petit encadré est dédié aux auteurs étrangers, mais sans vraiment faire partie de l'analyse globale. Dommage...

Passé cette première lecture rapide de l'article publié ce matin, que retenir de ce palmarès 2017 ?


1/ Que les ventes de romans français sont en baisse. 

Tous les auteurs du Top 10 ont vu leurs ventes baisser depuis l'année dernière. La faute  à qui ? A la crise du livre ? A la lassitude des lecteurs de voir toujours les mêmes têtes ? Au style qui commence à s'épuiser pour des auteurs de best sellers contraints à rythme de publication effréné  d'au minimum un livre par an ? Va savoir... 

2/ A l'inverse, les les auteurs américains cartonnent ! 

Harlan Coben, Elena Ferrante, Stephen King, Mary Higgins Clark, Paula Hawkins, Danielle Steele ont tous vu leurs ventes augmenter en 2017. Autre nouveauté outre Atlantique : Audrey Carlan truste le classement avec ses publications mensuelles de Calendar Girl. Comme quoi, la new romance, c'est de l'industriel, mais ça marche !

3/ Guillaume Musso - le pénible - truste toujours la première place du classement.

Même s'il n'a vendu - le pauvre - qu'1,5 millions de livres en 2017 contre 1,8 l'an dernier... Quoiqu'il en soit, il occupe toujours un siège de leader dans lequel il est bien installé et qu'il ne semble pas vouloir laisser de sitôt à ses confrères.

4/ Après, sur le classement, tout va à vau l'eau... 

Marc Levy - le drame - n'est plus sur le podium, Michel Bussi perd une place et - celle-là on ne l'avait pas vue venir - l'auteur de livres de développement personnel Raphaëlle Giordano arrache la deuxième place, avec plus d'un million de ses oeuvres vendues en 2017.

5/ Le grand gagnant du classement, c'est le livre de poche.

Il représente en effet 40 à 90% des ventes des éditeurs. Normal, on n'est plus vraiment prêts à investir une blinde dans des best sellers écrits à la va-vite histoire de débiter du volume... Sinon, et si l'an prochain on analysait aussi les ventes d'e-book ?

6/ Où sont-ils ? 

Exit cette année du Top 10 les romanciers Laurent Gounelle, Maxime Chattam, David Foenkinos et Agnès Ledig... dommage !


Et pour rappel, le classement 2016 est à (re)découvrir ici

samedi 28 octobre 2017

Autour du polar français : une table-ronde animée par Michel Goujon, avec Michel Bussi et Sandra Alves

Le 18 octobre dernier avait lieu une table-ronde Autour du polar français à l'auditorium de la bibliothèque de Viroflay (78). 

Une table-ronde alléchante, animée par l'éditeur Michel Goujon et en présence des auteurs de polars Michel Bussi, que je ne présente plus sur ce blog, et de Sandra Alves, que je vais vous faire découvrir très prochainement.

L'occasion de faire un point sur les fondamentaux du polar et ses évolutions au fil des siècles. Je vais essayer de vous en faire un bref résumé de mémoire, n'ayant pas réellement pris de notes, plus occupée à écouter qu'à faire le gratte-papier ;)


Le polar, c'est quoi ? Quels en sont les origines et fondamentaux ?


Pour Michel Goujon, le premier fondement du polar, c'est avant tout la police. Créée au XVIIIème siècle, c'est donc là que le polar prend toute sa signification. Le polar, ou roman policier, c'est avant tout un meurtre et des policiers ou détectives qui enquêtent sur ce meurtre. Ce qui distingue ce genre littéraire, entre autre, du thriller...


Le second fondement, c'est une certaine lutte des classes, la mise en avant des bas-fonds. La révolution industrielle, en ce qu'elle a exacerbée la séparation entre élites et couches basses de la population, a encouragé un climat d'ambiance menant à la révolte, au banditisme, au meurtre, etc.

Mais, comme le rappelle Michel Bussi, le polar c'est aussi l'astuce. L'auteur, dans un roman policier, joue avec le lecteur et, par un twist, une pirouette littéraire, une astuce de romancier, l'amène à jouer un jeu commun, vers la résolution d'une énigme. On retrouve cette astuce chez tous les grands auteurs de romans policiers... Agatha Christie, Maurice Leblanc, Gaston Leroux... et Michel Bussi lui-même !


Quelles tendances observe-t-on dans le polar ?



Selon Michel Goujon, les grandes tendances actuelles sont au nombre de 3 :


  1. La mondialisation du polar, avec l'émergence ces dernières années d'auteurs suédois, norvégiens, islandais... et même chinois.
  2. La féminisation du polar, tant par ses auteurs (Agatha Christie, Mary Higgins Clark... Sandra Alves ;), que par ses personnages (Miss Marple...), mais aussi ses lecteurs qui sont aujourd'hui trustés par des lectrices !
  3. La diversification des genres littéraires : polars, thrillers, policiers historiques, romans noirs, polars fantastiques, romans d'espionnage, policiers humoristiques... Le genre littéraire est l'un des plus prolifique au monde !


Ensuite, dans une seconde partie de la table-ronde, les 2 auteurs ont été amenés à s'exprimer, non pas sur leur dernier roman (ils n'en ont pas eu le temps), mais sur leur perception du polar. Très percutante, cette intervention changeait des questions qui sont systématiquement posées à ce type d'auteur et dont on connait déjà les réponses.
J'ai vraiment apprécié ce moment, et encore plus l'incroyable découverte que j'y ai faite.


Une incroyable découverte ou comment découvrir un auteur qu'on connaissait sans le savoir



Si en effet, ne nous le cachons pas, je venais avant tout pour voir et surtout entendre Michel Bussi, que j'affectionne tout particulièrement (comme vous le verrez dans mon prochain billet dédié à son dernier roman On la trouvait plutôt jolie), Sandra Alves m'était jusque là inconnue au bataillon... Néanmoins, étant une auteur de polar, elle avait déjà ma sympathie et mon attention.


Lors des présentations, j'apprends que cette dernière est un auteur issu de l'auto édition, ou plutôt une auteur qui a réussi à se faire publier grâce au site Nouvelles Plumes (http://www.nouvellesplumes.com/),  un éditeur qui permet à des lecteurs bénévoles de noter des manuscrits encore non publiés par des éditeurs traditionnels et qui publie chez France Loisirs les mieux notés d'entre eux.


Si vous suivez mon blog, vous savez donc que je suis une lectrice Nouvelles Plumes. Tout de suite, je tendais l'oreille. C'est alors que j'ai compris : j'avais lu et noté son manuscrit !! Sous un autre pseudonyme et sous un autre titre (le titre initial étant déjà déposé, elle avait dû en changer), ce qui fait que je n'avais pas fait le lien... mais je l'avais lu ! J'avais même commencé à lire son second manuscrit, qui est ou qui va bientôt être publié. 

Non seulement je l'avais lu, mais je l'avais extrêmement bien noté (9/10), ce qui fait que si elle a été éditée, j'en suis en partie responsable. Quelle fierté ! Du coup, j'ai été retrouver ma fiche de lecture de l'époque sur son premier roman, Traque Mortelle. En conclusion, j'avais mis " Le meilleur roman téléchargé sur Nouvelles Plumes. Bravo ! "

Le monde est vraiment petit. J'ai donc pu acheter le roman, pour le relire en version non PDF et le faire dédicacer. 

Pour l'anecdote : Sandra Alves m'a indiqué lors de la dédicace que presque rien n'avait changé par rapport au manuscrit initial, à part l'orthographe... Dans ma notation de l'époque j'avais indiqué "Encore quelques pétouilles d'orthographe qui restent." Comme quoi... on a toujours été en phase avec cet auteur géniale !

La bonne nouvelle : maintenant qu'elle est éditée, je vais pouvoir en parler officiellement sur mon blog, ce que je ne pouvais pas faire avant. Cela devrait ravir la charmante personne de Nouvelles Plumes avec qui j'en ai parlé ce soir-là ! Hip hip hip, hourra !!


Une dernière anecdote ? Hier soir, ayant terminé le livre de Michel Bussi, je décide de relire Traque Mortelle de Sandra Alves. 
J'ouvre le livre, et là...












mardi 24 janvier 2017

Le Figaro : et les plus gros vendeurs de romans en 2016 sont...


Le Figaro vient de publier son éternel classement annuel des plus gros vendeurs de livres en France (pour l'année 2016). 

Petite nouveauté au classement : l'intégration des auteurs internationaux, qui s'ajoutent au traditionnel top 10 des auteurs français... on passe ainsi d'un top 10 à un top 20.



Sur le podium 

Cette année 2016 fait de nouveau la part belle à Guillaume Musso, qui réussit encore une fois la prouesse de vendre en France près de 2 millions de romans, soit 200 000 exemplaires de plus qu'il y a 2 ans. 

Michel Bussi transforme l'essai. En effet, après avoir intégré le top 10 en 2014, où il figurait en 5ème position du classement, il monte cette année sur la seconde marche du podium, avec un peu plus d'1 million de romans vendus. Ainsi, grâce aux éditions au format poche de ses romans, il assure le premier podium de sa carrière. Néanmoins, il compte près de 700 000 ventes de moins que Guillaume Musso.

L'américaine Anna Todd vole la 3ème place à Marc Levy... qui prend la 4ème place du classement (il reste néanmoins 3ème en ce qui concerne les auteurs Français).

En revanche, Katherine Pancol, 2ème en 2014, disparait du palmarès.

Quant aux auteurs internationaux ? Ils sont assez logiques en fait : Harlan Coben, Mary Higgins Clark, Stephen King... rien que de plus attendu, finalement.



Mon avis sur le classement :


  • C'est mérité : Je ne vais pas vous mentir, voir Michel Bussi à la 2ème place du classement me ravit, étant une fan inconditionnelle de l'auteur. Il méritait pour moi la 1ère place, mais cette second place confirme définitivement qu'il faut compter sur cet auteur qui a su faire sa place dans la littérature française. Après, j'aime moins, mais encore une fois Musso et Levy font figure de stars en France. Difficile de tirer à boulet rouge sur ces auteurs, car année après année, ils font la course en tête. C'est donc bien qu'ils savent comment plaire au plus grand nombre. Ce ne sont certes pas de grands auteurs, mais les chiffres parlent pour eux. 
  • C'est usurpé : les mêmes Musso et Levy. Ok, ils plaisent au plus grand nombre, mais je ne comprends toujours pas comment ils peuvent vendre autant, année après année. Surtout Musso, dont les chiffres de ventes croissent encore cette année. Quand je vois comment il bâcle ses romans (surtout la fin), je ne comprends pas comment on peut vouloir en acheter toujours plus... Certains auteurs du classement mériteraient d'être promus à sa place... 
  • C'est décevant : Gilles Legardinier qui, malgré un très bon dernier roman (Le premier miracle - critique à venir), perd 4 places (2 sans compter les auteurs étrangers), et David Foenkinos, qui n'a pas réussi, avec son Mystère Henri Pick, à transformer son merveilleux Charlotte (il passe de la 8ème à la 17ème place). 
  • Je ne les connais toujours pas : honte à moi... je m'étais fixé en 2014 de lire au moins 3 romans du top 10. J'ai bien lu Thiliez et Modiano, mais je n'ai toujours pas familiarisé avec Françoise Bourdin, Laurent Gounelle ou Agnès Ledig. Quant aux internationaux, je l'avoue, je ne connais pas du tout Anna Todd... prochain challenge ?
  • Les oubliés : Max Werber, Jean-Christophe Grangé... comme l'an dernier !



Pour rappel, le classement 2014 :