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samedi 8 mai 2021

Tout ce qui est sur terre doit périr de Michel Bussi

Retour cette semaine sur un auteur que j'apprécie tout particulièrement : Michel Bussi !

Bien que Tout ce qui est sur terre doit périr ne soit pas son roman le plus récent et que ma lecture en date un peu (en retard sur mes chroniques, moi ?), j'en ai le souvenir toujours aussi vivace. Laissez-moi vous faire découvrir cette petite pépite parmi la longue liste des merveilleux romans de Michel Bussi.

En préambule, un peu de contexte sur Tout ce qui est sur terre doit périr. Michel Bussi, à travers ce livre, nous fait prendre de nouveaux chemins littéraires, en marge de ses habituels polars, comme il l'a par ailleurs déjà fait avec ses contes pour enfants et sa nouvelle série Néo à destination des adolescents. Avec ce roman, Michel Bussi signe un thriller ésotérique, dans la droite lignée d'un Dan Brown, s'attaquant à un grand mystère de l'humanité, celui de l'arche de Noé.

Pour la petite anecdote, en 2017, quand il publie La dernière licorne (son titre original), bien plus noir et violent que ses romans habituels, il le fait sous le pseudo de Tobby Rolland pour ne pas désorienter ses lecteurs fidèles. 

A l'époque, le roman rencontre un certain succès et, à l'occasion de sa sortie en poche sous son nouveau titre Tout ce qui est sur terre doit périr, Tobby Rolland rend sa place à Michel Bussi. 


Titre : Tout ce qui est sur terre doit périr - La dernière licorne

Auteur : Michel Bussi

Date de parution : octobre 2019

Editeur : Pocket

Genre : thriller ésotérique


Résumé : une masse sombre, inexpliquée, prise dans les glaces millénaires du mont Ararat. Un livre inédit, gardé sous clé dans l'enfer du Vatican. Un animal de bois, enigmatique, portant au front une corne unique. Les indices sont là, éparpillés. Un gigantesque puzzle à reconstituer pour remonter à l'origine de toutes les religions du monde. De Bordeaux à Hong Kong, en passant par l'Arménie, Zak Ikabi n'a qu'une obsession : en réunir toutes les pièces lui permettant de trouver l'arche de Noé. Embarquée malgré elle dans cette quête incensée, la glaciologue Cécile Serval, aussi érudite que volcanique, se voit bientôt confrontée à un déluge de questions. Et de balles... car pour garder le secret, certains sont prêts à tout.

Mon avis : avec ce roman au style bien différent de ses précédents, Michel Bussi, qui selon moi commençait à trop user de vieilles ficelles pouvant parfois lasser, s'offre ici un second souffle. Et je dois avouer que ce nouveau genre lui va plutôt bien ! le roman est extrêmement bien documenté, finement construit, et on est happé tout du long dans une intrigue dont le rythme est d'une intensité folle. En effet, comme il l'admet lui-même, le roman est plus sombre et violent que ses polars traditionnels, mais c'est un vrai délice pour les amateurs de thrillers. On y retrouve tous les bons ingrédients du genre : une course poursuite, du mystère, des gens prêts à tuer pour garder le secret, une histoire d'amour... sans oublier le coeur du sujet, l'arche de Noé, un très bon point d'accroche pour ce type de roman, et que je n'avais jamais eu l'occasion de découvrir en tant que sujet clé d'un thriller. J'ai adoré toutes les anecdotes et l'histoire développée autour de ce sujet. Tout tient la route, à l'exception du twist final, que j'ai trouvé un peu capillotracté, laissant au roman un goût d'inachevé.



samedi 29 août 2020

La saga du soleil noir d'Eric Giacometti et Jacques Ravenne


Après une longue coupure estivale, me voilà d'attaque pour la rentrée. Et comme chaque année, je vais vous faire un debrief de mes lectures estivales... enfin presque. Parce que j'ai 2 ans de retard dans mes chroniques et, qu'avec 2 enfants en plus, mes lectures estivales se réduisent comme peau de chagrin. 

Mais j'ai quand même eu le temps de bouquiner un peu cet été - merci les trajets en voiture - et parmi plusieurs lectures plutôt mitigées je vous ai dégoté une petite perle, La saga du soleil noir. Je commence donc par vous chroniquer celle-ci, car si vous ne connaissez pas, il est urgent de découvrir !


Titre : La saga du soleil noir

Auteurs : Eric Giacometti et Jacques Ravenne

Date de parution :

  • Tome 1 - Le triomphe des ténèbres : 4 avril 2018
  • Tome 2 - La nuit du mal : 15 mai 2019
  • Tome 3 - La relique du chaos : 3 juin 2020
Éditeur : JC Lattès

Genre : historique / ésotérique


Résumé : le dernier né des Giacometti / Ravenne, qui met, le temps d'une saga, au repos le personnage emblématique et récurrent d'Antoine Marcas (enfin presque, puisque les auteurs ont choisi comme protagoniste le père d'Antoine). 
Deuxième guerre mondiale. Hitler est au pouvoir. Le Reichsführer Himmler, maître absolu de la SS, fonde l'Ahnenerbe ("Héritage ancestral"), une organisation qui a pour objet de démontrer historiquement, anthropologiquement et archéologiquement la supériorité de la race aryenne à travers les âges. Lors des recherches, le Colonel Weistort, aux commandes de l'Ahnenerbe, découvre l'existence de 4 swastikas millénaires dont le pouvoir ancestral peut permettre au Reich de changer la face du monde. Il ne reste plus qu'à mettre la main dessus. Une course contre la montre débute alors entre les allemands et les services secrets alliés, dont l'issue aura une influence majeure sur les événements à venir.

Mon avis : grandiose ! Un excellent roman historico-esotérique, à mi-chemin entre Indiana Jones et Dan Brown, mais le tout version française... car il faut être fier de ce qu'on sait produire de mieux ! Un roman qui tient en haleine de la première à la dernière page, et qui, malgré un genre largement traité ces dernières années, arrive encore à nous surprendre et à nous scotcher. J'ai fortement apprécié le système d'annexes très malin mis en place par les auteurs pour démêler le vrai du faux : on se fait plaisir tout en apprenant tout un tas de choses méconnues sur la seconde guerre mondiale. Même si déjà le premier tome nous happe dès les premières lignes, la trilogie monte crescendo et finit en apothéose. C'est du grand art pour un roman du genre. Aucune maladresse, aucune fausse note. On aurait juste aimé un quatrième tome, rien que pour faire durer le plaisir ! 









samedi 27 juin 2020

L'été circulaire de Marion Brunet


Encore une auteure que j'ai découvert au hasard du Salon du livre de Saint Maur des Fossés. Conseillée par ma belle-mère. Une jolie rencontre avec une romancière encore étonnée d'être là et d'être félicitée par ses lecteurs. Une personne douce, humble, souriante. Ça m'a donné envie d'acheter son livre et de découvrir. 


Titre : L'été circulaire

Auteur : Marion Brunet

Date de parution : avril 2019

Éditeur : Albin Michel



Résumé : Jo et Céline sont 2 soeurs, adolescentes. Elles ont 15 et 16 ans et vivent une vie de fêtes foraines, de centres commerciaux et de descentes nocturnes dans les piscines des villas cossues du Midi. Mais très vite, cette vie faite d'insouciance s'envole en éclats. Céline est enceinte. Elle ne veut pas dire qui est le père. Son paternel, sanguin, est prêt à en découdre, quitte à commettre l'irréparable...


Mon avis : une jolie plume, mais une histoire bien trop sombre. Un drame qui a vocation à montrer les gens, nus, tels qu'ils sont dans leur ignorance et leur fierté, à travers leurs destins tragiques. Des enfants qui reproduisent la vie de leurs parents. Une vie qu'ils faisaient tout pour fuir. Le soleil chaud et réconfortant du Lubéron laisse place à un récit noir, glaçant, qui éteint toute la candeur du début du roman. C'est un récit sur les petites gens. C'est un roman sur des vies ratées. 
Ce livre m'a laissé un sentiment plutôt mitigé car, de par son fond éminemment social, je n'y ai pas trouvé l'évasion recherchée, mais plutôt un profond sentiment de malaise. Une déception aussi de par la classification du roman : considéré comme un policier, nous sommes plutôt ici dans le drame sociale et je n'y ai donc pas trouvé mon compte. 
En conclusion, un style très prometteur, mais un univers qui n'est clairement pas le mien





samedi 30 mai 2020

Capitaine Frites d'Arnaud Le Guilcher

D'Arnaud Le Guilcher, j'avais déjà lu En moins bien, un OVNI littéraire comme on n'en avait plus vraiment fait depuis Fantasia chez les ploucs. Même genre. Décalé. Caustique. Cynique. Poilant.
Je n'avais pas autant accroché à ce premier roman que mon père et mon frère, mais il fallait avouer qu'il avait du style, le jeune auteur. 

Et puis j'étais passée à autre chose. Je n'avais pas vraiment prévu d'y revenir. Pas que je n'avais pas aimé, mais j'étais passée à autre chose et je n'ai jamais vraiment eu l'occasion de relire un Arnaud Le Guilcher. Jusqu'à l'an dernier. 

Remettons-nous dans le contexte. Salon du livre Saint Maur en Poche. Un beau week-end ensoleillé. J'avais convaincu mon père de faire une virée à Saint-Maur-des-Fossés, pour nous rendre à cet incroyable Salon littéraire de plein air 100 % gratuit. Avec des auteurs accessibles et des montagnes de livres de poches. Le paradis, en somme. J'avais mes auteurs, mon père avait les siens. On s'est échangé les bons plans, et je suis repartie avec une tonne de bons bouquins. Dont Arnaud Le Guilcher. Capitaine frites. Dédicacé. 
J'ai adoré la personne. Aussi intéressante et tourmentée que ses romans. D'une générosité à toute épreuve. J'ai adhéré à l'homme, j'ai ramené un des ses bouquins à la maison. 

J'espère qu'il sera là l'année prochaine, je dévaliserai son stand ;) Ça tombe bien, il me reste un certain nombre de ses romans à dévorer.


Titre : Capitaine frites

Auteur : Arnaud Le Guilcher

Date de parution : août 2016

Éditeur : Robert Laffont


Résumé : Arthur vient de divorcer. Un divorce qui pourrait se qualifier de cauchemardesque, et ça reste un euphémisme. Alors il décide de fuir. Loin. Très loin de Paris. À Yabaranga, capitale chaotique du Konghia, un pays imaginaire d'Afrique centrale. C'est là que tout part en vrille. Il se retrouve pris entre un Président totalitaire domicilié dans une immense tour jamais achevée, une bande de rastas blancs, des tamanoirs envahissants, et des envies d'élevages du plus grand poisson d'eau douce jamais recensé. Alors qu'il commence à se faire à cette nouvelle vie burlesque mais pas désagréable, une ombre vient noircir le tableau : son ex-femme débarque...

Mon avis : sur le papier, Capitaine frites ne casse pas trois pattes à un canard. La quatrième de couverture, bien que sympathique, ne m'avait pas fait sauter au plafond, et ce n'est que quelques mois plus tard que je me décidais à lire ce roman. Et j'ai pris une vraie claque. L'écriture est magistrale, le garçon a un vrai talent. C'est improbable, insolite, ubuesque... du rarement vu. Cynique, mais désopilant. Qu'est-ce qu'on rigole ! Dopez vos zygomatiques avant de commencer le livre, sinon vous aurez des crampes de première classe. Qu'est-ce qu'on est bringuebalé dans ce bouquin, mais qu'est-ce qu'on se délecte ! Un vrai petit bijou. Une cure de bonne humeur. On ne lâche pas le roman du début à la fin, fin qui arrive un peu trop vite, d'ailleurs. On aurait bien demandé un peu de rab. Bref, un roman à l'image de son auteur : cynique, un peu paumé, mais réconfortant et empreint de générosité. Moi, perso, j'achète, et plutôt deux fois qu'une !!





samedi 23 mai 2020

Au soleil redouté de Michel Bussi

Comme toujours, pas mal de retard sur ma critique du nouveau Michel Bussi. Alors que, comme toujours, je l'ai acheté dès qu'il est sorti. Et comme toujours, je l'ai dévoré.

Alors pourquoi, comme toujours, j'ai traîné pour vous le commenter ? Hésitante, peur de ne pas arriver à vous transmettre tout ce que ce roman m'a communiqué, peur de ne pas être à la hauteur... voilà pourquoi.

Comme toujours, j'ai abordé ce roman en me disant : "cette fois ci, il ne m'aura pas. Je vais comprendre, avant la fin". Comme toujours, j'ai eu tort. 

Il est énervant, Michel Bussi. Même s'il a des hauts et des un peu moins hauts (jamais vraiment de bas), même si on commence à se dire qu'il va épuiser le genre, il réussit toujours à nous surprendre. A nous faire aller là où il veut qu'on aille. On se fait toujours prendre et on aime ça.

Il en a des histoires en rayon. Je ne sais pas quand il s'essoufflera, mais pas tout de suite, apparemment. 


Titre : Au soleil redouté

Auteur : Michel Bussi 

Date de parution : février 2020

Éditeur : Presses de la Cité


Résumé : cinq lectrices ont gagné un concours. Elles vont suivre pendant une semaine, en huis clos sur l'île des Marquises Hiva Oa, l'atelier d'écriture de Pierre-Yves François, romancier à succès. A sa demande et dans le cadre de cet atelier, elle vont toutes les 5 devoir écrire leur bouteille à la mer. "Avant de mourir, je voudrais...
Mais très vite, tout s’enchaîne. L'écrivain disparaît. Et petit à petit, les 5 lectrices vont se retrouver en danger de mort. A chaque disparition, à chaque cadavre, une lettre posée en évidence. La bouteille à la mer de la prochaine victime...  

Mon avis : en lisant la 4ème de couverture, j'étais certaine que Michel Bussi voulait nous revisiter Les 10 petits nègres d'Agatha Christie. Un huis clos, sur une île, avec un groupe de personne tuées une à une. Il y avait de quoi faire la comparaison, surtout que Michel Bussi ne s'en privait pas, au sein même de son propre roman. Et quelle comparaison ! Le chef d'oeuvre du polar. L'un des plus grand roman de madame Christie, avec Le crime de l'Orient Express ou encore Le meurtre de Roger Ackroyd. Les premiers romans policiers au twist final de génie. La crème de la crème, à laquelle Maître Bussi ne semblait pas avoir peur de s'attaquer. Il se frottait à du lourd, l'ami Bussi, en osant la comparaison. Et forcément, j'avais peur d'être déçue. 
Puis, comme toujours avec lui, en entrant dans le roman, je me laissais immédiatement porter par l'histoire, en me disant alors qu'il serait bien temps de voir ce qu'allait donner le dénouement. Les personnages ont tous leurs aspérités, qui les rendent touchants, irritants, désagréables, émouvants... mais en tout cas on s'attache. On espère que certains mourrons les premiers, pour que ceux que l'on préfère aient encore une chance. On espère aussi que ceux que l'on aime bien ne soient pas des assassins... Et puis on commence à se laisser bercer par l'histoire, l'atmosphère des Marquises, les références poétiques à Jacques Brel et à Paul Gauguin... et on se laisse endormir. 
Et là, comme toujours, Bussi nous sort son coup de maître ! Je n'ai absolument rien vu venir. Pourtant, il est évident, limpide ce twist. Mais comme toujours, Bussi a réussi à nous détourner de l'essentiel, on se laisse prendre. Les derniers chapitres, je les ai passés à me dire "c'est pas possible, il m'a encore eue". Et pourtant, on aurait pu comprendre. On aurait dû... et vous, devinerez-vous ?




samedi 16 mai 2020

Né sous une bonne étoile d'Aurélie Valognes

Petit à petit, votre petit oiseau préféré rattrape son retard en matière de best sellers. Et cette semaine, je vous fais découvrir, pour ceux qui comme moi ne la connaissent pas, Aurélie Valognes, une auteure bel est bien installée dans la liste des romanciers français qui se vendent le plus. 
Faisant partie de la nouvelle tendance d'auteurs "feel good", elle a su trouver en quelques années sa place dans le paysage littéraire hexagonal.

Quant à moi, et bien je n'avais jamais franchi le pas... en partie à cause des couvertures trop flashy de ses romans, qui ne m'ont jamais donné envie d'aller plus loin. 

Mais en ces temps de confinement où l'on trouve l'évasion dans nos bon vieux bouquins, j'ai décidé de tenter l'aventure. En choisissant complètement au hasard l'un de ses romans parmi les suggestions d'un site d'ebooks. Au pif. Sans a priori. Je n'avais même pas lu la quatrième de couverture, et je me lançais à l'aveugle. Pour découvrir un vrai petit bijou. 


Titre : Né sous une bonne étoile

Auteur : Aurélie Valognes 

Date de parution : mars 2020

Éditeur : Mazarine


Résumé : Gustave n'est pas vraiment ce que l'on pourrait qualifier de bon élève. Cadet d'une famille de 2 enfants, sa grande sœur, passée avant lui, a toujours suscité l'admiration de ses parents et de ses professeurs. Sur ce point, Gustave souffre nettement de la comparaison. Il n'est pas prêt, comme son aînée, de quitter sa cité pour de grands projets d'avenir. Pourtant il s'accroche. Il veut faire la fierté de sa mère. Mais dès le premier jour dans sa nouvelle école primaire, son instituteur le prend en grippe. Il est catalogué fainéant, bon à rien... ou alors juste bon pour le décrochage scolaire. Jusqu'à ce qu'au collège, une prof s'accroche pour 2 et fasse tout son possible pour lui faire reprendre le goût de l'apprentissage...

Mon avis : une petite pépite de douceur. On a tous - ou presque, il reste quelques malchanceux - connu un ou une prof qui nous a fait aimer l'école ou une matière, et ce roman est un peu comme notre madeleine de Proust scolaire. Même si je n'ai jamais été mauvaise à l'école, j'ai moi aussi le souvenir d'instituteurs et de professeurs incroyables, dans plein de belles matières. Je reste intimement convaincue que nous, adultes, en sommes là en partie grâce ou à cause de ces personnes qui ont jalonné notre vie d'enfants et d'adolescents. 
Quant à Gustave... lui, il essaye, mais il a du mal. Comme beaucoup d'enfants finalement. Trop vite catalogués fainéants ou cancres. On connait tous des Gustave. C'est pour ça qu'immédiatement, on s'attache à ce personnage et on aimerait tant qu'il réussisse. On voudrait y croire avec lui, même quand tout semble perdu. Néanmoins, toute la première moitié du roman se résume dans l'échec de Gustave. Au début, on en vient même à se demander pourquoi on lit ce roman qui est assez, disons-le, désespérant
C'est alors que tout s'illumine, tout s'éclaire. Avec une main tendue. Et on vit la seconde moitié du roman, un peu à l'instar de Gustave, comme une renaissance. Et la magie opère. 
On referme le roman avec une sacré larmichette, tant il imprime sa marque et reste en nous, même une fois fini. Ça faisait longtemps qu'un roman ne m'avait à ce point émue. Je ne sais pas si tous les romans d'Aurélie Valognes sont aussi bien construits, aussi poétiques et aussi beaux, mais je ne demande qu'une chose : vérifier !



samedi 25 avril 2020

"Le livre ou le film ? n°13" : Le Concile de pierre de Jean-Christophe Grangé

Comme je l'ai déjà évoqué, en matière d'auteurs de best-sellers, j'ai encore quelques trous dans la raquette et je suis bien souvent passée à travers certaines célébrités. C'est le cas de Jean-Christophe Grangé, dont je n'ai découvert le Vol des cigognes que sur le tard, cédant à l'insistance de mon mari, grand amateur de l'auteur. 

Il faut dire que de Grangé, je ne connaissais que les films, et je n'avais jamais vraiment été conquise par le peu que ceux-ci m'avaient donné à voir (dont L'empire des loups, Les rivières pourpres...). 
Surtout que, récemment, j'avais eu l'occasion de le rencontrer  au Salon du livre de Saint Maur en Poche, où j'avais été lui demander un autographe pour mon mari. J'en étais repartie avec une perception en demi-teinte (de Jean-Christophe Grangé, pas de mon mari), voire carrément négative : pas aimable, désabusé, une participation à un Salon qui semblait le "gonfler" pour rester polie... Du coup, j'avais une perception de l'auteur assez mitigée : "je suis célèbre, donc je vous emmerde", en quelques mots... Le genre qui me fait fuir radicalement.

Mais comme je suis tombée sur par hasard sur le Concile de pierre dans la PAL (Pile À Lire) de ma tante, et que je n'aime pas m'arrêter à une première impression, j'ai persévéré. Comme j'avais plutôt bien aimé le Vol des cigognes, bien que très - voire trop - glauque, je me suis dit "pourquoi ne pas retenter ?". 

Entrons donc à nouveau dans l'antre de M. Grangé... mais ne nous y attardons pas trop. 



Titre : Le Concile de pierre

Auteur : Jean-Christophe Grangé

Date de parution : août 2000

Éditeur : Albin Michel


Quelques infos sur le film :
  • De : Guillaume Nicloux
  • Avec : Monica Bellucci, Sami Bouajila, Moritz Bleibtreu, Elsa Zylberstein et Catherine Deneuve
  • Date de sortie : 2006






De quoi ça parle ?

Diane Thiberge adopte un enfant dans un orphelinat thaïlandais. Le petit Lu-Sian, dit Lucien. Elle ne se doute pas alors que sa vie va profondément changer, mais pas dans le sens où elle aurait pu l'imaginer. Une série de meurtres se produit dans son entourage et qui sont liés au petit garçon. Alors que Lu-Sian est enlevé, sa nouvelle mère se lance à sa recherche. Une recherche qui va la conduire sur les traces des ancêtres de l'enfant, en Mongolie, où une effroyable vérité l'attend. 



Le livre ou le film ?

En ce qui concerne le livre, le style est à la hauteur de l'image que je m'étais faite du bonhomme. Plutôt de bonne facture - tout ce qu'il faut pour faire un best-seller -, mais glauque et suffisant à souhait. Tout ce que le personnage m'avais laissé comme impression malaisante sur le Salon du livre de Saint Maur se retrouve disséminé dans ses écrits. 
Oui, Monsieur Grangé, le style est bon. Mais vous écrivez un peu toujours la même chose de la même manière, et vos histoires alambiquées sont finalement peu crédibles. Sans compter un fond désagréable et qui met mal à l'aise le lecteur, sans savoir vraiment quoi. Il parait que c'est le but... 
Grangé semble adorer l'entre deux : ici, le passage du thrilleur au fantastique. Pas moi. C'est un réel parti pris, mais qui rend l'ensemble un peu grossier et  m'a fait perdre le fil du roman.  

Néanmoins, ne jetons pas le Concile de Pierre à ce pauvre Grangé, car il y a bien pire : le film. Il est vrai que ce dernier partait sur un terrain tellement glissant, que je ne vois pas comment l'adaptation cinématographique aurait pu donner quoi que ce soit. Et inévitablement, ce film n'est vraiment pas une grande réussite, loin de là ! Il pointe du doigt une vérité propre à Jean-Christophe Grangé : ses adaptations sont ratées.  

En conclusion, si vous le souhaitez, vous pouvez lire le livre, qui se lit, mais qui - disons-le franchement -  ne changera pas votre vie !






samedi 18 avril 2020

L'intrusion de Quentin Lafay

Concernant ce livre, je l'ai découvert par hasard via un article du Figaro. J'ai toujours un peu de mal avec les romans conseillés par des journaux, car ils sont souvent soporifiques ou indigestes, ou encore trop grand public pour moi... mais parfois, grâce à un journaliste qui écrit un article éclairé et inspirant, on peut - et on doit - se laisser tenter.

Ce fut mon cas pour L'intrusion, de Quentin Lafay (ancienne plume de Macron) dont le thème, complètement d'actualité, et le bandeau "Je me suis fait pirater", ont tout de suite su retenir toute mon attention

En effet, cet ouvrage, inspiré de faits réels (les Macron Leaks), raconte comment un petit employé de bureau peut, en cliquant sur un simple lien qui se révèle être un malware, dévoiler au grand jour l'ensemble des secrets de son entreprise, mais également toute sa vie privée, et celle de ses contacts les plus proches. C'est l'histoire malheureuse de Quentin Lafay lui-même, romancée et réinventée à travers ce roman, qui nous fait réfléchir à la notion de vie privée à l'ère du numérique.

Et vous, que feriez-vous à la place de Gaspard, protagoniste malheureux du roman de Quentin Lafay ?


Titre : L'intrusion

Auteur : Quentin Lafay

Date de parution : février 2020

Éditeur : Gallimard


Résumé : Gaspard travaille chez Avicenne, une entreprise véreuse qui intervient dans l'ombre pour des politiques et des Etats, sur des sujets pas toujours légaux. Un jour, il reçoit, sur sa messagerie privée, un mystérieux mail de la part de l'une de ses collègues, l'invitant à cliquer sur une pièce jointe dont il devrait impérativement prendre connaissance. Curieux, il clique. Erreur fatale ! Il s'agit en fait d'un malware. Demain, toute sa messagerie sera étalée au grand jour. Demain, tout le monde connaîtra le contenu de ses mails personnels et de l'ensemble des fichiers de son entreprise. A priori, il n'a rien à cacher... mais, et si ses amis, avec lesquels il échange depuis plusieurs années, n'étaient pas dans son cas ? Et si sa boite n'était pas si innocente ? Par ricochet, tous ceux qui l'ont côtoyé depuis des années sont menacés... et ses liens avec eux dans le même temps...

Mon avis : un roman très intéressant, qui a le mérite de nous mettre face à nos responsabilités et de nous interroger sur le sens du terme "vie privée" à l'heure du tout numérique. Le livre est assez flippant et nous rappelle que, dans notre société de sur-information, nous sommes tous vulnérables. Même si nous avons le droit à l'oubli, Quentin Lafay nous scande qu'à l'heure d'Internet personne n'oublie rien, jamais.
Ce qui a 10 ans, 15 ans 20 ans... nous qui n'effaçons souvent rien de nos mails, que ferions-nous si tout ressortait au grand jour ? Paierions-nous le prix fort pour les propos d'une personne qui n'est plus vraiment nous mais qui l'est néanmoins ? Peut-on prendre pour argent comptant les pensées et les écrits de la personne que nous étions à ce moment-là, même si depuis, nous sommes devenus quelqu'un d'autre, que nous avons changé ? 
C'est exactement ce qui arrive à notre protagoniste et, si ce dernier récolte ce qu'il a semé, l'homme qu'il est aujourd'hui ne pense souvent plus le moindre mot de ce qu'il a pu écrire autrefois... Quentin Lafay, à travers sa (presque) fiction, ne nous fait pas réfléchir sur son cas, mais sur le nôtre. Que ferions-nous si nous étions exposés ?
Si le roman est prenant, haletant, on regrettera néanmoins un texte un peu court, une conclusion un peu hâtive, et un livre qui aurait mérité un peu plus d'approfondissement... et de profondeur.




samedi 11 avril 2020

Le cas zéro de Sarah Barukh

Le cas zéro est typiquement le cas d'un livre découvert par hasard, sur une plateforme de téléchargement. Intriguée par la couverture, j'ai alors cliqué sur le résumé. On est bien loin ici des polars ou romans d'aventure que j'ai l'habitude de lire et de vous commenter, mais un "je ne sais quoi" m'a convaincue d'acheter ce livre. Le fait qu'il soit inspiré de faits réels, peut-être, même si le sujet, l'apparition du Sida en France, est moins immédiat d'accès que certains best sellers. 

Quoiqu'il en soit, je me lançais dans la lecture du roman, sans savoir qu'au moment d'en rédiger la critique, nous nous trouverions dans une situation très similaire : l'apparition en France d'une pandémie qui s’avérerait internationale, les questions et errances  du corps médical ainsi que la peur face à l'invisible, les erreurs gouvernementales... Un livre qui n'aide pas vraiment à prendre du recul sur la situation actuelle, mais qui analyse, sans fard, un épisode clé de notre histoire médicale, vu de l'intérieur.


Titre : Le cas zéro

Auteur : Sarah Barukh

Date de parution : mai 2018

Éditeur : Albin Michel


Résumé : tout commence par un cas, incompréhensible et inquiétant. Une série de symptômes incohérents, jamais vu ensemble, mais d'une gravité extrême. Laurent Valensi, médecin à l'hôpital Saint-Louis, ne sait comment soigner son patient, Ali Benyoussef. Partagé entre sa famille, qui veut le protéger d'une possible contamination, et des responsables déterminés à enterrer l'affaire, il se lance dans une course contre la montre et contre la mort. Il est déterminé à sauver cet homme et à faire éclater la vérité : et si Ali Benyoussef était le patient zéro, en France, de la terrible épidémie qui fait rage aux Etats-Unis et que l'on commence à nommer "le cancer homosexuel" ? Une version romancée mais terriblement crédible de la gestion de l'arrivée du Sida en France...


Mon avis : difficile de faire une critique de ce roman sans faire de parallèle avec la crise sanitaire mondiale en lien avec le Covid-19. On y retrouve de nombreuses similitudes, entre le désarroi du corps médical, les autorités qui veulent minimiser l'impact médiatique d'une telle "épidémie", la souffrance et la peur des patients, la volonté de sauver la vie coûte que coûte de notre protagoniste, des questions qui laissent la place à encore plus de questions, l'ère de la désinformation, la bêtise humaine en réaction à l'inconnu... Plus d'un an après sa sortie, le livre est, plus que jamais, d'actualité. Même si l'histoire ce situe il y a quelques décennies et raconte l'histoire d'une maladie qui, depuis, est connue et commence à être maîtrisée... le roman raconte une vérité immuable ! La gestion humaine face à l'inconnu, ici dans le cadre d'une crise sanitaire d'une ampleur inégalée. Sarah Barukh raconte avec brio, sa vision de l'Histoire, dans un roman qui prend aux tripes et qui nous fait assister, impuissants, à un scénario qui nous échappe totalement. Entre espoir et désillusion, l'auteur nous promène dans une oeuvre qui ne saurait nous laisser indifférents et qu'on n'arrive pas à lâcher. On s'émeut pour le pauvre Ali benyoussef, on espère et on se bat aux côtés du Dr Valensi... J'ai adoré ce bouquin qui m'a transportée loin des sentiers battus, et qui se veut, au-delà des aspects factuels, plein d'humanité et touchant de mille façons...








samedi 4 avril 2020

L'embaumeur d'Isabelle Duquesnoy

En cette période de crise sanitaire, une explication de texte autour de la thématique de l'embaumement n'est peut-être pas du meilleur goût. Néanmoins, pour ceux qui ont du temps pour lire et qui ont le moyen de se procurer ce roman, c'est un très bon passe temps, un poil moins anxiogène que La peste, même si un peu glauque aussi quand même.

Comme toujours, en ce qui est de trouver des petites perles, ma belle-soeur Audrey est de très bon conseil. Ici, on délaisse les romans policiers - quoi que - que j'affectionne tout particulièrement pour se plonger dans un roman plus historique, qui nous raconte l'histoire d'un embaumeur au XVIIIème siècle, post-révolution française. L'Histoire avec un grand H, histoire (avec un petit h) de sortir de sa zone de confort...


Titre : L'embaumeur ou l'odieuse confession de Victor Renard   

Auteur : Isabelle Duquesnoy

Date de parution : août 2017

Éditions de La Martinière


Résumé : Victor - Victordu ou encore Victorticolis - est difforme. Non content de commencer dans la vie par une difformité, il est élevé par une mère qui lui reproche toute son enfance d'être venu au monde en étranglant son frère jumeau avec son cordon ombilical. Il était bien mal parti, Victor. Mais alors que son père trépasse et qu'il faut nourrir son infâme mère, il échappe miraculeusement à sa condition misérable en devenant embaumeur. Victor va alors passer sa vie au milieu de cadavres. Et en la matière, il excelle. Surtout qu'après la Révolution, ce ne sont pas les morts qui manquent, à Paris. 
Un roman qui commence devant les tribunaux : Victor étant promis à la guillotine, il se raconte. Pendant 11 jours. Ses penchants amoureux, son travail auprès des morts, le commerce des organes et le secret de sa fortune... et comment il est devenu l'homme le plus détesté de Paris. 

Mon avis : une vision riche et intéressante du Paris post-Révolution française, qui nous plonge dans un certain obscurantisme, que l'auteure maitrise à la perfection (elle a mis 10 ans à collecter toute la substantifique moelle nécessaire à la rédaction de cet excellent roman !). On est immédiatement happé dans l'univers glauque des embaumeurs de l'époque. On se divertit tout en apprenant sur un sujet que nous n'aurions jamais imaginé aborder... un sujet cru, mais immensément captivant, contre toute attente. 
Le petit plus : tout ce qui relie l'art de l'embaumement avec la peinture et la recherche de pigments de couleurs à l'époque, les organes des morts étant alors l'objet d'un trafic très lucratif... 
Au-delà de l'aspect historique, Isabelle Duquesnoy réussit le pari de nous faire nous attacher à ce Victor, anti-héros par excellence dont on ignore tout du crime jusqu'à la fin, crime qu'on intuite sans pour autant jamais l'imaginer. 
Toutefois, j'ai trouvé quelques passages vraiment dérangeants, et même s'ils ont le mérite d'être replacés dans un contexte historique, je n'ai pas toujours été à l'aise avec l'entièreté du roman.
En conclusion, L'embaumeur est un très bon roman historique, qui mérite d'être lu... sauf pour les âmes sensibles, qui peuvent s'abstenir. Un genre de Parfum à la Patrick Süskind - en un peu moins bien -, qui devrait en ravir les amateurs !







samedi 14 mars 2020

Criminal Loft d'Armelle Carbonel

Parce que je ne fais pas que lire mais que je m'intéresse aussi à ce que lisent les autres, j'avais pu voir sur les réseaux sociaux que ma belle-soeur Audrey venait de terminer Criminal Loft. 

Au-delà du nom du roman, qui me plaisait plutôt pas mal, et du bon goût d'Audrey en matière de lectures, c'est la couverture du livre qui m'avait initialement attiré l'oeil sur facebook. 

Petite recherche pour en savoir plus... et je tombe sur la chronique vidéo de Gérard Collard, que je décide de regarder pour me faire un avis. Et là, le synopsis, qui me donne une envie furieuse de lire ce bouquin. Un polar français, en plus, qui a l'air du feu de Dieu... j'achète, comme dirait l'autre !


Titre : Criminal Loft

Auteur : Armelle Carbonel

Date de parution : septembre 2015

Éditeur : Fleur Sauvage


Résumé : 8 criminels dans le couloir de la mort. Ils ont tous commis des horreurs effroyables. Un producteur de télévision. Une idée insensée pour faire de l'audience. Le Loft. Comme Loft Story, mais version " maison de l'angoisse " : un ancien sanatorium rouvre ses portes pour devenir le Criminal Loft. Le gagnant parmi les 8 condamnés à mort, c'est-à-dire celui qui ne sera pas éliminé à la fin du show par les téléspectateurs, aura la vie sauve. Raconté à la première personne, le narrateur sortira-t-il vivant de ce jeu de l'horreur ?

Mon avis : un superbe idée, vraiment originale, et une belle plume. On entre dès la 4ème de couv' dans l'univers de cette auteure bien de chez nous que je ne connaissais ni d'Ève ni d'Adam, mais qui a des beaux jours devant elle et qui va sans aucun doute se faire un grand nom dans le polar. Dès le pitch de départ, on est happé et impossible de reposer le bouquin. Un vrai thriller comme on les aime. Mais en plus, avec de la profondeur : à travers ce roman, Armelle Carbonel nous livre une belle critique de la télé réalité et de la société moderne dans tout ce qu'elle fait de moche, en l'exploitant dans son visage le plus sombre. 
Après, très glauque, le roman ne plaira pas à tous tant il est noir et malsain. Le dénouement est un peu tiré par les cheveux, ce qui fait que l'on peut facilement décrocher à un certain stade de lecture. L'ensemble est un peu prévisible aussi, mais cela n'enlève en rien au plaisir global de la lecture de Criminal Loft.

En conclusion, une vraiment belle découverte, dont je recommande la lecture ! 



samedi 25 janvier 2020

Le palmarès Figaro Littéraire/GfK des 10 romanciers français qui vendent le plus

Avec une petite semaine de retard, je vous poste mon traditionnel article annuel de décryptage du classement Figaro Littéraire / GfK des romanciers français de fiction les plus vendus dans l'hexagone.


Ce qu'il faut en retenir

Les auteurs populaires vendent moins mais restent portés par les ventes de poches, qui permettent à 9 auteurs de ce classement sur 10 (Houellebecq est l'exception qui confirme la règle) d'y figurer... 

Si Guillaume Musso truste toujours et inlassablement - depuis 2011 - la première place de ce classement (et qu'il s'améliore d'année en année dans sa production littéraire selon mon humble avis), il vend - en 2019 - 200 000 livres de moins qu'en 2018. Quant au cumul des ventes des 10 auteurs les plus vendus en 2019, il baisse de 1,5 millions de romans vendus.

Michel Bussi reste le numéro 2 : la machine est bien lancée, portée par les adaptations TV de ses polars. Avec un nouveau roman - Au soleil redouté - prévu pour le 6 février, il est fort probable que la tendance se confirme en 2020, même si à force de produire, on peut craindre une baisse de qualité au fil du temps... l'avenir nous le dira.

Virginie Grimaldi, qui avait fait son entrée au palmarès l'an dernier, confirme son ascension, puisqu'elle prend déjà la 3ème place du classement. Elle illustre la tendance feel good qui fait recette dans l'hexagone, puisque qu'avec Aurélie Valognes, Raphaëlle Giordano, Agnès Martin-Lugand et Valérie Perrin, elle ne sont pas moins de 5 dans ce classement à préempter ce segment de marché ! Un constat à nuancer cependant, puisque ces auteures on presque toutes perdu des places par rapport à l'an dernier.

Marc Levy regagne une place, ce qui ne lui était pas arrivé depuis longtemps. 

Franck Thilliez est le seul auteur de thriller de ce classement, le genre noir semblant en effet de plus en plus délaissé au profit des bons sentiments.

Michel Houellebecq fait une entrée remarquée dans le top 10, grâce à Sérotonine.


Le top 10 

  1. Guillaume Musso
  2. Michel Bussi
  3. Virginie Grimaldi
  4. Marc Levy
  5. Aurélie Valognes
  6. Raphaëlle Giordano
  7. Agnès Martin-Lugand
  8. Franck Thilliez
  9. Michel Houellebecq
  10. Valérie Perrin

  • Ils sont toujours là : Guillaume Musso (=), Michel Bussi (=), Aurélie Valognes (-2), Marc Levy (+1), Virginie Grimaldi (-3), Raphaëlle Giordano (-2), Franck Thilliez (+2)
  • Ils intègrent le top 10 : Agnès Martin-Lugand, Michel Houellebecq, Valérie Perrin
  • Ils ont quitté le top : Joël Dicker, Pierre Lemaitre et Françoise Bourdin
  • Ils n'y sont pas revenus : Fred Vargas et Gilles Legardinier


Retrouvez mon article sur le classement de l'an dernier ici 

samedi 27 avril 2019

On la trouvait plutôt jolie - Michel Bussi

Retour à mes amours littéraires avec On la trouvait plutôt jolie de Michel Bussi. Et comme il n'est jamais trop tard pour commenter un bon bouquin, zoom sur cet excellent polar sorti en librairie en 2017. 

Dans ce roman-ci, Michel Bussi délaisse une nouvelle fois la Normandie chère à son cœur pour nous emmener sur les terres marseillaises. Pourquoi pas. 
Je suis moins fan de ses romans qui cherchent le soleil, à l'instar de Ne lâche pas ma main (Réunion) ou encore Le temps est assassin (Corse), mais rien que son titre, qui comme beaucoup de ses romans est inspiré d'une chanson française, me donnait l'eau à la bouche. 

On la trouvait plutôt jolie, quelle merveilleuse référence à la superbe chanson de Pierre Perret, Lily. Une très belle interprétation des obstacles à l'immigration en France, d'une actualité toute redoutable malgré une chanson datant de 1987 ! Et justement, le roman de Michel Bussi parle de ça. De Leyli, une immigrée africaine à Marseille. Entre autres. Un très bel hommage, malgré un univers bien différent de ce à quoi l'auteur normand nous avait habitué. Quoiqu'il en soit, ce changement de cadre n'était pas pour me déplaire, l'auteur commençant à devenir moins novateur au fil de ses romans... ou peut-être est-ce juste parce que je commence à en connaître trop parfaitement certaines ficelles à force de le dévorer ?

Du coup, mon amour immodéré pour Pierre Perret oblige, je me mets en condition pour écrire ce billet. Direction Deezer pour une petite écoute de Lily (suivie du reste d'un best of de ce parolier d'exception, tantôt grave, tantôt pitre, un mélange savamment dosé de perfection). Lily : cette chanson est tellement belle qu'elle m'inspire et sera ma muse pour cette nouvelle critique littéraire. 
Je vous invite d'ailleurs à l'écouter si vous ne la connaissez pas, cette chanson est un véritable bijou !


Titre : On la trouvait plutôt jolie

Auteur : Michel Bussi

Date de parution : octobre 2017 


Résumé : Leyli, jeune migrante malienne, élève seule ses 3 enfants, Alpha, Bamby et Tidiane. Elle vit dans un tout petit appartement d'une cité HLM de Marseille. Femme de ménage dans des hôtels de la région, le CDI qu'elle vient de décrocher devrait lui permettre d'enfin pouvoir prétendre à l'attribution d'un appartement plus grand pour sa famille. En parallèle, le corps sans vie d'un employé d'une association d'aide aux migrants est retrouvé dans un hôtel miteux. Très vite, les soupçons se portent vers Bamby, la fille de Leyli...

Mon avis : un très bon Michel Bussi. Si la problématique grave de l'immigration que l'auteur exploite dans ce livre surprend au départ, on se laisse très vite prendre par la plume du maestro. On s'attache à Leyli, on tremble pour Bamby, on se questionne sur qui est qui et qui a fait quoi. On comprend bien la difficulté pour la pauvre Leyli d'élever ses enfants dans un pays étranger et on s'émeut de cette volonté farouche de faire que ça marche après les épreuves endurées. Et il y a ce secret. Le secret de Leyli, qui pourrait tout éclairer. Comme toujours, Michel Bussi joue avec les mots et l'intrigue pour une nouvelle fois nous surprendre. On se demande où le roman va nous conduire. Et on n'est pas déçus du résultat.

Ce roman est somme toute assez déroutant pour les amateurs de Michel Bussi. À deux niveaux.
Le premier, le ton du roman. On la trouvait plutôt jolie est grave. On sort de la légèreté habituelle de l'auteur pour entrer dans l'univers rude et impitoyable des migrants. Le roman laisse un goût un peu amer sur la situation de ces gens qui font ce qu'ils peuvent mais qui partent avec un sacré handicap dans la vie. Il évoque avec humanisme ceux - très attachants, à l'instar du délicieux personnage de Ruben dans ce livre - qui rendent leur vie plus belle : il dépeint avec douceur la France, qui peut aussi et encore être une chaleureuse terre d'accueil. Tout en n'oubliant pas ceux qui profitent et s'enrichissent sur le dos des désespérés... Un écho glaçant et beau à la fois à la terrible actualité.
Le second, la construction du roman. Pas de situation initiale inextricable, comme dans Un avion sans elle par exemple, ou N'oublier jamaisOn est finalement, par ce roman, assez proche de Nymphéas noirs, mon préféré de l'auteur. Une lenteur dans le développement qui nous laisse le temps d'apprécier la gravité du propos, mais un final qui nous laisse bouche bée, avec un twist final assez magistral. Je ne vais pas vous mentir, encore une fois je n'ai rien vu venir. Même si la ficelle avait plus ou moins déjà été exploitée (vous comprendrez en lisant le roman), impossible de deviner vers où Michel Bussi nous emmène. Ce polar est une nouvelle fois admirablement construit et le dénouement, comme toujours, fait mouche. 
Si vous lisez Michel Bussi pour la première fois avec ce roman, vous risquez d'être époustouflés (un délicieux risque, vous en conviendrez). Si comme moi vous en être à plus de 10 romans de l'auteur, il est possible que vous soyez un peu plus blasés, mais vous serez forcés de reconnaître que cet homme là a du talent ! Un talent fou !!