samedi 22 novembre 2014

Paris, 1199 - Jean d'Aillon

Paris, 1199 est le deuxième tome des Aventures de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour
J'avais beaucoup aimé le premier tome qui, sur le même principe que les romans de Jean-François Parot, nous transportait dans une intrigue policière à travers les âges, puisque les histoires de Jean d'Aillon se passent sous le règne de Philippe Auguste. Et plus précisément, pour ce nouveau tome, en 1199, à Paris. Un moyen ludique de revisiter l'histoire, notamment celle du moyen-âge que, pour ma part, je maîtrise très mal. 

Et comme Robert de Locksley, alias Robin des Bois, fait partie de l'histoire, j'avoue que j'étais très tentée de le retrouver dans ce second opus... et oui, je l'admets, tout le long du roman, j'ai imaginé Kévin Costner mener l'enquête. On ne se refait pas, j'aime les Kévin ;)


Titre : Paris, 1199 (les aventures de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour)

Auteur : Jean d'Aillon

Date de parution : mai 2010

Résumé : après Marseille, ce nouveau roman nous emmène à Paris, où Robert de Locksley, connu dans sa jeunesse comme le fameux Robin Hood, est missionné par Aliénor d'Aquitaine, à la fois pour retrouver un trésor qu'il est accusé d'avoir volé, mais également pour identifier l'assassin de du roi anglais Richard Cœur de Lion, qui vient de succomber à un carreau d'arbalète empoisonné. Robert demande alors de l'aide à son ami, troubadour et ancien mercenaire, Guilhem d'Ussel. Très vite, Templiers et Cathares se mêlent à cette histoire, qui ne semble pas s'arrêter à Richard
Cœur de Lion, mais vise également son grand ennemi français, le roi Philippe Auguste...

Mon avis : le roman est un peu long à démarrer. Avec son style littéraire inspiré du moyen-âge, et un récit riche en références historiques qui supplantent parfois l'histoire avec un petit "h", j'ai vraiment mis du temps à rentrer dans l'intrigue. 
Cela étant dit, une fois que l'on a compris où l'auteur veut en venir, la deuxième partie du roman est exaltante (et pas seulement du fait de Robin Hood, personnage central de cet opus). Il est vrai que d'avoir bâti l'intrigue principale autour de la tentative de régicide de Philippe Auguste ajoute une dimension Historique, cette fois avec un grand "H", au roman, qui nous plonge dans les jeux de pouvoirs et de contre pouvoir de l'époque. Par ailleurs, la description du Paris du moyen-âge est très intéressante et enrichissante pour nous autres parisiens, qui pouvons faire la comparaison avec la ville actuelle.
En conclusion, un bon roman historique, du moment qu'on aime le moyen-âge et qu'on a la tête bien reposée.

Ma note : 6,5/10

samedi 15 novembre 2014

Le grand voyage - Franck Thilliez

De bon matin, un jour dans le train, au moment de m'asseoir, j'ai découvert sur mon siège un petit livre de poche intitulé "Les petits polars du Monde : Le grand voyage de Franck Thilliez". 
Surprise, j'allais le tendre à mon voisin d'en face, pensant que le livre lui appartenait, quand j'ai remarqué, sur la couverture, une pastille qui indiquait "SNCF vous offre un moment d'émotion". 

Ça, j'adore !! Moi qui passe mes heures de train à lire, me voir offrir un petit recueil par la SNCF, j'avais l'impression d'être récompensée pour ma fidélité et ma bonne humeur quotidienne (je trouve que mon calme face aux grèves ou face aux jeunes et leurs MP3 trop sonores mérite en effet d'être récompensé ;)

En gros, j'ai trouvé le concept absolument génial : tu trouves une nouvelle sur ton siège, tu la lis, et tu la transmet au voyageur suivant. Cette année, apparemment, l'oppération était rééditée pour la 3ème année consécutive, avec les polars à l'honneur : 13 auteurs pour 13 nouvelles inédites voyageant à travers rails et stations de transilien. 

Je suis donc tombée, pour ma part, sur une nouvelle de Franck Thilliez : Le grand voyage
Une occasion en or de découvrir cet auteur, que je ne connaissais pas.


Titre : Le grand voyage

Auteur : Franck Thilliez

Date de parution : juillet 2012

Résumé : Alors que Gilda et son fils, Jérémy, ont enfin réussi à s'offrir des vacances rêvées à bord d'un paquebot de croisière, ils découvrent un rouge-gorge qui s'est laissé enfermer dans la cale du navire. Quelques heures plus tard, en plein milieu de la nuit, le paquebot s'arrête soudainement et les passagers se retrouvent enfermés dans leurs compartiments. Certains commencent à ressentir de premiers malaises...

Mon avis : cette petite nouvelle a tout d'une nouvelle. Un début d'histoire alléchant, une promesse qui tient la route... mais un goût de trop peu. Je le redis, mais le format "nouvelle", pour moi, ne permet pas de développer correctement une intrigue, ce qui est le cas ici, tout au long des 40 pages du récit. Si l'écriture est plaisante et l'idée de base plutôt bonne, j'ai trouvé la fin complètement abrupte. Il semblerait que la sensation d'angoisse profonde qu'on éprouve en lisant ce livre est propre à l'auteur (j'avoue flipper, du coup, d'en lire quelques 300 pages). Après, les livres et films catastrophes ne sont pas vraiment ma tasse de thé, je leur préfére de loin des happy ending. En bref, je n'ai pas été totalement séduite... si ce n'est pas le concept des Petits polars du Monde, que je trouve remarquable.


Ma note : 5/10

samedi 8 novembre 2014

Deception Point - Dan Brown

Je ne peux pas vous parler de ce roman sans vous raconter une petite anecdote marrante. A l'origine, j'avais demandé, pour un anniversaire ou un Noël, je ne me rappelle plus bien, le livre Le symbole perdu, de Dan Brown. Je venais de découvrir l'auteur et j'avais envie de lire d'autres de ses romans. Sauf qu'au moment de ranger le livre dans ma bibliothèque, je me suis aperçue (j'ai très honte), qu'il y était déjà...

Du coup, j'ai essayé d'en donner un exemplaire à qui voulait. Mais, croyez-le ou non, c'est justement le livre de Dan Brown que tout le monde a lu ou que tout le monde a... (parfois même en double ^^)

Jusqu'au jour où Céline (encore elle), vient à la maison avec sa tonne de livres habituelle et, dans le tas qu'elle me tend, il y a Deception point. Celui-ci, elle ne me le prête pas, elle me le donne, car elle l'a déjà... Ni une ni deux, je l'échange avec le Symbole perdu, qu'elle n'avait pas lu.

C'est beau la vie, non ?


Titre : Deception point

Auteur : Dan Brown

Date de publication : 2001 aux USA, 2006 en France

Résumé : tout commence quand Rachel Sexton est appelée par le Président des États-Unis, alors en pleine campagne électorale pour sa propre succession, pour authentifier une incroyable découverte scientifique. De celles qui pourraient définitivement mettre à mal le père de Rachel, fervent détracteur de la NASA et qui n'est autre que le principal rival du Président pour accéder à la Maison Blanche. En plein cœur de l’arctique, une météorite a été retrouvée enfouie sous la glace, avec des traces de vie extraterrestre fossilisée. Accompagnée d'une batterie d'experts, dont le charismatique présentateur TV Michael Tolland, elle va faire une découverte qui va mettre leur vie à tous en grand danger. Et si la météorite n'était pas ce qu'elle paraissait être ?

Mon avis : c'est jusqu'à présent l'un des meilleurs Dan Brown que j'ai lu. Personnellement pas très fanatique des symboles en tout genre et de l'ésotérisme, j'aime beaucoup les "romans de jeunesse" de cet auteur, qui tiennent plus du thriller et de la grande aventure à la Indiana Jones. L'histoire avance à un rythme effréné et j'ai dévoré ce roman en un rien de temps. Si l'histoire met néanmoins un bon moment à démarrer (j'avoue avoir eu un peu de mal au début), d'autant plus qu'on voit venir le retournement de situation gros comme une maison, une fois que ça démarre, on n'est pas déçu, le rythme ne ralentit jamais. Personnellement, je recommande ce livre à tous les amoureux de Dan Brown et même à ceux lassés par ses romans plus ésotériques (Da Vinci Code, Anges & Démons, Inferno...). Je pense que c'est typiquement le bouquin qui plaira à tous les amateurs de bons thrillers.
Après, si comme moi vous avez lu et vous aimez René Barjavel, vous aurez alors un peu l'impression que le roman est pompé au maximum sur La nuit des temps... 


Ma note : 9/10

samedi 1 novembre 2014

Le mec de la tombe d'à côté - Katarina Mazetti

Ce livre là, c'est mon amie Céline qui me l'a prêté. Comme beaucoup d'autres, d'ailleurs. En fait, j'ai à peine fini d'écluser les livres qu'elle me prête, qu'elle m'en ramène le double. Ma bibliothèque d'amis (= la partie de la bibliothèque où je range les livres prêtés par les amis) tourne en grande partie grâce à elle (et à ma mère, avouons-le).

Ce livre là, de prime abord, je l'ai lu pour réduire le stock "Céline"... un peu. Et comme, parmi les livres qu'elle ma passés, je n'avais pas vraiment envie de me replonger dans 50 nuances de Grey (il me reste un tome), ni dans les Jean-François Parot (j'en ai lu un très récemment)... j'ai pris Le mec de la tombe d'à côté : le titre et le résumé étaient prometteurs...



Titre : Le mec de la tombe d'à côté

Auteur : Katarina Mazeti

Date de publication : 1999 en Suède, juin 2006 en France

Résumé : Désirée, bibliothécaire et jeune veuve, se rend régulièrement sur la tombe de son mari. Elle n'est pas vraiment épleurée de chagrin : on ne peut pas dire que son mariage tenait du grand amour, juste de l'habitude. Au cimetière, elle croise souvent Benny, agriculteur et mec de la tombe d'à côté, qui vient rendre hommage, à grands renforts de fleurs, à sa mère. A priori, ils n'ont rien en commun, à part de se croiser au cimetière. D'ailleurs, Désirée trouve la tombe d'à côté de très mauvais goût, tellement elle est tape-à-l'oeil. Et Benny, quant à lui, trouve la jeune femme trop fade ("grise") et hésite même à décaler ses jours de visites au cimetière pour ne plus la croiser. Sauf qu'il aura fallu d'un sourire pour tout faire basculer...

Mon avis : un excellent début de roman, très prometteur. J'ai adoré le décalage entre les 2 personnages et, surtout, le style d'écriture. L'auteur a eu une excellente idée, qui est d'alterner, chapitre après chapitre, la même histoire racontée une fois par Désiré, une fois par Benny. Au départ, ce style littéraire rend le décalage entre les modes de vie et la vision des 2 personnages assez cocace, et on accroche immédiatement. Cependant, le livre bascule très vite dans la facilité. On se retrouve rapidement dans un univers du style "L'amour est dans le pré" : une citadine qui rencontre un agriculteur. N'aimant pas l'émission TV, j'avoue que je me suis vite un peu ennuyé dans ce livre, dans lequel le pauvre agriculteur passe pour une buse en permanence. La fin, que l'on voit venir "gros comme un camion", est à mon sens un peu bâclée, sans surprise et sans saveur. Tout est trop gros pour que la mayonnaise prenne vraiment. J'aurais aimé que les 2 personnages se cherchent plus et tombent moins vite dans le cliché de la vie conjugale qui dégénère.
Quoiqu'il en soit, j'ai quand même pris du plaisir à lire ce livre, simple et rafraichissant, un peut comme un Anna Gavalda. Il se lit bien et détend mais, soyons honnêtes : ce n'est pas vraiment le meilleur livre de l'année.



Ma note : 6/10

samedi 25 octobre 2014

In tenebris - Maxime Chattam

Figurez-vous que le Guillaume Musso précédent, acheté pour terminer mes vacances en lecture, ne m'a pas duré plus de 2 jours... Étonnant, non ? 

Du coup, me voici sur l'autoroute du retour des vacances, sans un seul livre à lire. Et 1 600 kilomètres sans bouquin, j'ai du mal. Et comme on avait déjà fait tourner tous les CD au moins 2 fois depuis le début des vacances, j'avais vraiment besoin d'autre chose que de la musique pour m'occuper. 
Cela étant dit, Kevin étant au volant, j'avais enfin pu récupérer ma tablette, et je n'avais plus qu'à choisir quel nouveau bouquin j'allais dévorer !

Me voici alors à faire défiler la sélection d'auteurs et, comme d'habitude, je n'ai pas eu besoin d'aller très loin dans l'alphabet pour trouver mon bonheur : je me suis arrêtée à la lettre "C" (Zelazny, te lirai-je un jour, toi dont le nom commence par la lettre "Z" ??). 

Maxime Chattam : encore un auteur à succès dont je n'avais jamais lu un seul roman, même si, vrai dire, j'avais lu une nouvelle de lui, que j'avais d'ailleurs particulièrement bien aimée... Il était temps de passer à la vitesse supérieure !

Comme je sais que Chattam a sorti plusieurs trilogies, il n'était pas évident pour moi, juste avec les titres des romans et sans connexion Internet, de ne pas me tromper en choisissant un bouquin pile en plein milieu d'une saga. Au pif, j'en ai pris un dont j'avais l'intuition qu'il ne s'agissait pas d'une suite : In tenebris. J'ai choisi le bouquin sur son titre, qui donnait le ton : l'histoire devait être particulièrement sombre, ce qui me donnait déjà bien envie...

Bon, raté, je viens d'apprendre sur Wikipedia qu'il s'agit en fait du tome 2 de la Trilogie du mal. Mais visiblement, ça n'a pas l'air d'être vraiment dérangeant, vu que je ne m'en étais absolument pas rendu compte en le lisant !!


Titre : In tenebris

Auteur : Maxime Chattam

Date de parution : 2003

Résumé : le roman débute en plein hiver, alors qu'une jeune femme entièrement nue traverse les rue de New York, fuyant ce qui semble être un grand danger. Après examen médical, on apprend alors que la jeune femme a été enlevée et scalpée, avant de réussir à s'enfuir des mains de son ravisseur. Spécialisée dans les disparitions depuis que son compagnon a mystérieusement disparu, l'inspectrice Annabel enquête sur ce qui semble être une inquiêtante série de disparitions. En effet, elle ne tarde pas à découvrir, chez le kindnapeur présumé, une série de plus de 60 clichés de personnes disparues : enfants, jeunes femmes, hommes... Par le biais d'une citation latine gravée sur un mur de l'appartement, elle entrevoit alors qu'un certain Caliban est à l'origine d'un groupe de personnes responsables de dizaines de disparitions inquiétantes...
 
Mon avis : Un excellent polard noir ! Maxime Chattam a vraiment une plume qui glace le sang et qui nous entraine dans la noirceur et les profondeurs de l'âme humaine avec grand brio.  C'est déjà ce style littéraire remarquable qui m'avait convaincue dans la nouvelle de l'auteur que j'avais lue précédemment : un style littéraire et une construction de l'histoire qui déjà m'avaient scotchée sur une dizaine de pages. Si l'auteur avait pu me surprendre sur 10 pages, j'avais hâte de voir ce qu'il donnerait sur 400. Et force est de constater que Maxime Chattam réussit le pari de faire de même sur un roman complet : chapeau l'artiste ! Tout ce roman tient dans l'ambiance, digne du Silence des agneaux
2 petits bémols cela étant dit. Le 1er : les débuts de chapitres sont très descriptifs et cassent complètement l'histoire. Le 2ème : au niveau histoire, il n'y a à mon sens pas de réelle nouveauté : la recette est connue. Mais quoiqu'il en soit, les amateurs de polards noirs vont vraiment apprécier ce roman, facile à lire et vraiment captivant, du début à la fin. A moi, il m'a donné de découvrir d'autres romans de l'auteur.

Ma note : 7/10

samedi 18 octobre 2014

Demain - Guillaume Musso

Environ 5 jours avant la fin des vacances d'été en Espagne, j'avais déjà atomisé mon stock de bouquins. Normalement, j'avais un plan B, à savoir que j'avais emmené ma tablette avec tous mes e-books. Sauf que mon mari Kévin, qui avait terminé son énorme tome 2 de Game of Thrones, avait préféré commencer le tome 3 sur ma tablette plutôt que de lire l'un des nombreux romans papier que j'avais apportés.

Autant dire que si j'attendais qu'il le termine pour récupérer ma tablette, je n'avais pas fini d'attendre (il fait plus de 1 000 page, le bazar). Du coup, je suis passée au plan C : aller acheter un bouquin pas trop compliqué à la librairie espagnole. Arrivée au magasin, je me suis rendue compte que j'avais été bien optimiste : la librairie du centre commercial ne faisait pas vraiment dans le "pas trop compliqué". La grande majorité des romans faisait en moyenne 600 pages (je parle bien espagnol, mais quand même) et étaient des romans d'auteurs pas franchement de mon niveau (Grabiel Garcia Marquez, Carlos Ruiz Zafon...). J'avais à la base misé sur un Harlan Coben, mais point de Coben dans la boutique. Le bouquin le plus abordable était un nouveau roman de loups-garous écrit par Anne Rice, mais à 35€ le bouquin, j'étais vraiment en train de déchanter.

Du coup, place au plan D : trouver un bouquin jeunesse à Carrefour. Et là, quelle ne fut pas ma surprise de tomber sur un Musso, et en en Français qui plus est ! J'avoue, à ce moment-là, mes bonnes résolutions de lecture en espagnol se sont envolées, j'ai cédé à la facilité. Avec un légère appréhension néanmoins, car mon premier Musso m'avait fort déçu...


Titre : Demain

Auteur : Guillaume Musso

Date de parution : février 2013

Résumé : Mathiew, un trentenaire bostonien, célibataire depuis qu'il a perdu sa femme dans un terrible accident, achète un ordinateur portable dans un vide-grenier New yorkais. Alors que le disque dur de l'ordinateur est censé avoir été vidé, il découvre sur celui-ci des photos d'une jeune femme, Emma. Il lui envoie alors un mail pour lui proposer de récupérer les photos avant qu'il ne les supprime de l'ordinateur. Après de nombreux échanges de mails, ils se donnent rendez-vous dans un petit restaurant italien, histoire de faire plus ample connaissance. Mais si chacun pousse la porte du restaurant et s'installe à la table qu'ils ont réservée, ils ne se croiseront pourtant jamais... Pourquoi ? Que s'est-il passé ? Emma et Mathiew vont vite lever le voile sur un mystère qu'ils n'auraient jamais pu soupçonner.

Mon avis : si j'étais restée un peu frustrée à la lecture de 7 ans après, à mon sens complètement bâclé sur la fin, pour le coup, j'ai trouvé que Demain était un roman fort sympathique : bien construit, très agréable à lire, et plutôt abouti. L'idée de base est vraiment bonne et, même si on s'attend à la fin, l'ensemble est assez plaisant. 
Après, je l'avoue, j'ai eu le sentiment déroutant de lire un roman de Marc Levy. Un copier-coller de ses romans de jeunesse (ceux que j'aime plutôt bien), tels que Et si c'était vrai ou 7 jours pour une éternité. L'auteur utilise exactement les mêmes ficelles : une note de romantisme chewing gum sur un fond de "paranormal". On m'aurait mis le nom de Marc Levy sur la couverture, je n'aurais pas douté une seconde que ce fut l'un de ses romans. Il ne manquait que l'inspecteur Pilguez pour y croire. En tout cas, les amateurs de Marc Levy devraient savourer ce roman. C'est un livre que l'on pourrait qualifier de "facile" (à écrire, à lire, à vendre...), mais franchement, pour se détendre, il n'y a rien de mieux.  

Ma note : 7,25/10

vendredi 10 octobre 2014

Mémoires d'un perfectionniste - Jonny Wilkinson

En général ce genre de biographie ou d'autobiographie de sportifs, je ne les achète, pas, je me les fais prêter (par ma boss). Après, c'est vrai que le rugby, c'est différent, c'est plus mon terrain.

L'histoire de l'achat de ce livre, curieusement, commence par une histoire de football. 
Pour les 30 ans d'un ami de jeunesse de mon mari, on cherchait une idée de cadeau un peu sympa, qui lui corresponde. Or, ce qui correspond à 300% à cet ami, c'est l'OM (Olympique de Marseille, en foot, pour les néophytes). 
C'est le genre de gars qui a un "bracelet" OM, un jogging OM, des posters OM chez lui... Bref, qui vit et respire OM, vous l'aurez compris ! Quoi qu'il en soit, trouver un cadeau OM qu'il n'ait pas encore en sa possession, à Paris, en 2 jours (donc pas d'internet), c'était un défi balèze. On a alors pensé à un livre. Ils devaient bien avoir ça à la FNAC. J'irai entre midi et 2. 

La FNAC, ça laissait peu de marge : c'était un livre ou rien. Pour un gars qui avait lu 2 livres dans sa vie (à peu près), fallait la jouer "malin", pour éviter le cadeau qui pourrit au font d'une armoire. 
Arrivée devant le rayon sport, ça ne commençait pas trop bien. Bien évidemment, il n'y avait à hauteur d'yeux, que des bouquins sur le PSG... Et finalement, comme quoi il ne faut jamais s'avouer vaincu, dans la position du lumbago, j'ai fini par trouver 4 ou 5 livres sur l'OM...
Dont une collection de livres avec plus d'images que de texte, comprenant un DVD des plus beaux buts du clubs. Idéal pour pallier le manque de pratique de la lecture de l'ami en question. 

Tout ça pour dire quoi ? En cherchant le rayon foot/OM dans la boutique, je suis tombée sur le rayon rugby et sur l'autobiographie de Sir Jonny Wilkinson... en poche, à 7,60€. Genre, l'autobiographie du meilleur joueur du monde dans mon sport fétiche, à seulement 7€ ??!   J'avoue, j'ai craqué et suis repartie avec les 2 bouquins sous le bras : l'un relatif à un club de foot marseillais, l'autre relatif à un joueur évoluant dans un club de rugby toulonnais - et qui plus est un joueur anglais.

Pour ceux qui connaissent mes préférences sportives (géographiquement parlant), passer en caisse avec ces bouquins fut une vraie torture. Wilkinson passait encore, mais le gros bouquin bleu et blanc avec écrit OM en gros, il fallait vraiment que j'aime mon mari ! 


Titre du livre : Mémoires d'un perfectionniste

Auteur : Jonny Wilkinson

Date de parution : septembre 2012

Résumé : Beaucoup se l'accordent à dire, Jonny Wilkinson, mythique joueur du XV de la rose (pour les non connaisseurs, de l'équipe nationale anglaise de rugby), fut le meilleur joueur du monde de rugby à XV.
C'est aussi le joueur qui a traversé 4 coupes du monde, qui détient le record de points marqués et celui du nombre de blessures essuyées pendant sa carrière... c'est aussi et enfin le joueur qui a marqué le drop de la victoire en finale de coupe du monde dans les dernières secondes face à l'Australie... Bref, c'est un as du rugby. Pour nous autres Français, c'était, de son temps, LE joueur à abattre, celui qui nous faisait perdre tous nos moyens... l'ennemi public numéro 1. Au-delà de ce palmarès impressionnant, cette autobiographie revient sur le perfectionnisme maladif de Jonny Wilkinson : les heures de travail sur lui-même pour en arriver au joueur qu'il est devenu. 
Un livre qui débute par l'enfance de Wilkinson et s'achève par la coupe du monde de 2011 et l'entrée du joueur à Toulon.

Mon avis : un très bon livre, qui nous aide vraiment à comprendre comment un champion peut devenir champion, tout en restant humble. 
L'histoire de Jonny Wilkinson est aux antipodes de l'histoire de Zlatan. Ce dernier partait du principe qu'il était le meilleur en tout. Après tout, il était Zlatan ! Jonny lui, partait du principe, et ce dès le plus jeune âge, qu'il était insuffisant en tout. Alors que Zlatant venait d'un milieu défavorisée et s'est convaincu de sa supériorité pour s'en sortir, Jonny venait quant à lui d'une famille anglaise plutôt aisée, mais s'est convaincu de ses faiblesses et de l'importance de son travail pour gagner l'estime des autres mais surtout la sienne
L'aspect plus impressionnant de ce livre, c'est cette espèce de remise en question constante, cette volonté de perfectionnisme inatteignable. Déjà, à 8 ans, il était malade, avant un match, à l'idée de faire perdre son équipe. En grandissant, il s'imposait des séances d'entrainement quotidiennes durant bien 3 heures de plus que celles de ses coéquipiers. Par exemple, il explique que chaque année, il se fixait une liste d'objectifs ambitieux (le mot est faible) à atteindre : être le meilleur du monde, être Capitaine de l'équipe d’Angleterre et gagner un match en tant que Capitaine, gagner la coupe du monde, être sélectionné avec les lions et gagner un match, gagner la coupe d’Angleterre... 
Jonny Wilkinson est un névrosé du travail et un perfectionniste pathologique. Son humilité vient avant tout d'un sentiment d'être toujours un cran en dessous de ce qu'il espère être. C'est ce travail acharné et cette posture qui en auront fait le meilleur joueur du monde. Et qui lui auront fait traverser quelques années de désert sportif et psychologique. Quand, à 25 ans, on a déjà tout remporté, qu'on a atteint tous les objectifs fixés... il ne reste plus qu'à redescendre ! Wilkinson, qui subit alors blessure sur blessure (il a bien trop usé son corps dans ses jeunes années), connait à ce moment-là une méchante dépression dont seul une nouvelle philosophie de vie pourra le sortir.
Bref, ce fut un livre vraiment très intéressant. 

Après, 2 ou 3 petites choses m'ont moins plues. Par exemple, cette phrase en début d'ouvrage : "Jonny Wilkinson a exercé son doit d'être reconnu en tant qu'auteur de cet ouvrage". Donc, monsieur le perfectionniste a fait écrire son livre et a payé très cher son nègre pour avoir le droit de faire reconnaitre le livre comme une autobiographie... pas très "valeurs du rugby", tout ça. 
Et puis, pourquoi sortir un ouvrage sur sa vie si tôt ? Pour finir l'ouvrage sur une coupe du monde, Jonny est passé à côté de ses meilleures années à Toulon, avec une carrière qui se ponctue sur un doublé historique : champion de top 14 et de coup d'Europe...
Ensuite, ce qui est dommage, même si le livre n'est pas fait pour ça, c'est qu'il y a très peu de références "hors rugby". Par exemple sur sa famille, sur sa femme, sur le fait que la Reine d’Angleterre l'ait anobli (excusez du peu)... des anecdotes du domaine du privé oui, mais qui auraient pu nous éclairer sur son caractère, sur son parcours et sur comment il a réussi à relever la tête après quelques années difficiles. Je ne dis pas d'en faire des caisses, mais juste un peu plus. 
Enfin, mais c'est anecdotique, j'ai trouvé un peu frustrant le fait que le livre soit vu sous un prisme anglais et que, du coup, tout le long du livre, l'auteur se félicite d'avoir battu la France à plate couture... ça m'a fait revivre quelques frustrations et mauvais souvenirs...

Enfin, pour finir sur une note plus optimiste, j'ai carrément adoré, en fin de livre, le recueil de témoignages de ses coéquipiers, qui résument parfaitement le livre
Celui qui m'a le plus marqué, c'est celui du joueur argentin Felipe Cantepomi : "je dis toujours qu'il est un des rares, peut-être le seul, Anglais aimé des Français"


Ma note : 8/10