mercredi 3 avril 2019

"Livre ou film ? n°11" : Un avion sans Elle

Quelques mois après mon billet comparant Maman a tort de Michel Bussi avec son adaptation TV, c'est désormais au tour de Un avion sans Elle de passer sur le grill. 
Il faut dire que Michel Bussi, désormais sur le podium des auteurs français les plus lus et populaires, soulève les foules de l'adaptation avec rien de moins que 3 téléfilms réalisés ou en cours de réalisation et 2 déclinaisons en bandes dessinées sur 2018 et 2019... de quoi rendre jaloux ses concurrents directs.

Hier donc s'achevait sur M6 le téléfilm en 4 épisodes d'Un avion sans Elle, le roman multi récompensé et multi traduit qui avait fait décoller l'auteur en 2012. Celui par lequel je découvrais Michel Bussi pour la toute première fois... nostalgie, quand tu nous tiens !

Si Maman a tort n'était pas mon roman préféré de l'auteur et, par conséquent, j'avais de moins fortes attentes quant à son adaptation télévisée, Un avion sans Elle étant pour moi comme une madeleine de Proust Bussienne, je redoutais nettement son adaptation, que j'avais peur de trouver décevante. Il faut dire que j'avais vraiment adoré le roman, dont vous pourrez relire la critique de l'époque ici.


Titre : Un avion sans Elle

Auteur : Michel Bussi

Date de parution : 2012

Éditeur : Presses de la cité

Prix : Prix Maison de la Presse et Prix du Roman Populaire, décembre 2012


Quelques infos sur le téléfilm :
  • De : Jean-Marc Rudnicki, Nicolas Durand-Zouky
  • Avec : Bruno Solo (Jacques Monod), Pénélope-Rose Lévèque (Emilie Vitral), Yaniss Lespert (Marc Vitral), Anne Consigny (Mathilde Carville), Margaux Chatelier (Nina Passard), Didier Bezace (Henri Carville), Agnès Soral (Nicole Vitral), Anne-Elisabeth Blateau (Solen Martineau), Foëd Amara (Karim Bouazi)...
  • Date de diffusion : 26 mars et 2 avril 2019
  • Chaîne de diffusion : M6
  • Nombre d'épisodes : 4 d'une cinquantaine de minutes chacun



De quoi ça parle ?

Un avion sans Elle, c'est l'histoire d'un vol Istanbul-Paris qui s'écrase sur le Mont Terrible, dans le Jura, ne laissant aucun survivant, à l'exception d'un nouveau né... une petite fille réclamée par 2 familles, les Carville et les Vitral. Alors que la justice tranche en faveur des Vitral, le détective engagé par les Carville fait, 20 ans plus tard et juste avant d'être sauvagement assassiné, une découverte qui va tout changer...


Le livre ou le film ?

Sans grande surprise, le livre. De ce roman, je me souviens surtout, au-delà de son épilogue grandiose, de son rythme effréné, une course contre la montre qui nous tient en haleine de la toute première à la toute dernière page. Environ 200 pages de suspense à couper le souffle avec peu d'espace pour respirer. C'est ce rythme que j'avais plébiscité lors de ma découverte de l'auteur et qui faisait de ce livre un très grand livre, sans compter bien évidemment la clé de l'énigme... ce petit twist final tellement évident mais tellement introuvable si on n'a pas "le truc". Du pur génie "made in Bussi" ! Or, vouloir faire de ce roman 4 épisodes (vous me direz, c'est toujours 2 de moins que l'adaptation de Maman a tort) est une erreur. Un film de 2 heures ou un téléfilm de 2 épisodes aurait largement suffit à retranscrire l'intensité de ce policier haletant.

Autrement, c'est une bonne adaptation dans l'ensemble. L'intrigue est plutôt bien respectée : une fidélité que je n'avais pas autant retrouvé dans l'adaptation de Maman a tort. Pour ceux qui n'ont pas lu le roman, cette mini-série respecte l'oeuvre d'origine dans son ensemble et ne trahit pas la trame de l'intrigue. 
On y retrouve les mêmes ingrédients, avec pour autant une certaine fadeur dans le traitement, due en partie à un jeu d'acteurs et une manière de filmer "à la française" qui ralentissent l'ensemble. J'ai trouvé l'actrice incarnant Emilie Vitral assez terne, un peu à côté d'un rôle qu'elle aurait pu rendre beaucoup plus intense et profond, là où à l'inverse, l'actrice jouant Nina Passard est une belle révélation.

Certains détails m'ont également gênée. Les scénaristes de ce type d'adaptations ne peuvent pas s'empêcher de modifier de petites choses des romans qu'ils déclinent, parfois sans grand intérêt pour la série mais qui trahissent l'oeuvre originale aux yeux de ceux qui connaissent bien son auteur.
Pourquoi placer l'intrigue en grande partie dans les Hauts de France au lieu de la Normandie ? Les plages calaisiennes sont-elles réellement plus belles que les plages dieppoises ? Quand on sait l'attachement de Michel Bussi pour la Normandie, quel intérêt ? 
Dans le même ordre d'idée, pourquoi renommer Crédule Grand Duc Jaques Monod ? Cette recherche de noms singuliers chère à l'auteur devait-elle obligatoirement être foulée au pied ? Croyez-moi, je me souviens peu des noms des personnages des romans que je lis, mais concernant Crédule Grand Duc, qui n'a pas été frappé par ce nom improbable en lisant le roman Un avion sans Elle ? Pourquoi ne pas le conserver ? Est-ce un patronyme si ingrat pour le grand Bruno Solo ? 
Des détails, certes. Mais qui bafouent le talent et la signature de Michel Bussi et qui m'ont dérangée.

C'était néanmoins une adaptation plutôt réussie, mais au vu de la qualité du roman, préférez-lui l'original, vous ne serez pas déçus. A moins que l'adaptation en BD, prévue pour l'année prochaine, soit à la hauteur de l'oeuvre et satisfasse les plus pressés.




samedi 30 mars 2019

L'assassin qui rêvait d'une place au Paradis - Jonas Jonasson

L'assassin qui rêvait d'une place au Paradis est le troisième roman de Jonas Jonasson, après Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire et L’analphabète qui savait compter.
Le premier avait ouvert le bal de mes billets de blog le 23 février 2013 (déjà !) et avait reçu la note maximale, tant le coup de cœur avait été grand.
Le second m'avait beaucoup plu également, avec une très bonne note sur ce blog, même si j'avais trouvé le style - très caractéristique de Jonas Jonasson - et la trame narrative un peu répétitifs en comparaison avec le Vieux et que j'avais peur de vite me lasser de l'auteur (ma critique de l'époque : "ça fonctionne à merveille, mais avec un soupçon de déjà-vu. Dans 2 ou 3 romans, saura-t-il se renouveler ?")

Néanmoins, ne jugeons pas à la hâte : j'achetai vite ce troisième roman de l'auteur suédois, dont la quatrième de couverture était très alléchante. De quoi vérifier si l'auteur tenait la route dans la durée et si ce style caustique au comique par l'absurde si particulier finissait, à la longue, par lasser le lecteur. 
D'autant plus que depuis quelques années, pléthore de romanciers se sont emparés de ce style littéraire, avec plus ou moins de succès, gavant les modestes lecteurs que nous sommes jusqu'à l'indigestion... d'où un risque bien réel d'overdose et un impératif pour Jonas Jonasson de se renouveler tout en conservant la substantifique moelle de son succès. A mon sens, le plus grand risque avec ce type d'auteur est de finir par nous bâcler un roman par an pour faire plaisir à l'éditeur. Or ici, à mon humble avis, le challenge est trop important pour cette poule aux œufs d'or du roman comique nordique et chaque nouveau livre devra donc désormais être mûri et réfléchi pour éviter la déception.


Titre : L'assassin qui rêvait d'une place au Paradis

Auteur : Jonas Jonasson

Date de parution : 18 février 2016

Éditeur : Presses de la cité

Résumé : Per Persson est réceptionniste dans un hôtel miteux. Parmi les occupants de l'établissement, Dédé le Meurtrier, qui comme son nom l'indique n'est pas un modèle de sainteté. Ensemble, et avec Johanna Kjellander, une femme prêtre qui n'a jamais cru en Dieu, ils montent un business crapuleux de tabassage de mafieux et malfrats en tout genre contre finances. Très vite, ils amassent un joli pactole. Jusqu'au jour ou Dédé, leur tabasseur et principal atout, découvre Dieu et la foi. Alors que les commandes continuent de pleuvoir, Dédé renonce à la violence et refuse de respecter les contrats. L'heure est à la fuite, mais les avides Per et Johanna ne comptent pas en rester là et trouvent une nouvelle combine pour amasser des gros billets, cette fois-ci en accord avec la foi nouvelle de Dédé : ils montent une église d'un nouveau genre...

Mon avis : une jolie perle, comme l'ensemble des romans de Jonas Jonasson. On change un peu de décor avec ce troisième livre, en suivant des malfrats qui s'assument (et non des malfrats malgré eux comme dans ses autres romans), même si on reste complètement dans l'épopée burlesque qui a fait la renommée de l'auteur. Les personnages sont attachants et très bien amenés : Jonas Jonasson a décidément un don pour arriver à nous passionner pour ce type de protagonistes à moitié débiles mais tellement touchants. 
Avec L'assassin qui rêvait d'une place au Paradis, il monte encore d'un cran dans l'absurde, il ose tout. Bien sûr, même si ceux qui comme moi on déjà lu les 2 opus précédents profiteront nettement moins de l'effet de surprise propre à ce romancier, il est à souligner que pour un troisième bouquin qu'on attend au tournant et dont on connait déjà le style et le type d'histoire, Jonas Jonasson arrive encore à nous surprendre. Et plus on pense que le roman va loin, plus l'auteur continue dans l'absurdité. A croire qu'il n'y a pas de fond à son imagination fertile. Pour le coup, je dis bravo l'artiste, car peu d'auteurs arrivent à se renouveler et à faire mouche dans un style aussi marqué. 
Après, certains passages sont un peu (voire beaucoup) tirés par les cheveux et un lecteur aguerri pourrait se lasser ou trouver les ficelles un peu (voire très) grosses (on est à la limite de ce qu'on peut craindre sur ce type de roman)... Mais sérieusement, si on se prend au jeu et qu'on oublie la vraisemblance, on jubile !




mercredi 27 mars 2019

13 à table ! 2017 - Recueil de nouvelles au profit des Restos du coeur

C'est devenu une tradition : chaque année, j'achète (ou parfois je me fais offrir) 13 à table !, le recueil de nouvelles édité au profit des Restos du cœur (1 livre acheté = 4 repas distribués). 

Quand on voit ce que devient le spectacle des Enfoirés, trusté par la Star Ac et The Voice, j'ai désormais plus envie de participer au financement de l'association par un bon bouquin que par l'achat d'un CD insipide avec des chanteurs que j’exècre... même si je lis et commente sur ce blog le recueil de nouvelles plus d'un an après.

En 2017, cap sur la troisième édition de cette initiative, avec des auteurs devenus incontournables dans l'exercice, comme Maxime Chattam, présent depuis le premier jour, et de nombreux petits nouveaux, que j'ai découverts - pour beaucoup - via ce nouvel opus de 13 à table !

En 2017, le thème choisi pour le recueil était celui de l'anniversaire, sur lequel nos grands romanciers français se sont essayés, avec plus ou moins de succès, plus ou moins de finesse, plus ou moins d'émotion.


Titre : 13 à table ! (2017)

Auteurs : Françoise Bourdin, Maxime Chattam, François d'Épenoux, Caryl Férey, Karine Giébel, Alexandra Lapierre, Agnès Ledig, Marc Levy, Agnès Martin-Lugand, Bernard Minier, Romain Puértolas, Yann Quéffelec et Franck Thilliez.

Date de publication : décembre 2016

Éditeur : Pocket

Résumé : à l'occasion de la troisième initiative annuelle de 13 à table !13 auteurs proposent leur version du thème de l'anniversaire à travers une nouvelle au profit des Restos du cœur. 

Mon avis : après une très bonne première édition, avec des auteurs impliqués et appliqués, l'édition 2016 m'avait un peu déçue. On sentait une approche un peu plus commerciale, un peu plus à la va-vite, moins appliquée, avec des auteurs moins en phase avec le style littéraire imposé : la nouvelle. Cela étant dit, pour la bonne cause et ne refusant jamais une découverte littéraire, encore moins à 5 euros, j'achetai à nouveau ledit recueil pour sa 3ème édition. 2017 est sans conteste un meilleur cru que le précédent, bien que le traitement souvent glaçant, macabre ou encore simplement malaisant des nouvelles qu'il contient dénote totalement avec le thème imposé : celui de l'anniversaire. Mention spéciale, comme tous les ans, pour Maxime Chattam, que je trouve décidément mieux en nouvelle qu'en roman et qui a réussi le pari de m'empêcher de dormir en une dizaine de pages, ainsi que pour Bernard Minier ou encore Marc Levy. Pour les autres, j'ai du mal à me souvenir de ce que j'ai lu... cela n'a pas vraiment dû me marquer et donne le ton d'une édition correcte, mais sans plus. Néanmoins, cela ne m'a pas empêché de me procurer l'édition 2018, que je n'ai pas encore eu le loisir de lire mais que je vous chroniquerai avec grand plaisir dans un prochain billet, le temps d'éponger mon grand retard ;)


samedi 23 mars 2019

Traque mortelle / Alias Thanatos - Sandra Alves

Bonjour à tous, ravie de vous retrouver après une longue période de pause, liée à une activité intense au travail.

Aujourd'hui, je profite de mon congé maternité tout frais pour vous retrouver et vous présenter un auteur coup de cœur : Sandra Alves.
Rappelez-vous, je l'avais rencontrée un peu par hasard en 2017 lors d'une table-ronde sur le polar où j'avais été à la rencontre de Michel Bussi. Et lors de cette table-ronde, en écoutant Sandra Alves parler de son premier roman, édité sur la plateforme de lecteurs bénévoles Nouvelles Plumes, je m'étais rendue compte qu'en tant que membre, j'avais eu l'occasion de lire son premier roman, de le noter, et certainement de participer à sa publication.

Lors de la séance de dédicace post table-ronde, j'avais découvert un auteur sensible et très proche de ses lecteurs. J'avais très envie de découvrir son second roman, tout fraîchement sorti de presse... que je m'empressais d'acheter à cette occasion.



Voici donc une critique, complètement à retardement, de ces 2 petites perles du polar français.


Titre : Traque mortelle

Auteur : Sandra Alves

Date de parution : mai 2015

Maison d'édition : Nouvelles Plumes

Résumé : Judith, Commandant de police au 36 Quai des Orfèvres, et Magali, sa coéquipière, enquêtent sur une série d'assassinats perpétrés par un serial killer qui s'inspire des grandes scènes de meurtres de films célèbres. Sur chaque scène de crime, il laisse aux 2 enquêtrices un indice sur le prochain meurtre : des objets leur appartenant...

Mon avis : pour un premier roman, c'est bluffant. Je me souviens qu'en découvrant le manuscrit sur le site Nouvelles Plumes, je m'étais dit que parmi tous ceux déjà lus, c'était un des meilleurs. On sent, au début du roman, le style encore un peu jeune et hésitant de l'auteur, doté de quelques maladresses, mais très vite, on est happé par l'intensité de l'intrigue et des personnages. L'idée des références à des classiques cinématographiques du genre est classique mais excellente, on se délecte de deviner vers lequel d'entre eux les indices nous portent. Le travail sur les personnages, très "nature peinture", confère une aspérité et un relief inédits au roman et on s'attache aux 2 femmes qu'on prendra plaisir à retrouver dans le second roman de l'auteur, Alias Thanatos. En grande fan de polar que je suis, j'avais deviné le dénouement du livre, mais c'est finalement secondaire car on plonge à corps perdu dans l'oeuvre et ce n'est pas vraiment le dénouement du roman qui fait qu'on l'apprécie... et ce quelles que soient les maladresses de jeunesse qu'on peut y retrouver. Dès le second ou le troisième chapitre, tout est oublié, on ne lâche plus le bouquin. Quant au style, inspiré des dialogues de cinéma, il est peu rédigé, peu descriptif, ce qui apporte au rythme de l'ensemble, confère une certaine singularité au polar et rend le tout extrêmement facile à lire.



******


Titre : Alias Thanatos

Auteur : Sandra Alves

Date de parution : février 2018

Maison d'édition : Nouvelles Plumes

Résumé : de retour au 36 Quai des Orfèvres après la terrible affaire qui l'a occupée dans Traques Mortelle, Judith se penche sur un nouveau cas. Une petite fille est retrouvée morte sur la Place de la Bastille, son corps embaumé. Ce meurtre sera le premier d'une longue série, qui se poursuit avec le père de la fillette, loin d'être innocent, et qui met en lumière la profondeur de l'âme humaine.

Mon avis : ce roman est l'aboutissement de ce que Sandra Alves avait initié dans Traque mortelle. On retrouve les personnages qu'on a tant aimés dans son premier roman, qu'il n'est pas nécessaire de l'avoir lu pour lire et apprécier ce nouvel opus, avec un style qui s'est vraiment affirmé. L'auteur confie qu'elle a eu beaucoup de mal à abandonner le style du premier livre, sous forme de dialogue du début jusqu'à la fin, pour ajouter du descriptif, du rédactionnel plus appuyé. Cela ne se ressent pas, et on est clairement monté en gamme entre les 2 romans.
Si le thème du second livre me faisait moins rêver que le premier, l'histoire est vraiment bien amenée et on accroche tout de suite. Et cerise sur le gâteau, l'auteur s'est permise des rebonds dans le scénario auxquels je ne m'attendais pas du tout, ajoutant un réel piment au roman, ce que j'avais moins ressenti dans le premier. Bref, Sandra Alves s'affine, grandit et déploie ses ailes, et j'ai hâte de voir ce que donnera son prochain polar, car si elle poursuit sur sa lancée, ça sera jouissif !


samedi 4 août 2018

Le retour de Jules - Didier Van Cauwelaert

Deux ans après son très bon roman Jules, Didier Van Cawelaert revient avec Le retour de Jules. Rappelez-vous, il nous avait fait découvrir en mai 2015 ce chien d'aveugle prêt à tout pour retrouver sa maitresse qui avait recouvré la vue et n'avait plus besoin de ses services... jusqu'à aller chercher le petit vendeur de macarons de l'aéroport qui semblait être tombé amoureux de la jeune femme lors de son embarquement... Une très belle histoire, touchante et juste écrite comme il faut.

C'était donc une évidence pour moi de lire la suite. Où en étaient Zibal, le vendeur de macaron, et Alice, la jeune femme ayant recouvré la vue ? Jules le chien assistait-il toujours les enfants épileptiques ? Je n'avais pas vraiment besoin de le savoir, le précédent roman se terminant tout juste comme il devait s'achever. 
Mais curiosité oblige, on adore s'imaginer ce qu'il se passe après l'histoire, ce qui se cache dans le " ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfant "... 

En ayant toutefois peur d'être déçu si on nous donne la réponse.
Allai-je être déçue ?


Titre : Le retour de Jules

Auteur : Didier Van Cawelaert 

Date de parution : mai 2017


Résumé : Zibal et Alice. Quelques temps plus tard, la romance bat sérieusement de l'aile. 
Jules. Le chien d'aveugle, devenu chien d'assistance aux épileptiques, semble avoir retrouvé sa raison de vivre et même être tombé amoureux de la chienne Victoire. 
Mais soudain, tout bascule. Zibal et Alice vont devoir se retrouver, car Jules vient de commettre l'irréparable. Il a mordu un enfant et est, de ce fait, condamné à mort. Une course contre la montre s'engage alors pour Zibal et Alice qui doivent à tout prix sauver le chien qui les avait réunis...

Mon avis : on est très loin de ce qui m'a plu dans Jules. Ce Retour de Jules sent le réchauffé et on perd la beauté et la fraicheur du premier roman. Sans compter le synopsis, complètement ubuesque.
Le livre en soi n'est pas désagréable à lire, mais n'est pas exceptionnel. On marche en terrain connu et l'effet de surprise n'y est plus. Je regrette personnellement de ne pas en être restée au premier tome. Les personnages qui étaient si touchants nous sont montrés avec un autre visage, celui de l'adultère, et j'ai eu beaucoup de mal à adhérer à cette proposition. Je préfère définitivement m'arrêter à " ils vécurent heureux " que de commencer un roman par " sur les ruines de leur bonheur, je battis mon histoire ". Surtout si cette histoire est écrite à l'arrachée, sans style et sans âme.
Auteurs, arrêtez de vouloir trop en faire, vous dénaturez vos chefs d'oeuvres et les entachez d'une suite qu'ils ne méritent pas.







samedi 23 juin 2018

"Livre ou film ? n°10" : Maman a tort


Ce billet va être relativement court. En effet, il s'agit pour moi de vous parler à nouveau de Maman a tort, roman de Michel Bussi. Roman dont je vous ai déjà livré ma critique, très bonne au demeurant, et que vous pouvez relire ici.


Alors pourquoi revenir dessus ? Parce que France 2 a eu la bonne idée de décliner ce livre en un téléfilm de 6 épisodes, tout juste diffusés sur la chaine.

Une série qui, outre être inspirée du roman d'un de mes auteurs préférés, avait fait parler d'elle puisque son actrice principale, Anne Charrier, a reçu le Prix de la meilleure interprétation féminine au Festival Séries Mania. Sans compter la présence de Pascal Elbé au générique, un acteur que j'apprécie tout particulièrement.

Sur le papier donc, même si je n'aime vraiment pas les séries françaises, celle-ci avait tout pour plaire. Je l'ai donc regardée dès sa diffusion sur le service public.

Titre : Maman a tort

Auteur : Michel Bussi

Date de parution : mai 2015


Quelques infos sur le téléfilm :


  • De : François Velle
  • Avec : Anne Charrier (vue dans Maison Close), Pascal Elbé (vu dans Le Raid, L'amour aux trousses, Mes amis mes amours...), Samuel Theis, Camille Lou (vue dans les comédies musicales 1789 Les amants de la Bastille et La légende du Roi Arthur)...
  • Date de diffusion : mai-juin 2018





De quoi ça parle ?


Malone a 3 ans et demi. Lorsqu'il soutient à Vasile, son psychologue scolaire, que sa maman n'est pas sa vraie maman, ce dernier est bien le seul à le croire. Or, le temps lui est compté pour aider le petit Malone, dont la mémoire commence à s'effacer. A partir des souvenirs racontés par l'enfant, dont certains semblent sortis tout droit d'un conte de fée, il entreprend donc de retrouver la vérité. Qui est Malone ?

Le livre ou le film ?

Si le livre m'avait plutôt transportée, j'attendais le téléfilm au tournant. Difficile d'adapter le roman d'un auteur qui fait tout passer par les mots et les pirouettes littéraires et qui profite de l'absence d'images pour nous faire aller où il veut. Avec l'image, comment mettre en scène l'intrigue, le twist final ? A mon sens, le pari était osé. Surtout avec une réalisation à la française.
Autre challenge à relever : le rythme. Bussi nous impose très souvent une cadence haletante, qu'il me paraissait compliquée à porter sur 6 épisodes. 

Alors, verdict ? Le téléfilm tient la route. Il arrive bien à nous emmener sur des certitudes qui tombent les unes après les autres (mon mari qui n'avait pas lu le livre en atteste) et à jouer avec les apparences. Les acteurs sont plutôt bons. L'ambiance est respectée et cela tient beaucoup au fait que le livre se passe au Havre et que le réalisateur a su particulièrement bien retranscrire l'atmosphère de la ville. 
En vrai, le succès du téléfilm vient du fait que le scenario de base était sacrément bon, il n'y avait plus qu'à se laisser porter. 
Sinon, quand on a lu le roman, peu de surprise malheureusement, mais c'est le jeu du polar me direz-vous. Quoi qu'il en soit le téléfilm n'a pas vraiment à rougir, il est assez fidèle et bien fait. Il provoque les mêmes sensations, les mêmes surprises. Je ne peux pas vous en dire plus sans vous dévoiler le contenu du roman, mais j'ai été prise aux tripes aux mêmes moments que dans le bouquin.

En revanche, allez savoir pourquoi, les équipes n'ont pas été au bout de l'intrigue. Elles se sont arrêtés en route dans le scenario de Michel Bussi, qui pourtant tient du génie.  Pourquoi ? Le final était épatant et dévoilait une construction scénaristique tirée au cordeau. Tout était parfaitement pensé depuis les premières pages, et on découvre une machination infernale extrêmement bien ficelée, digne des plus grands. Je me demande encore pourquoi la série s'arrête en si bon chemin et n'a pas osé aller au bout du concept de Michel Bussi. Quelle déception !!
Sans compter que du coup, le final traine sacrément en longueur. Il y a clairement un épisode de trop, qui dure et qui dure... les 2 derniers épisodes sont d'une lenteur et d'un ennui sans nom, alors qu'ils devraient être l'apothéose de 4 épisodes géniaux. Dommage...

En conclusion, vous l'aurez compris : lisez le roman.
Eventuellement, jetez un oeil sur le téléfilm, mais le roman se suffit largement à lui même.

En attendant les adaptations d'Un avion sans elle et du Temps est assassin...